Timbres russes de bienfaisance.
L'administration des postes russes vient d'émettre quatre nouveaux timbres dont nous reproduisons ici les modèles. Imprimés en deux couleurs, ils valent: le rouge et vert, 3 kopeks; le violet et jaune, 5; le bleu et rose, 7; le bleu et jaune, 10.
Chacun d'eux est vendu 3 kopeks de plus que la valeur marquée et le bénéfice résultant de cette majoration est destiné aux orphelins des soldats morts pendant la guerre. L'heureuse innovation du timbre de bienfaisance tirant parti du philatélisme au profit de la philanthropie, se propage, on le voit, dans tous les pays.
LE CHATEAU DE BAGATELLE.
Nous avons, il y a quelques mois, rappelé l'histoire de Bagatelle ou «Folie d'Artois», ce souvenir exquis du dix-huitième siècle que, par un caprice de grand seigneur, le duc d'Artois--plus tard Charles X--fit, en 1777, dessiner et construire en deux mois par l'architecte Bélanger pour Marie-Antoinette. Nous exprimions alors le voeu que la ville de Paris réalisât son projet de l'acheter. Nous sommes heureux d'annoncer aujourd'hui que la Ville vient de terminer les formalités d'acquisition.
Le château de Bagatelle au Bois de Boulogne.
Ce domaine de 24 hectares a été payé 6.500.000 francs à l'héritier de sir Richard Wallace.
Les jardins de Bagatelle restent le seul exemple complet et d'ailleurs charmant des «jardins pittoresques» qu'on appelait aussi «jardins anglo-chinois», si à la mode à la fin du dix huitième siècle.
Qu'en fera-t-on?
De tous les projets présentés celui qui semble le mieux s'adapter au bois de Boulogne, ce cadre élégant de Bagatelle, et au caractère même de ses jardins nous paraît être celui de M. Forestier, le distingué conservateur des promenades de Paris.
Son idée consiste, en effet, à utiliser les jardins de Bagatelle tels qu'ils sont pour en faire au milieu du bois de Boulogne comme un jardin brillant et paré, dont l'attrait serait d'ajouter à la curiosité que peut évoquer un souvenir historique l'intérêt de plantes curieuses, de fleurs rares et nouvelles groupées harmonieusement dans le style du jardin. Bagatelle deviendrait, comme le jardin de Kew, près de Londres, un lieu de promenade très agréable où les Parisiens et les étrangers si amoureux du Bois pourraient admirer, en même temps qu'une jolie «Folie du dix-huitième siècle» intégralement conservée, les plus beaux produits de l'horticulture parisienne. Dans le projet de M. Forestier se trouve, paraît-il, un détail assez intéressant: la création dans le potager de 400 mètres de longueur, d'une immense collection de roses bordée de lis et de clématites.
Il convient, en effet, de ne pas dénaturer un ensemble d'un tel caractère qui a eu l'heureuse fortune d'appartenir à des propriétaires jaloux de nous le conserver intact.
Ainsi, le dernier, sir Richard Wallace n'y occupa jamais moins de vingt jardiniers qui plantaient chaque année 200.000 pieds de fleurs. En dehors de ses gens de service et de ses écuries qui n'entrent pas dans cette somme, l'entretien même de Bagatelle lui coûtait en moyenne 80.000 francs par an.
LA TEMPÉRATURE DE L'ANNÉE 1904.
Les années 1903 et 1904 ont été très comparables au point de vue de la température moyenne: 10°,38 en 1903 et 10°,4 en 1904. L'une et l'autre de ces températures ont été supérieures à la moyenne normale 9°,7. (Il s'agit des températures observées au parc Saint-Maur.)
Les températures extrêmes ont été les suivantes, l'année dernière: -7°,1 et +36°,9; en 1903, elles avaient été -9°,3 et 32º,30.
En Algérie, on avait observé 46° à Biskra en 1903 et 44° à Tunis en 1904. Comme températures très basses, Arkhangel avait supporté -35° en 1903 et Haparanda, -36° en 1904. Montpellier a subi, en 1904, la température la plus élevée qui ait été jamais observée en France, soit 43°,9, le 19 juillet.
