Ont paru:

Autour de l'Afrique par le Transvaal, par Robert Huchard. Un vol. in-18, 3 fr. 50. Perrin et Cie, éd.--Après le bagne, par Liard-Courtois. Un vol. in-18, 3 fr. 50. Fasquelle, éd.--Le Prisme, par Paul et Victor Margueritte. Un vol. in-16, 3 fr. 50. Plon-Nourrit et Cie, éd. --Associations et Sociétés secrètes sous la deuxième République (1848-1851), par Tchernoff. Un vol. in-8°, 7 fr. Alcan, éd.--Hector Berlioz (1803-1869), par J.-G. Prod'homme; préface de Alfred Bruneau. Un vol. in-8°, broché, 5 fr. Delagrave, éd.--Paris sous Napoléon: Consulat provisoire et Consulat à temps, par de Lanzac de Laborie. Un vol. broché, 5 fr. Plon-Nourrit et Cie, éd.

AU TONKIN.--Revue de troupes indigènes passée par M.
Beau, gouverneur général de l'Indo-Chine, à Lao-Kaï,
sur la rive du fleuve Rouge.
--Phot. le Camus.

M. BEAU A LAO-KAÏ

Lao-Kaï est une des portes du Tonkin, celle qui le fait communiquer avec cette vaste province chinoise, le Yunnan, célèbre par ses richesses minières et que la convention de 1898 avec la Chine a placée dans notre zone d'influence. Jusqu'ici, les communications par Lao-Kaï étaient malaisées. Le fleuve Rouge, qui l'arrose, n'est guère navigable, au-dessus de Yen-Baï, aux petits vapeurs des Correspondances fluviales; tout le trafic se fait par jonques, péniblement. Et c'est pourquoi, dès 1898, était décidée la construction d'une voie ferrée Hanoï-Lao-Kaï, première partie de la grande ligne Tonkin-Yunnan.

Le gouverneur général de l'Indo-Chine, M. Beau, a voulu montrer tout l'intérêt que la France attache à cette oeuvre d'extension pacifique. Il vient de visiter les travaux de la voie et de remonter le fleuve jusqu'à Lao-Kaï, que le rail, espère-t-on, atteindra en avril prochain; à l'heure actuelle, les trains, partis de Hanoï, la capitale, vont jusqu'à Traï-Hutt. Notre photographie rappelle le voyage de M. Beau dans la pittoresque petite ville de Lao-Kaï (900 à 1.000 habitants), qui étale, sur un promontoire verdoyant, au confluent du fleuve Rouge et de la petite rivière de Kaï-Hoa, ses bâtiments neufs, ses entrepôts, ses maisonnettes blanches entourées de jardinets fleuris.

Ainsi placée à la frontière (qui, sur la rive droite du fleuve, remonte plus au nord), Lao-Kaï, outre son importance commerciale, a une valeur stratégique; c'est le chef-lieu du 4e territoire militaire.

UNE BELLE EXPLORATION

Ce fut une exploration vraiment remarquable et utile que celle dont le capitaine Cottes fit le récit, récemment, à la Société de Géographie de Paris, et dont il fut le héros.

Le capitaine Cottes.
--Phot. Massip.

En termes précis, le jeune capitaine a raconté les impressions de son long voyage de Hanoï, capitale du Tonkin, à Saigon, capitale de la Cochinchine, par une voie qu'empruntent bien rarement les voyageurs: la frontière de Chine, le Haut-Mékong, entrevu jusqu'ici par de rares explorateurs, la chaîne annamite, aux versants abrupts du côté de la mer de Chine, étalés en plateaux et terrasses boisés vers le bassin du Mékong;--au total, un parcours de 4.000 kilomètres, pour le moins, dont 2.528 en pays inconnu.

Peu de voyageurs ont rencontré plus de difficultés. Si l'on pense que cet énorme itinéraire a été parcouru par le capitaine Cottes, tantôt à pied, tantôt à dos d'éléphant, en moins de neuf mois (janvier-septembre 1903), on jugera de la bravoure persévérante dont l'explorateur a dû donner des preuves quotidiennes. C'est surtout sur les plateaux qu'il parcourut entre Klam-Klent, près du Haut-Mékong, et le seuil d'Aï-Lao,--où passera probablement la voie ferrée de Hué au Mékong,--puis sur les plateaux habités par des peuplades inhospitalières et qui couvrent les confins de l'Annam et de la Cochinchine, que le capitaine dut faire des prodiges pour que son voyage conservât jusqu'à la fin le caractère d'une exploration pacifique. Ces régions, en effet, sont habitées par des peuplades thaï, aborigènes, encore presque complètement sauvages.

Mais peu de voyageurs auront accompli une oeuvre plus utile, car nous possédons maintenant, sur les frontières de l'Indo-Chine française, les renseignements précis et abondants qui nous faisaient défaut.

SUR LA FRONTIÈRE INDO-CHINOISE.--La caravane du capitaine Cottes.

[(Agrandissement)]

[Note du transcripteur: Ce supplément ne nous a pas été fourni avec le document source.]