CHAPITRE XIV.
LA VOCATION.
Quelque chaste que fût la vie de la famille flamande à l'époque où se passaient les événements de cette histoire, il faut bien l'avouer, elle manquait peut-être un peu de cette réserve extrême que nous avons dû donner à nos moeurs moins pures. Forte de son innocence, ne soupçonnant point le mal, elle n'y mettait point de façon, et se laissait aller naïvement à son bonheur. Nos pères, ces pieux chefs de famille, aimaient les chansons grivoises et trouvaient matière à rire sur des choses dont la réalité leur eût presque paru un crime. Aujourd'hui que l'on se sent bien moins scrupuleux quant à la réalité, on regarderait comme un acte de mauvais goût de fredonner un seul de ces vieux refrains.
Ce court préambule n'était point inutile pour que l'on comprît bien les douleurs sans cesse renouvelées des deux pauvres jeunes filles. Thrée, heureuse au delà de toute expression, ne cherchait point à cacher ce bonheur, et s'y livrait avec abandon; la félicité entourait de son auréole son beau visage et lui donnait un éclat admirable. Simon lui-même n'avait pu garder sa tristesse en présence de tant d'amour. Lorsqu'il venait de retrouver sa femme après une journée consacrée à l'étude et à la consolation de ses nombreux malades, on voyait sa figure sévère s'épanouir et son pas se hâter dès qu'il apercevait Thrée qui, sur le seuil, guettait son retour. Et puis c'était un baiser qu'il donnait aux deux joues que lui présentait sa femme; et puis c'était quelque bonne parole qui sortait de ses lèvres naguère silencieuses. Un doux éclat animait ses yeux: après tant d'isolement et de fatigue, il éprouvait le besoin de ces épanchements intimes, de ces tendres causeries qui délassent si bien d'un rude travail!
Annetje et Agathe assistaient à toutes ces scènes de bonheur: elles souriaient quand leur mère souriait, elles s'efforçaient de se montrer gaies comme Thrée et comme Simon. Seulement, on remarquait que leur visage se couvrait chaque jour d'une pâleur plus maladive, et qu'elles se rendaient à l'église avec plus d'assiduité encore que par le passé. Là, du moins, comme l'a dit Bossuet, elles pouvaient en liberté répandre des larmes avec des prières.
Six à huit mois s'écoulèrent ainsi sans éveiller l'inquiétude de Thrée, absorbée dans son bonheur. A la fin, cependant, elle commença à s'alarmer du changement survenu chez ses deux filles, et elle s'en ouvrit à Simon, qui lui-même partageait déjà les craintes de sa femme.
Un matin, de bonne heure, Thrée vint trouver les deux jeunes filles dans leur chambre. Elles étaient levées, priaient devant une image de la Vierge, et étaient tellement absorbées par leur prière, qu'elles n'entendirent ni le bruit de la porte qui s'ouvrait, ni les pas de leur mère qui s'agenouillait derrière elles.
Lorsqu'elles eurent fini de prier et qu'elles se relevèrent, Thrée les attira doucement dans ses bras, et les embrassant avec tendresse:
—Chères enfants, leur dit-elle, malgré vos efforts pour me le cacher, je vous vois souffrantes et tristes. Quelque chagrin cause-t-il cette souffrance et cette tristesse? Ne me dissimulez rien. Vous le savez, votre bonheur m'est plus précieux que la vie!
—Quelle tristesse pourrions-nous avoir, mère? reprit Annetje.
N'êtes-vous pas heureuse, et, par conséquent, ne le sommes-nous pas?
—Mais cette pâleur? mais les larmes qui, même en ce moment, remplissent vos yeux et que vous cherchez en vain à retenir?
—Mère, répondit Agathe après un assez long silence, mère, oui nous avons un chagrin! Nous sommes dévorées par un désir, mais nous n'osons vous en faire l'aveu, dans la crainte de vous affliger.