Il a plu un peu moins à Paris en 1904 qu'en 1903: 141 jours contre 159; et 537 millimètres d'eau contre 541. Ces deux années ont été d'ailleurs sèches, car la moyenne des cinquante dernières années est de 594 millimètres.
LA RECHERCHE DE L'OXYDE DE CARBONE DANS l'AIR.
Bien souvent, à l'occasion de malaises vagues, ou Simplement pour savoir quelle confiance on peut accorder à tel ou tel appareil de chauffage, le besoin se fait sentir d'un moyen simple et rapide de déceler la présence de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone dans l'air.
On possédait bien divers petits appareils, assez pratiques pour indiquer la présence de l'acide carbonique, mais, jusqu'à présent, on n'avait rien de semblable pour l'oxyde de carbone, bien plus dangereux cependant que l'acide carbonique.
Or, MM. Lévy et Pécoul viennent de présenter à l'Institut un appareil qui permet d'apprécier très simplement les quantités même infinitésimales d'oxyde de carbone pouvant exister dans l'air.
Cet appareil, qui est renfermé dans une caisse peu volumineuse, se compose d'un aspirateur qui permet de faire passer un volume d'air donné sur un tube contenant de l'acide iodique. Le tube est chauffé et l'acide iodique est réduit par l'oxyde de carbone. L'iode est alors mis en liberté et vient barboter dans un flacon contenant du chloroforme. Ce liquide se colore en rose plus ou moins foncé suivant que l'iode mis en liberté arrive plus ou moins abondant.
Ce procédé est très sensible, tout en étant d'une application très commode: il permet de déceler une proportion de 3/100.000 d'oxyde de carbone dans certains lieux habités.
LES SPORTS D'HIVER EN SUISSE.
Sillonnés en tous sens, l'été, par les touristes qu'attire la beauté de leurs sites, les pays de montagnes sont en train, depuis quelques années, grâce à des efforts très intelligents, de devenir presque aussi fréquentés l'hiver: alors, ce sont les amateurs des sports originaux qui leur constituent une clientèle très enthousiaste,--les neurasthéniques, les malades condamnés à la cure d'air demeurant, en tout état de cause, par belle ou vilaine saison, le noyau de cette population flottante, comme disent les statistiques.
Dans la plupart des stations climatériques, on en est arrive à organiser de véritables meetings sportifs, où le patinage, le hockey, les gymkhanas variés, la luge, enfin, jeu national, ont leurs journées.
UN SPORT D'HIVER.--Le "bobsleigh"
à capot et direction à volant.
La photographie que nous donnons, et qui nous est envoyée de Leysin (canton de Vaud), montre le dernier en date des engins de sports à la mode. C'est le bobsleigh, perfectionnement de la luge, mais perfectionnement tel que la nouvelle machine ne rappelle pas plus l'ancienne que la yole outrigger des rameurs d'Oxford ou de Cambridge ne rappelle la barque de promenade où s'entassent les familles, le dimanche, sur la Marne ou la Seine. Le bobsleigh est un appareil compliqué, à patins montés sur boggies, préservé à l'avant contre l'envahissement par la neige par une sorte de tablier conique, et pourvu d'un système de direction à volant, semblable à celui des automobiles, une vraie machine pour gentlemen, enfin, et sur laquelle certaines équipes ont atteint des vitesses considérables.
QUELLE EST LA CAUSE DE L'APPENDICITE?
