GRANDE-BRETAGNE.

La Chambre des Communes a voté, la semaine dernière, malgré l'opposition du ministère, une proposition qui peut paraître chimérique, mais qui montre que les idées de progrès et d'humanité ne cessent jamais de perdre complètement leur empire, même aux époques les plus troublées. Aux termes de cette proposition, le gouvernement est invité à faire appel au tribunal arbitral, avant de recourir à la force des armes, chaque fois qu'il s'élèvera un conflit entre lui et une puissance étrangère; il devra en outre s'appliquer par tous les moyens possibles à amener entre les puissances une entente ayant pour but l'institution d'un semblable tribunal pour régler pacifiquement les différends qui pourraient s'élever entre elles. Combattue avec assez de vivacité par M. Gladstone, qui l'a qualifiée d'utopique et en a démontré l'inefficacité, cette motion n'en a pas moins été adoptée comme nous l'avons dit, car elle avait pour elle l'éloquent exemple de la solution dù différend relatif à l'Alabama; remplira-t-elle son objet et réussira-t-elle à délivrer l'humanité du fléau de la guerre? Il faut le souhaiter si l'on n'ose l'espérer.

Les fiançailles du duc d'Édimbourg, second fils de la reine d'Angleterre, avec la grande-duchesse Marie Alexandrowna, fille de l'empereur de Russie, ont été célébrées la semaine dernière au château de Heiligenberg, près de Jugenheim, dans la Hesse. La grande-duchesse, née le 17 octobre 1853, atteindra bientôt sa vingtième année. Le duc d'Édimbourg a vingt-neuf ans; il est né le 6 août 1844.