—Méchantes, petites ingrates, qui doutez de votre mère! s'écria Thrée en les entourant encore davantage de ses bras, parlez et parlez vite!
—Ce que nous avons à vous dire, mère, est bien grave. Voici plusieurs mois que nous y réfléchissons. Nous avons prié, chaque jour, Dieu de nous éclairer.
—Mais parlez, parlez, au nom du Ciel! vous m'effrayez!
—Ma mère, nous voudrions consacrer notre vie au Seigneur; nous voudrions entrer en religion.
—Mais cela n'est pas possible! Vous me dites cela sans y avoir songé. Mes enfants! me quitter! Vous séparer de votre mère! Abandonner cette maison où vous êtes nées pour aller vous enfermer dans un cloître! Oh cela n'est pas possible!
—Notre premier devoir est de vous obéir, ma mère. La crainte de vous affliger nous avait empêchées jusqu'à ce jour de vous faire connaître la vocation que Dieu a mise dans notre coeur. Si nous vous l'avons confessée, c'est que vous nous l'avez ordonné, ma mère.
—Me quitter, m'abandonner! Comment une pareille idée a-t-elle pu vous venir? Oh! je mourrais de désespoir s'il me fallait me séparer de vous! Vous le savez bien! Allons, laissons-là ces idées folles! Que personne que moi n'en sache rien! Votre grand-père en mourrait de douleur, et Simon, celui que Dieu vous a donné pour remplacer votre père, Simon en serait aussi malheureux que moi.
—Rassurez-vous, ma mère, reprit Agathe avec fermeté, tandis qu'Annetje pleurait dans le sein de sa mère; rassurez-vous, nous serons ici les seules à souffrir.
—Mais ne me parlez donc point ainsi, je vous le demande à genoux, mes enfants! Ne pouvez-vous donc point servir le Seigneur dans le sein de votre famille aussi bien qu'au fond d'un cloître!
—Dieu nous a appelées à lui! murmura Annetje.
—Dieu ne veut point de partage! reprit Agathe.
Thrée s'élança près de la fenêtre, l'ouvrit et respira quelques instants l'air frais qui venait frapper son visage.
—Écoutez, dit-elle, après avoir réfléchi quelques instants; une telle résolution ne saurait exiger de trop mûres réflexions. Si vous m'aimez, je vous prie, mes enfants, de cacher à tout le monde ce que vous appelez votre vocation. Dans trois mois, si vous persistez encore dans votre résolution, je consulterai mon père, mon mari et notre ami dévoué Rubens. Venez m'embrasser, essuyez vos larmes, et que Dieu daigne vous éclairer!
Trois mois s'écoulèrent, pendant lesquels ni Thrée, ni Simon, à qui sa femme avait confié le désir de ses filles d'entrer en religion, fissent la moindre allusion à cette confidence douloureuse. De leur côté, Annetje et Agathe gardèrent la même réserve. Rien en apparence ne paraissait changé dans l'intérieur de cette famille, dont tout le monde enviait le bonheur, et dans le sein de laquelle s'agitait sourdement, hélas! le désespoir.
Les deux soeurs, comme d'habitude, passaient une heure à se promener dans le jardin, tous les jours, après le dîner qui avait lieu à midi, suivant l'usage de l'époque. Elles y retrouvaient maître Bob et Toporoo, aux pieds duquel se tenaient assis Brinck avec la couleuvre Psylla entre ses pattes. Toporoo, toujours accroupi au pied, d'un arbre, chantait à mi-voix des airs indiens, mais sans les accompagner de paroles. I! semblait avoir oublié et les douleurs des jeunes filles et les consolations mystérieuses qu'il leur avait apportées. Retombé dans l'impassibilité somnolente qui lui était ordinaire, il n'en sortait que pour obéir à un ordre de Simon. Alors, il se levait brusquement, exécutait avec une extrême vivacité ce que lui demandait le médecin, revenait aussitôt reprendre sa place et recommençait à chanter.