A cette question qu'il s'est posée un médecin américain, M. Mitchell, de Chicago, n'entreprend point de répondre directement. Mais il se considère comme étant en état de faire savoir à quoi l'appendicite n'est pas due. Ayant eu l'occasion de faire de nombreuses autopsies de sujets morts de façons diverses, par accident et de maladies variées autres que l'appendicite, M. Mitchell s'est imposé l'obligation d'examiner dans chaque cas l'état de l'appendice. Son idée était de voir si des corps étrangers peuvent se rencontrer dans un appendice sain. Car c'est une opinion assez généralement reçue que l'appendicite a pour point de départ de prédilection la présence d'un petit corps étranger dans l'appendice: c'est là-dessus qu'on a imaginé la théorie qui rattache l'appendicite à l'emploi d'ustensiles de cuisine émaillés, en supposant que des parcelles d'émail peuvent se détacher et aller visiter l'appendice. M. Mitchell a donc soigneusement examiné 1.600 sujets dont il a eu à faire l'autopsie, avec ce résultat que chez 18 de ceux-ci il a trouvé des corps étrangers dans l'appendice. C'étaient des grains de raisin, des grains de plomb, un clou mince, un globule de plomb provenant d'une soudure, un morceau de coquille de noix, une vertèbre de petit poisson, des fragments d'os, des morceaux de pierre. Or, chez ces 18 sujets porteurs de corps étrangers, pas un seul appendice ne présentait la moindre trace d'inflammation. L'appendice était parfaitement sain: il n'avait rien et n'avait rien eu. La conclusion c'est qu'il faut innocenter les corps étrangers de l'appendice: ce n'est pas à leur existence qu'est due l'appendicite. Elle provient d'autres causes.
Mouvement littéraire.
Donatello, par Arsène Alexandre (Laurens 3 fr. 50).--Hogarth, par François Benoît (Laurens, 3 fr. 00).--Boucher, par Gustave Kahn (Laurens, 3 fr. 50).--Le Poinct de France, par Mme Laurence de Laprade (Laveur, 10 fr.).--Les Primitifs français, par Henri Bouchot (Librairie de l'Art ancien et moderne, 4 fr.).
Donatello
Rapidement se poursuit la collection déjà nombreuse des grands artistes, entreprise par la maison Laurens. Donatello a été confié à M. Arsène Alexandre. Le petit Donato ou Donatello naquit à Florence en 1386. Son père, Donato di Niccolo Betto Bardi, cardeur de laine, avait connu, l'exil et vu de près l'échafaud (1380). De quels sombres récits il dut remplir l'imagination de son fils enfant! Ami de l'architecte Brunelleschi, Donatello fit avec lui le voyage de Rome, où les deux compagnons vécurent dans la plus grande pauvreté. Son oeuvre, jusqu'à sa mort (1460), fut immense. Or San Michèle, le campanile de Florence, la cathédrale sont peuplés de ses puissantes créations. Dans son saint Marc, son saint Pierre, son saint Jérôme, dans ses prophètes et ses apôtres, ne cherchez aucune douceur il n'y a là que grandeur et indignation Rien n'égale l'horreur tragique de sa Judith coupant la tête d'Holopherne. Il sculpta un Jean-Baptiste enfant et dans les villes d'Italie répandit «la haute et éloquente tristesse de son âme». Ses deux saint Jean-Baptiste, couverts de peaux de Venise et de Sienne, sont d'effrayantes apparitions. A Padoue il éleva la statue équestre du condottiere Gattamelata et dans l'église Saint Antoine de cette ville façonna des bas-reliefs, parmi lesquels d'une vie prodigieuse, se signalent ceux des enfants chanteurs. Avec l'architecte Michelozzo, il travailla, de 1425 à 1433 à de grands tombeaux; lui-même repose à San-Lorenzo où il dépensa si généreusement son génie.
Nous avons au Louvre son portrait par l'Uccello. Simple dans ses habits, sans nul souci de l'argent, il déposait en un panier ses trésors, afin que ses élèves y puisassent selon leur besoin. L'oeuvre de Donatello vit dans les pages enthousiastes, mais d'une critique juste, de M. Arsène Alexandre.
Hogarth.
