Amélioration et Ouverture des Voies publiques à Paris.

Quand on jette un coup d'œil inattentif et rapide sur un plan de Paris, on n'y distingue d'abord qu'un réseau de lignes confuses, dirigées dans tous les sens, se coupant sous tous les angles, dédale inextricable où les rues, longues ou courtes, droites ou courbes, semblent éparpillées comme au hasard. Mais après un moment d'attention, ce chaos apparent se régularise peu à peu; l'œil saisit sans peine et suit dans leur développement les grandes lignes qui divisent, comme autant d'artères principales, ce tissu de rues et de carrefours. On voit alors rayonner presque symétriquement autour des différents centres de circulation, les routes, qui répandent du cœur aux extrémités la vie et le mouvement de la grande capitale.

Distribuer avec intelligence les principales voies de circulation, les couper commodément et les relier entre elles de distance en distance par des voies secondaires, les diriger de manière à rendre le chemin d'un point à un autre aussi court que possible, calculer leur largeur suivant leur importance relative, tel est le travail difficile qui constitue ce qu'on appelle la voirie urbaine, et qui forme l'une des plus considérables attributions de l'administration municipale parisienne.

Si l'on mettait toutes les rues de Paris au bout les unes des autres, elles franchiraient la frontière et conduiraient presque jusqu'à Turin, puisqu'elles ont plus de soixante-douze myriamètres de développement(2), Il faut penser ensuite que ces cent quatre-vingt-dix lieues de rues sont bordées de hautes maisons, et que pour élargir seulement un mauvais passage, redresser un coude incommode, régulariser un carrefour dangereux, il faut blesser les intérêts de vingt propriétaires, risquer vingt procès, et dépenser en dernier résultat beaucoup de cet argent que les contribuables ne donnent qu'avec peine et avec la condition qu'on l'économisera le plus possible. Si l'on veut remplir cette condition, quatre ou cinq grandes entreprises de voirie à la fois sont déjà beaucoup. Mais sur cette vaste étendue où tout le monde appelle des améliorations presque sur tous les points à la fois, qu'est-ce que quatre ou cinq améliorations à quarante lieues de distance l'une de l'autre? Ajoutez à cela l'indifférence ordinaire du Parisien pour tout ce qui ne se trouve pas dans l'horizon du quartier qu'il habite, dans le cercle de ses relations intimes, et sur le chemin de sa promenade ou de ses affaires. Parlez à un habitant du Luxembourg de l'importance du percement Laperche et du prolongement de la Ferme, il ouvrira de grands yeux et vous demandera ce que c'est. Parlez de la rue Constantine à un élégant de la Chaussée-d'Autin, il vous répondra que ce n'est certainement pas dans le quartier de l'Europe, et qu'il s'en soucie fort peu; qui sait même s'il ne se trouverait pas d'honnêtes bourgeois ignorant l'utilité de la rue Rambuteau? --Paris est tout un monde dans lequel l'hémisphère de la rive droite ne s'inquiète nullement de l'hémisphère de la rive gauche; et l'un peut être bouleversé par une comète de voirie administrative sans que l'autre s'en doute ou s'en émeuve.

Note 2: La largeur moyenne des rues de Paris est de 25 pieds (8 m. 08 c.) dans les quartiers de la rive gauche, et de 26 pieds (8 m. 74 c.) dans les quartiers de la rive droite.

Sans exposer nos lecteurs à des courses transatlantiques de l'un ou l'autre côté des ponts, nous les tiendrons désormais au courant; et dans ce but, nous mettons sous leurs yeux un petit plan de l'univers parisien, sur lequel nous avons tracé en lignes apparentes les principales améliorations de la voie publique qui sont aujourd'hui, soit en cours d'exécution, soit en projet à l'étude.--Rue Rambuteau, rue de Seze, prolongement de la rue de la Ferme, élargissement immédiat des rues Saint-Nicolas et Saint-Lazare, projet des Halles, rue Laperche ou Moncey, rue des Petits-Pères, rue Constantine, rue Clotilde, rue Mayet, rue d'Amsterdam, rue Neuve-Saint-Jean, etc. La liste en est longue, comme on le voit, et le travail est grand; mais Paris est plus grand encore: ces fragments disséminés dans tous les quartiers sont comme perdus sur le plan général. Cependant quelques-unes de ces entreprises sont considérables. Suivent encore ce ne sont pas les plus longues qui sont les plus coûteuses ou les plus difficiles. Aussi, pour faire comprendre l'importance ou l'utilité de ces divers percements ou élargissements, quelques mots d'explication sont nécessaires. Ensuite ces ouvertures de rues entièrement nouvelles ne sont qu'une petite partie des modifications apportées journellement à la voie publique par suite du système adopté par l'administration municipale.