Quand se furent écoulés les trois mois d'épreuves et de réflexions imposés par Thrée à ses filles, celles-ci descendirent un matin chez leur mère.
Thrée se tenait assise près de la fenêtre du parloir et paraissait plongée dans une profonde et riante rêverie. Un petit bonnet d'enfant qu'elle achevait de garnir de dentelles de Malines s'était échappé de ses doigts et gisait sur ses genoux. Autour d'elle, on voyait étalés tous les objets qui composent une layette de nouveau-né.
En effet, déjà de mystérieux tressaillements lui avaient révélé qu'elle ne tarderait point à devenir mère une seconde fois, et la pensée des joies saintes et sans nombre que la maternité lui préparait l'avaient jetée dans la rêverie où la trouvèrent ses filles.
Pendant quelques minutes, elles restèrent là, debout et tremblantes, sans que leur mère les aperçût. En les voyant, elle tressaillit et leur présenta son front pour qu'elles y déposassent le baiser du matin. Les deux jeunes filles, après avoir embrassé leur mère, se mirent à genoux devant elle.
—Bénissez-nous, ma mère, dit Agathe, tandis que sa soeur fondait en larmes; bénissez-nous! Les trois mois de silence et d'épreuve que vous nous avez prescrits se sont écoulés. Loin de s'affaiblir, la vocation que Dieu a mise dans notre coeur est devenue plus impérieuse. Permettez-nous, ma mère, d'entrer au couvent et de consacrer notre existence au culte du Seigneur.
—Ah! dit Thrée, vous ne savez point le désespoir que vous me causez!
Que voulez-vous que je devienne sans vous?
—Dieu ne vous abandonnera pas, ma mère, reprit Agathe. Il vous tiendra compte du sacrifice que vous lui faites! Il vous comblera de consolations, ajouta-t-elle avec un peu d'amertume, et en portant les yeux vers la layette à laquelle travaillait sa mère.
Thrée jeta un regard de terreur sur les jeunes filles; la dernière parole d'Agathe avait failli lui faire entrevoir leur fatal secret; mais elle repoussa cette pensée comme impossible et folle!
—Puisque vous le voulez, dit-elle, allez vous-mêmes annoncer à votre grand-père le cruel dessein que vous avez arrêté. Je ne me sens point le courage de lui porter un pareil coup. Allez! s'il consent à votre départ, je vous réponds d'obtenir de votre beau-père qu'il ne s'oppose point à la résolution que vous avez prise.
Agathe et Annetje sortirent en se tenant par la main, et se dirigèrent vers le jardin où se trouvait mynheer Borrekens assis au soleil et, comme d'habitude, dessinant avec sa canne des arabesques sur le sable.
—Ma soeur, dit Annetje en arrêtant Agathe, ma soeur, je n'oserai jamais!
—Viens, ne manquons pas de courage à cette heure suprême! Viens!
—Ma soeur, il en mourra! Ce coup va le tuer.
—Ecoute, interrompit Agathe, je ne puis continuer à souffrir ce que nous souffrons depuis un an! Je préfère la mort! N'es-tu donc pas comme moi? Ne sens-tu pas mille pensées funestes s'éveiller dans ta tête, allumer ton sang et agiter convulsivement ton coeur? Il y a des moments où le désespoir me ferait blasphémer contre la volonté divine! Il y va du salut de mon âme. Allons, viens!
—Ah! vous voici, mes chères filles, dit le vieillard de sa voix chevrotante, et du plus loin qu'il les aperçut. Venez vous asseoir à mes côtés! Mais qu'avez-vous donc? l'une de vous est pâle et l'autre a les yeux pleins de larmes! Quel chagrin éprouvez-vous donc?
—C'est que nous craignons de vous faire de la peine, mon père!
—Ce serait la première fois de votre vie, vous qui êtes mon bonheur!