William Hogarth est un des plus complets représentants de l'humour anglaise. C'est avant tout un satiriste. Il n'y a pas de métier, ni de fonction dont il n'ait attaqué les travers et les vices. Soldats, juges, médecins, gens d'Église, hommes politiques sont l'objet de sa raillerie. Il n'épargne aucune catégorie sociale. Dans la Réunion moderne à minuit, un révérend prépare le punch. La Marche des gardes vers l'Écosse est dirigée contre l'armée. En la personne de Wilkes, tribun sans conscience, flattant les basses passions populaires, il flagelle la basse démagogie. Sa série de tableaux: l'Élection, débute par une scène de ripaille qui nous montre que Londres ne différait pas de la Rome de Salluste où l'on cherchait la faveur du peuple par des festins. Les six tableaux de la Destinée d'une courtisane, les huit tableaux de la Destinée d'un libertin, reproduits et popularisés par la gravure, les Quatre âges de la cruauté, en quatre tableaux, le Travail et Paresse, le Mariage à la mode, la Rue du Gin et la Rue de la Bière, font pénétrer fort avant dans les moeurs des Anglais au dix-huitième siècle. Le Combat de coqs expose des visages béats et grotesques, suivant la lutte des deux champions armés de longs becs et d'éperons. La plupart des compositions d'Hogarth, à plusieurs scènes enchaînées et graduées, montrent une grande entente du théâtre et constituent de véritables comédies. Rien de plus sain et de plus robuste que cette peinture. Ce qu'on peut reprocher à l'artiste, c'est peut-être parfois, à cause de la multitude des détails, un certain manque d'harmonie dans la composition. Hogarth nous a laissé de lui-même un portrait où il a placé son chien favori. Peut-être l'homme n'était-il pas très sympathique. Petit, trapu, vif, coquet, il était au moral vaniteux, vantard, agressif, et, bien qu'économe, de moeurs relâchées. Il s'est surtout attaché aux laideurs, aux tares, aux cynismes de ses contemporains. Né à Londres le 10 novembre 1697, il mourut le 26 octobre 1764, nous laissant dans son oeuvre une minutieuse histoire des moeurs, des costumes, du mobilier de son temps. M. François Benoît nous a raconté, avec la précision élégante du professeur, les travaux et la vie d'Hogarth.
Boucher.
Ce n'est plus le professeur, c'est le lettré de la nouvelle école, épris de tours originaux, que nous trouvons en M. Gustave Kahn. Sa forme, du reste, s'adapte merveilleusement à la peinture de Boucher. Le souci de bien dire et de ne pas s'exprimer comme tout le monde n'empêche pas M. Kahn de se livrer aux recherches les plus scrupuleuses. François Boucher naquit à Paris, le 29 septembre 1703, rue de la Verrerie, d'un père dessinateur en broderies. Il fut l'élève de Lemoyne, mais se laissa fortement impressionner par Watteau. En Italie, dont il entreprit le traditionnel voyage, il éprouva un goût très vif pour Tiepolo. De 1731 à 1733, il devient «décorateur habile, peintre des coquetteries et des élégances de l'amour, amoureux du léger et du joli». Il illustre Molière de trente-trois dessins (1734), crée dix grandes vignettes pour Acajou et Zirphile de Déclos, fait des cartons de tapisseries et, avec Renaud et Armide, est reçu à l'Académie en 1734. L'année précédente il avait épousé Marie-Jeanne Buseau, jolie blonde de dix-sept ans, dont La Tour nous a laissé un portrait. Cette jeune femme, artiste elle-même, gravant les oeuvres de son mari, devint son type de beauté et paraît dans toute sa peinture. Oudry, appelé à diriger, avec Nicolas Bernier, la manufacture de Beauvais, fait appel au maître-décorateur Boucher. Avec une belle entente de l'ordonnance de l'oeuvre, M. Kahn a parfaitement divisé les productions de l'artiste en pastorales, mythologies, chinoiseries. Si l'on excepte les cris de Paris, parmi lesquels ce chef-d'oeuvre de mouvement et de vie: Balais! balais! et quelques fantaisies comme les Faiseurs de bulles de savon, la Buveuse de lait, et des décors d'opéra, presque tout est compris dans les catégories principales si ingénieusement marquées par M. Kahn. Mais partout, soit qu'il représente Vénus, soit qu'il nous montre des Chinoises de rêve prenant le thé, c'est toujours la femme parisienne qui apparaît. Ses tableaux, semés d'amours, sont une fête éternelle. Il fut le favori de Mme de Pompadour dont il fit sept fois le portrait, en même temps qu'il peignait sa fille, Alexandrine d'Étioles. Dans le luxe et l'aisance, il s'éteignit en mai 1770. En chacun des volumes de la collection des Grands Artistes, vingt-quatre reproductions éclairent le texte du critique historien.