Lorsque le vieux Paris a été construit, la largeur des rues répondait aux besoins de l'époque: la population était assez restreinte, les voilures étaient presque méconnues. Aussi le Centre de Paris est-il formé de rues sinueuses, étroites, sales, legs fâcheux que la vénérable antiquité a laissé à notre circulation moderne, cloaque dangereux qu'il faut assainir et déblayer.

Aujourd'hui les rues sont classes en trois catégories, suivait l'activité de la circulation qu'elles semblent appelées à recevoir. Les unes doivent avoir 10 mètres de large, les autres 12 mètres, les dernières 15 mètres. Toutes les rues qui rentrent dans l'une de ces classes, et qui n'ont pas la largeur assignée, sont impitoyablement frappées de reculement. On conçoit tout ce que ce système entraîne de vexations pour les propriétaires forcés de démolir leurs maisons, et de dépenses pour l'administration, forcée de payer fort cher ce qu'elle ajoute à la voie publique. En outre, cette classification n'est et ne peut être jamais que provisoire. Telle rue qui semblait de troisième ordre; peut devenir tout à coup du premier par un événement inattendu. C'est ce qui arrive aujourd'hui pour la rue Saint-Nicolas. Il faut donc recommencer sans cesse. démolir et aligner une seconde fois les propriétés qu'on a fait démolir et aligner une première: nouvelles vexations, nouvelles dépenses.--Une autre conséquence de ce système de démolitions et de reconstructions partielles, c'est que dans le louable motif d'élargir et d'aligner les rues sur une ligne parfaitement droite, on les rend aussi irrégulières que possible. On en voit un grand nombre dont les maisons, avançant et reculent tour à tour, ne figurent pas mal le contour extérieur d'une enceinte bastionnée ou crénelée, réceptacles anguleux plus nuisibles qu'utiles peut-être à la sûreté de la circulation.

L'exécution journalière de ces alignements partiels est en réalité la partie la plus considérable des travaux administratifs de la voirie; mais il est impossible de l'indiquer sur ce plan, à moins de mettre un point sur chaque rue et sur chaque maison sujette à reculement.--Au reste, quant aux grands travaux d'ensemble, l'administration actuelle, nous le voyons par le trace de ses entreprises personnelles, n'a point de système spécial. Elle n'a fait, en grande partie, que rectifier, suivre, ou compléter les projets de ses devancières, qui toutes avaient un système bien tranché, et nettement marqué par leurs rentres.

Avant la Révolution, dans les grands travaux, l'État faisait tout: tracés, percements, constructions; il concevait l'idée et l'exécutait. C'était ainsi qu'il imprimait à ses œuvres un cachet uniforme, répréhensible quelquefois aux yeux de l'art, mais grandiose et monumental, dont, il faut l'avouer, nous sommes loin d'approcher aujourd'hui C'est ainsi que la rue Royale-Saint-Honoré, que la place Vendôme, la place des Victoires, la place Royale, etc., furent construites sur un plan architectural symétrique, entreprises que l'industrie particulière eût morcelées et gaspillées. On peut en juger par la continuation vraiment désespérante de casernes disparates et de grandes masures biscornues que nos propriétaires contemporains ont donnée à cette majestueuse rue Royale-Saint-Honoré, et par les ignobles baraques édifiées en guise de vis-à-vis au nouvel Hôtel-de-Ville.