—Viens! fuyons! Ne lui dis rien! murmura Annetje.
Agathe saisit la main de sa soeur et la retint près d'elle.
—Mon père, dit-elle, nous venons vous prier de nous conduire au couvent des Soeurs Clairisses de Malines.
—Et pourquoi donc faire? demanda le vieillard surpris.
—Nous désirons, ma soeur et moi, passer quelque temps dans la retraite.
Le vieillard allait lui adresser une objection; elle se hâta d'ajouter:
—Nous avons le consentement de notre mère, si vous nous accordez le vôtre.
—Il y a dans tout ceci quelque chose que je ne comprends point, dit mynheer Borrekens: je vais aller trouver votre mère.
Il se rendit, en effet, près de Thrée, et revint quelques instants après, pâle et se soutenant à peine.
—Votre mère m'a tout dit! Puisque vous n'êtes plus heureuses près de moi, dans la maison où vous êtes nées; puisque vous voulez que je meure sans vous voir au chevet de mon lit funèbre, partez! Demain votre beau-père vous conduira à Malines, et vous entrerez au couvent des Soeurs Clairisses.
—O mon père! rétractez ces paroles sévères; dites-nous que vous nous pardonnez! dites-nous que votre bénédiction nous suivra dans notre exil! murmura Annetje.
Le vieillard fondit en larmes.
—Vous ne savez donc pas combien je vous aime! s'écria-t-il, à travers ses sanglots. L'isolement dans lequel vous allez me laisser sera ma mort!
A deux jours de là, une voiture attendait à la porte de la maison de mynheer Borrekens, et les deux jeunes filles, enveloppées de grandes failles noires, montaient silencieusement dans cette voiture. Annetje fondait en larmes: l'oeil sec d'Agathe était brillant d'une lumière fiévreuse. Sur le seuil, éclataient en sanglots Thrée et le pauvre Borrekens.
Simon prit place dans la voiture en face des deux soeurs; le confesseur de la famille, vieux moine aux traits vénérables, s'assit à ses côtés, et la lourde machine, qui n'était autre chose qu'un chariot recouvert de cuir, se mit brusquement en marche.
Disons, en passant, que cette voiture appartenait à Rubens qui l'avait prêtée pour le voyage à Malines. A cette époque, Anvers ne comptait point une seule voiture de louage; un coche faisait, tous les jeudis, la route d'Anvers à Malines: c'était les seuls moyens de communication qui existassent entre les deux villes.
Pressées l'une contre l'autre, Annetje et Agathe se tenaient la main et priaient tout bas. Simon se laissait aller à ses rêveries et à sa douleur. Car n'aimait-il pas, comme ses propres filles, ces deux enfants qui allaient à jamais s'ensevelir dans un cloître?
Le moine disait son bréviaire.
Le soir commençait à envelopper la ville, lorsque la voiture s'arrêta devant un grand édifice, sévère de lignes et sombre d'aspect.
—Nous voici arrivés! dit Simon de sa voix douce.
Les jeunes filles tressaillirent.
Simon, après un moment de silence, ajouta:
—Ecoutez-moi, chères enfants, écoutez la voix d'un ami, d'un père! Si vous éprouvez la moindre hésitation, si vous ne sentez pas la main de Dieu qui vous pousse irrésistiblement vers la vie monastique, étouffez un vain sentiment d'orgueil, songez à votre mère qui pleure dans votre chambre déserte! Songez à votre grand-père, pauvre vieillard, à qui vous avez enlevé la plus grande des joies qu'il ait en ce monde: votre présence.
Annetje ne put empêcher ses larmes de couler; Agathe laissa échapper un soupir.
—Dieu n'est-il point partout, près du fauteuil d'un vieillard malheureux comme dans un couvent? continua Simon.
—Mes enfants, dit le vieux moine, écoutez la voix de votre beau-père! si quelque motif humain et non la volonté divine vous porte à prendre le voile.