Le poinct de France.
Le dix-septième siècle usait beaucoup de dentelles et pour les habits féminins et pour les costumes des hommes, si bien qu'une partie notable de l'argent français passait en Italie, à Venise, à Gênes, à Raguse. Pour arrêter cet exode, Colbert fit rendre par Louis XIV la déclaration du 12 août 1665 créant des manufactures de poinct de France. Pour que ces produits ne fussent pas inférieurs, il en établit, d'après un code draconien, les modèles, les types, les mesures, les qualités. Avec savoir, Mme de Laprade nous initie à l'oeuvre de Colbert; elle nous raconte ce que fut la dentelle--le poinct de France--dans des villes comme Argentan, Alençon, Valenciennes, et quelles familles se tinrent à la tête de cette charmante industrie française. Son livre, d'une belle érudition, est précédé de quelques pages, fort littéraires, de M. Henry Lapauze.
Les Primitifs Français.
Ce volume paraît au moment où je termine cet article: c'est son auteur, M. Henri Bouchot, qui organisa, il y a quelques mois, l'Exposition des primitifs français. Plein de renseignements, son livre a cependant, avant tout, l'allure d'une thèse. Non sans le prouver, M. Bouchot nous affirme qu'il y eut, à l'origine, avant ce qu'il appelle la Renaissance décadente, un art bien français, échappant complètement à l'influence italienne et d'autant mieux à l'influence flamande qu'il précédait les Van Eyck. Ceux-ci même durent une partie de leur génie au contact de l'art flamand avec l'art français, son précurseur. Peu s'en faut même que M. Bouchot ne fasse des deux célèbres frères des fils de l'Ile-de-France. Bien qu'ils soient nés à Maeseyck, ce sont pour lui, semble-t-il, des Parisiens. Cela vaut à M. Bouchot, dont la pensée a déjà débordé en certaines revues, les anathèmes de M. Huysmans, dans le superbe livre: Trois Primitifs (Vanier). A la fin du treizième et au commencement du quatorzième siècle, M. Bouchot nous montre des oeuvres françaises, d'une liberté, d'une vie sans pareilles. Près de Mahaut d'Artois, petite-fille de Louis VIII et nièce de saint Louis, née vers 1275, paraissent deux artistes: Etienne d'Auxerre et Evrard d'Orléans. Ils la suivent de Paris et de Conflans à Hesdin, sa résidence favorite. Jacques de Boulogne, formé par Etienne d'Auxerre, et son fils Laurent travaillent à Hesdin. Ainsi Paris et l'Ile-de-France, se transportant vers le Nord et dans le voisinage des Flandres, exercèrent sur les Néerlandais une véritable action artistique.
Plus tard, en plein quinzième siècle, des maîtres bien français comme Jean d'Auteuil, Girard d'Orléans, qui mourut en 1378, donnent des marques de leur talent tout personnel. Vers 1374, trente ans avant l'Agnus Dei de Gand, se place le Parement de Narbonne, du Louvre, avec les scènes de la Passion et le Divin Jardinier. A la cour de Dijon, Jean de Troyes peint à l'huile, quand l'auteur présumé de la peinture à l'huile, Hubert Van Eyck, n'a que trois ans. Ce dont M. Bouchot poursuit à chaque ligne la démonstration, c'est que les Van Eyck ne sont pas des initiateurs et que les Français les ont devancés et enseignés.
De l'art parisien, pur à l'origine, transformé un peu ensuite sous la direction du duc de Berri et par les apports lombards, sont sortis les Flamands de Bruges et parallèlement les Tourangeaux avec Jean Fouquet, les Auvergnats, les Lyonnais et les Avignonnais.
Avec une vigueur toute franc-comtoise, M. Henri Bouchot a présenté ces Opinions.
E. LEDRAIN.