L'Empire, qui succéda à ces traditions monumentales, sut en recueillir une partie, et l'on reconnut le génie et la main du grand homme dans ces lignes hardies qui découpèrent Paris, larges comme la pensée créatrice, rectilignes comme l'esprit géométrique qui atteint le but par le plus cours chemin. La rue de Rivoli s'ouvrit d'un jet pour isoler les Tuileries et réunir le Louvre à la place de la Révolution; le Carrousel déblayé aurait pu contenir les manœuvres d'une armée; et des colonnades du Louvre, isolé de toutes parts et réuni en même temps à la demeure impériale par de gigantesques galeries, s'élançait une immense voie jusqu'aux colonnes de la barrière du Trône, qu'elle réunissait ainsi à l'arc triomphal de l'Étoile. En même temps, les boulevards prolongeaient leur ceinture de feuillage; le temple de la Gloire voyait le boulevard Malesherbes se dérouler jusqu'au jardin de Mousseaux, tandis que le Trône envoyait le boulevard Mazas faire face au Jardin-des-Pantes et au boulevard de l'Hôpital. Les quais rectifié, élargis, garnis de solides parapets, supportant les ponts débarrassés désormais des ignobles constructions qui les avaient obstrués jusque-là, ouvraient au centre de la ville une ligne directe de circulation facile d'une extrémité à l'autre.

L'Empire n'eut pas le temps de réaliser entièrement ces grandes pensées. La rue de la Paix, plusieurs parties des quais, les ponts, le Châtelet les Tuileries, étaient terminés; mais le quartier Rivoli, à peine ébauché, s'arrêta au milieu des planches. Le Carrousel, à demi déblayé, demeura inachevé, encombré des masures qui le déshonorent encore aujourd'hui. La grande rue impériale resta comme un rêve d'une époque fabuleuse; le boulevard Mazas fut oublié; le boulevard Malesherbes, pris, abandonné et repris est encore aujourd'hui à se débattre dans cet état douteux d'une existence contestée. La Restauration tâtonna partout et n'acheva rien.

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PLAN DE PARIS
INDIQUANT LES PERCEMENTS
DE RUES NOUVELLES.

Les rues tracées en lignes noires sont celles dont l'ouverture est projetée ou en cours d'exécution.

Alors l'industrie privée, en l'absence d'initiative gouvernementale, prit l'essor, et un nouveau système parut. Ce fut le système des percements combinés, exécutés d'ensemble, des quartiers neufs. En quelques années, on en vit surgir une foule: quartier de François Ier, quartier Beaujon, quartier de l'Europe ou de Tivoli, quartier de la Nouvelle-Athènes, quartier Saint-Georges ou Lorette, quartier Poissonnière ou Charles X, etc., etc. Ce ne furent partout que spéculations de terrains, morcellements, lotissements et percements. Sans doute ce système présentait de grands avantages: d'abord celui de combiner la direction des voies nouvelles dans un ensemble qui facilitait la circulation; ensuite d'épargner l'argent des contribuables, en laissant les dépenses d'exécution à la charge des compagnies concessionnaires et à l'industrie privée. Mais qu'arriva-t-il? C'est que tout dégénéra en spéculations, en véritables agiotages, ou les premiers et les plus avisés gagnèrent, où les derniers et les petits perdirent; c'est que les grosses compagnies, après avoir réalisé les bénéfices, refusèrent de remplir les charges; c'est que ces plans si beaux, après avoir reçu un commencement d'exécution, après avoir enseveli sous la boue, sous les planches et les démolitions, des jardins verdoyants et d'agréables résidences, restèrent en grande partie sur le papier;--c'est que les terrains accumulés ainsi entre un petit nombre de mains, et trop considérables pour être couverts de constructions par un seul propriétaire qui spéculait sur le capital sans bâtir lui-même, restèrent en savanes, et paralysèrent ces quartiers que l'on avait espéré créer d'un seul jet.--En sorte que l'on attend encore aujourd'hui la réalisation complète des plans ordonnancés en 1825.

L'administration nouvelle a donc hérité à la fois des idées monumentales de l'Empire et des spéculations industrielles de la Restauration. Il fallait terminer autant que possible les unes et les autres; et si elle n'a pas fait encore tout ce qu'elle aurait pu et dû faire, elle a rempli activement une partie de sa tâche. La ligne des quais, qui touche à son terme, est une œuvre colossale; la rue Rambuteau est également une création utile et vaste; mais l'administration a manqué d'adresse et de prévoyance pour le boulevard Malesherbes. Elle a laissé la spéculation particulière la devancer dans les terrains vagues ou elle pouvait ouvrir le boulevard à peu de frais, et où les rues Lavoisier et Homfort lui créent aujourd'hui de nouvelles difficultés pour une ligne indispensable qui s'exécutera tot on tard, et pour laquelle elle a pris des engagements sérieux.