—Allons, un bon mouvement! s'écria Simon. Ramenez la paix et le bonheur à la maison paternelle.
Et, par un geste affectueux, il prit la main des jeunes filles dans les siennes comme pour mieux les retenir.
Elles se dégagèrent vivement.
—Dieu nous appelle! s'écria Agathe. Viens, ma soeur!
En achevant ces mots, elle se précipita hors de la voiture, sans attendre que Simon lut descendu pour la soutenir. Annetje la suivit, quoique avec moins de résolution; le moine descendit à son tour et agita le marteau de la porte. Le bruit du coup qu'il frappa retentit tristement dans le cloître, et fut répété par cent échos confus. Une vieille tourière vint ouvrir.
—A la vue du moine elle fit une profonde révérence, et après avoir échangé avec lui quelques mots à voix basse, elle l'introduisit et elle introduisit ceux qui l'accompagnaient dans un parloir froid, humide, dont les murs étaient couverts complètement par des boiseries de chêne. Un crucifix, une image de la sainte Vierge et une tête de mort étaient les seuls objets qu'on vît dans cette pièce d'un aspect lugubre.
Il n'y avait d'autres sièges que des bancs en bois de chêne comme le revêtement des murs;
Quelques minutes s'écoulèrent et l'abbesse parut enfin.
C'était une vieille femme à l'aspect sévère, courbée par l'âge, et qui ne pouvait marcher qu'à l'aide d'une canne. Elle fit en entrant une profonde révérence au moine, et jeta un coup-d'oeil froid et scrutateur sur les jeunes filles.
Le moitié emmena l'abbesse près de la fenêtre et eut avec elle une conférence assez longue, pendant laquelle la religieuse ne cessa de tenir les yeux attachés sur les deux soeurs. L'entretien terminé, elle s'avança lentement vers elles en marquant chacun de ses pas du bruit de son bâton.
—Mes filles, leur dit-elle de sa voix cassée, vous êtes bien jeunes pour avoir pris irrévocablement une résolution aussi grave. Vous avez dix-sept ans à peine! songez que votre existence peut être longue encore! La vie coule lentement ici, et cette vie, ajouta-t-elle en portant les yeux autour d'elle, serait bien austère pour celles dont la vocation ne se trouverait point véritable. Nous étudierons votre vocation. Mon père, bénissez ces jeunes filles.
Le vieux moine étendit la main sur la tête d'Annetje et d'Agathe, qui étaient tombées à genoux, et il s'éloigna vivement ému.
Simon van Maast le suivit le coeur brisé et les yeux pleins de larmes.
Quelques instants après, Annetje et Agathe entendaient la porte du cloître qui se refermait lourdement sur Simon, et qui les séparait à jamais de leur famille.
Il était une heure avancée dans la nuit quand Simon rentra chez lui. Une vive agitation régnait au logis, et une sage-femme se trouvait installée dans la chambre de dame Thrée.
—Mon fils! s'écria mynheer Borrekens du plus loin qu'il aperçut son gendre, c'est Dieu qui vous ramène et qui vous a inspiré la pensée de revenir ce soir.
—Votre femme vient d'être prise de douleurs qui semblent annoncer une prochaine délivrance.
Simon s'élança dans la chambre de Thrée. Au moment où il entrait, il entendit la voix de Toporoo qui chantait:
Pourquoi sommes-nous les seuls,
Les seuls sur lesquels l'oubli n'ait point de pouvoir?
Toi qui es au ciel, ô belle fille du Midi!
Et vous autres, pâles filles du Nord!
Et moi, moi qui gémis sur la terre étrangère!
Moi qui pleure celle qui est mort et celles qui vivent!
Pourquoi sommes-nous les seuls,
Les seuls sur lesquels l'oubli n'ait point de pouvoir?
Le bonheur n'est point sur la terre! Il est au ciel!