Au reste, on ne se fait pas une idée suffisante des études qu'exigent de pareils travaux, et combien d'intérêts bien éloignés en apparence se trouvent réunis sur un seul point qu'il faut savoir découvrir. Prenons pour exemple un des percements dont on s'occupe aujourd'hui, dont l'etendue, est très-restreinte, et dont on ne soupçonnerait peut-être pas au premier abord toute l'importance: le percement de la rue Moucey. Plaçons-nous un moment au Pont-Neuf. Toute la circulation que la rive gauche y verse par son artère principale, la rue Dauphine, se dirige sur la pointe Saint-Eustache, suit la rue Montmartre et le faubourg de ce nom. Mais à Notre-Dame-de-Lorette deux voies se présentent: l'une trés-fréquentée encore, la rue Saint-Lazare, s'infléchit vers le sud, et ramène la circulation par une courbe désavantageuse au point où l'aurait directement conduite la rue Saint-Honoré; l'autre, c'est la rue Notre-Dame-de-Lorette, lui donne une nouvelle issue vers le nord. On connaît aussi quelle a été la fortune rapide de cette rue, aussitôt après son ouverture. Au delà, la place Saint-Georges, la rue de La Bruyère, continuent cette ligne élégante et populeuse; mais là se trouve un point d'arrêt, et la rue Boursault n'a point de débouché. La rue Moncey doit le lui donner, en l'unissant à la rue de Berlin et à la rue de Londres, qui la conduit à la barrière Mousseaux, et aux rues de Madrid et de Lisbonne qui la dirigent vers les barrières du Courcelles et du Roule. Cette ligne devient donc une artère principale de circulation, et le percement seul de la rue Moncey mettra en communication immédiate les barrières de Sèvres, de Vaugirard, d'Enfer, etc., avec les barrières de Clichy, de Mousseaux et du Roule, en passant par les halles, la Bourse et la place Saint-Georges.

Tous les projets actuels sont loin d'avoir cette utilité générale. Beaucoup n'ont pour but que la mise en valeur des terrains enclavés, et pour résultat, souvent un mécompte du spéculateur. Y avait-il un intérêt de circulation à l'ouverture de la rue Bachet-de-Jouy, sur les jardins des hôtels de la rue de Varennes? Et lorsque aujourd'hui on ouvre une nouvelle rue qui coupe la rue Vanneau, en bonne foi, comment songe-t-on à faire concurrence à la circulation des rues Babylone et Plumet, où il passe peut-être cent piétons par jour? C'est percer des rues pour que l'herbe y pousse. Il valait mieux les laisser en jardins. Nous en dirions presque autant de la nouvelle voie que l'on trace entre la rue du l'Université et celle de Saint-Dominique.

On ne pourra certes pas faire ce reproche à la rue Rambuteau, qui, coupant les plus populeux quartiers de Paris, va mettre en rapport direct les halles et Saint-Eustache avec la place Royale. C'est sans contredit un des percements les plus utiles qui aient été exécutés depuis longtemps, et il fait honneur à l'administration.

Ce percement aura pour complément la régularisation des halles, projet dont on s'occupe activement dans les bureaux.

Rien n'est encore arrêté à ce sujet. Cette entreprise soulève les plus importantes considérations d'économie et d'ordre public. La question des halles centrales est une des plus graves qu'il soit donné à l'administration municipale de traiter.

Un autre percement que la circulation appelle vivement, c'est le prolongement de la rue de la Ferme en face du débarcadère Saint-Lazare. L'immense affluence que les chemins de fer de Saint-Germain, de Versailles et de Rouen amènent sur ce point, déjà très-fréquenté, rend indispensable que des mesures soient prises d'urgence pour lui donner une issue. Le projet tracé sur notre plan est celui qui avait été adopté primitivement par le conseil municipal; mais il a soulevé des critiques qui paraissent en partie fondées. La largeur de la voie publique paraît insuffisante au mouvement de la circulation: on se livre donc en ce moment à une nouvelle étude.

C'est à cette occasion que l'on voit combien il est indispensable que des vues d'ensemble président à ces travaux administratifs. Il est évident aujourd'hui que la rue Saint-Lazare et ses aboutissants actuels ne peuvent suffire à l'affluence qui s'y étouffe; il faut donc à tout prix lui ouvrir de nouveaux débouchés. Eh bien! le percement Moncey la dégagera d'une grande partie de la circulation Montmartre et Saint-Georges, en lui donnant une ligne succursale, parallèle au nord. En même temps, si l'on donne une issue directe aux tronçons séparés du boulevard Malesherbes, toute la circulation de l'ouest, que la rue du Rocher amène aujourd'hui rue Saint-Lazare et rue de l'Arcade, juste à l'endroit où les débarcadères écrasent la population, trouvera un débouché direct et facile sur la Madeleine et les boulevards.

Dans ces environs de la Madeleine, la rue projetée sur les terrains de M. Grandmaison n'est qu'une spéculation analogue à celle de la rue Greffuthe, et à laquelle la circulation générale gagnera peu de chose. La régularisation de la rue de Seze n'est qu'un simple travail d'agrément, et une satisfaction artistique donnée à la ligne droite.

Nous ne prolongerons pas inutilement cette revue en détaillant tous les projets élaborés par les spéculateurs, et dont la plupart ne verront probablement pas le jour; tels que ceux d'une rue sur l'impasse Briare, entre la rue Rochechouart et celle Neuve-Coquenard; de la rue projetée sur le passage Sandrié; de la rue en prolongement de celle Chantereine, sur le terrain des hospices; des rues Mansart et Rabelais, sur le passage Saint-Pierre, huitième arrondissement, etc.--Ces percements opérés sur les terrains de la Boule-Rouge ont été une spéculation de constructeurs, mais au moins ils ont assaini ce mauvais pâté de masures. Quant à ceux qui sont projetés sur le nouveau Tivoli, nous ne leur voyons aucune utilité, et le résultat le plus clair est la destruction du jardin que nous regrettons, car les jardins s'en vont de Paris tous les jours.--La rue Mazagran, que l'on termine en ce moment, eut pu devenir une œuvre utile si le projet primitif eût été exécuté dans son ensemble et si la traversée du passage des Petites-Écuries, en l'unissant à la rue Martel, lui eût donné une importance réelle.--Le projet de rue débattu entre la ville de Paris, les Messageries royales et le Domaine, derrière les Petits-Frères, n'aurait encore qu'une utilité secondaire.--Nous ne ferons qu'indiquer, pour le même motif, les percements projetés ou en cours d'exécution dans les onzième et douzième arrondissements, la rue Clotilde, la rue Mayet, etc. Ils n'intéressent guère que les riverains et les propriétaires des rues plus ou moins abandonnées qui en sont voisines, sauf la continuation de la rue d'Ulm, qui, se réunissant à celle de la Santé, aurait une voie principale de circulation et prendrait sous ce point de vue un caractère d'utilité générale.--Quant au reste, un nous pardonnera de ne pas nous arrêter sur ces projets d'intérêt local, qui ne fournissent rien à la discussion des intérêts généraux.

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[Partition musicale.]

JE T'AI BIEN LONGTEMPS ATTENDU.
ROMANCE
Paroles de M. Henri Blaze.
Musique de M. Allyre Bureau.
Au joli mois de renouveau
Et des pâquerettes mignonnes
Tous deux ensemble au bord de l'eau
Nous devions tresser des couronnes
Je l'ai bien longtemps attendu
Hélas, hélas! Et tu n'es pas venu
Nulle couronne n'est tressée.
Et voilà la saison passée
Voilà la saison passée.
Que de fois tu m'avais promis
De venir aux moissons prochaines
Cueillir avec moi des épis
De beaux épis mûrs dans les plaines
Je t'ai bien longtemps attendu
Hélas hélas et tu n'es pas venu
Nulle gerbe n'est amassée
Et voilà la saison passée
Voilà la saison passée.
Tu m'avais promis bien souvent
Encor de venir à l'automne
Faire de l'herbe au petit champ
Hélas maintenant l'herbe est jaune
Le temps est passé, l'heure sonne
Le bonheur s'est évanoui
Viens sur ma tombe pauvre ami
Si tu veux faire une couronne
Si tu veux faire une couronne.
Procédés d'E. Duverger.