DOCUMENTS et INFORMATIONS

Un troupeau anéanti par la foudre.

Troupeau de vingt-quatre vaches laitières foudroyées au pied d'un chêne, à Cheltenham, le 9 juillet.

Le mois de juillet aura été marqué, cette année, par de nombreux cyclones, comme les lecteurs de L'Illustration auront pu le remarquer, grâce aux instantanés publiés dans un de nos précédents numéros. L'Angleterre n'a pas été moins épargnée que la France et l'Europe centrale.

Le 9 juillet, un orage d'une rare violence éclatait dans la région de Cheltenham. De nombreuses fermes furent ravagées et les domaines du comte de Warwick furent le théâtre d'un véritable massacre.

Un troupeau de vingt-quatre vaches laitières s'était réfugié sous l'épaisse frondaison d'un chêne. Soudain, la foudre s'abattit sur la cime de l'arbre, traçant de longs sillons verticaux dans l'écorce du tronc et foudroyant les vingt-quatre bêtes groupées à sa base.

Dès la nouvelle de l'accident, notre correspondant accourut sur les lieux et prit l'impressionnant instantané que nous reproduisons ici.

Il semble qu'on peut remarquer à ce propos que la foudre est plus fatale aux animaux qu'aux hommes: précieux privilège qu'il est difficile d'expliquer. Les bêtes résistent moins que les humains aux décharges électriques.

L'intérêt du porte-monnaie et le progrès social.

On sait qu'une visite médicale extrêmement rigoureuse est imposée aux immigrants aux États-Unis et que l'entrée dans ce pays est impitoyablement refusée à ceux qui paraissent même simplement chétifs et malingres.

La conséquence de cette visite, c'est que les compagnies de navigation maritime doivent rapatrier, à leurs frais, les immigrants refusés.

Pour éviter ces frais, les compagnies des divers pays ont décidé de prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger la santé de leurs passagers.

Ainsi, à Hambourg, une compagnie a fait construire de grands halls destinés à abriter les émigrants lors de leur séjour dans le port avant leur embarquement; et les résultats ayant été reconnus favorables, on va construire des baraquements pouvant contenir chacun 120 lits, disposés suivant les règles de l'hygiène moderne et pourvus, pour chaque groupe de quatre baraques, d'un baraquement spécial destiné à la buanderie, aux étuves, cabinets d'aisances, etc.

On sait, d'autre part, que l'institution des sanatoriums pour tuberculeux a eu son origine en Allemagne, dans des préoccupations de même nature de la part des sociétés d'assurances.

C'est ainsi que le souci du porte-monnaie est encore le moteur le plus sûr du progrès social.

L'explosion du «Bennington»

Le 21 juillet, un petit croiseur de la marine des États-Unis, le Bennington, se rendant de Honolulu à Panama, était ancré à San-Diego (Californie), où il s'était arrêté pour faire du charbon, lorsqu'une formidable explosion se produisit à bord. Malgré la promptitude des secours, sur un équipage de 198 hommes, y compris 16 officiers, on comptait bientôt 39 morts et 80 blessés, dont une vingtaine grièvement; on constatait en outre la disparition de 21 hommes.

Le croiseur américain
Bennington.

Les chaudières du Bennington, jugées défectueuses, avaient été récemment réparées.

Suivant le rapport du commandant, deux d'entre elles éclatèrent successivement, et il est probable que l'ébranlement détermina, par surcroît, l'éclatement des puissants engins emmagasinés dans la soute: d'où les terribles conséquences du sinistre.

Chose curieuse, un mécanicien qui inspectait une des chaudières, au moment de l'explosion, n'a eu que des blessures légères.

L'automobilisme en rivière.

Le canot automobile Antoinette-III en vitesse sur la
Seine devant Mantes.

Pour préluder à la grande semaine maritime du Havre et de Trouville, le Yachting-Gazette a organisé, de Paris-Courbevoie à Rouen, une croisière de «cruisers» et de «racers» dont le départ a été donné le dimanche

23 juillet. La première étape, de Courbevoie à Mantes, a été l'occasion d'un succès pour un des racers, L'Antoinette-III, qui, à Mantes même, a couru la coupe Dubonnet, sur 100 kilomètres, en 2 h. 20, soit à une vitesse régulière de plus de 42 kil. 500 à l'heure. Cette allure, quoique déjà extrêmement rapide, n'est pas surprenante de la part d'un de ces canots automobiles, et ce n'est pas le motif qui vaut à L'Antoinette-III de figurer dans nos colonnes. Mais l'instantané ci-dessus semble bien prouver que ces petits engins mécaniques, produits d'une industrie essentiellement moderne, apportent, à la surface des rivières pendant l'instant de leur passage vertigineux dans un sillage léger et qui s'étale en friselis d'écume, un aspect, nouveau certes, imprévu peut-être, de monstre marin, mais qui a sa beauté particulière et qui ne détruit pas l'harmonie, qui ne dépare nullement le cadre d'un beau paysage fluvial.

Les patates douces pour l'élevage.

Parmi les légumes qui, depuis quelques années, ont pris une place sur nos marchés français, la patate douce n'est sans doute pas celui qui a obtenu le plus de succès. Ce légume sucré déconcerte un peu le consommateur. Pourtant, il est excellent--bouilli ou bien cuit au four--et constitue un aliment énergétique des plus recommandables. La patate, qui est le tubercule souterrain d'un convolvulus, se cultive sans peine dans les îles de la Méditerranée et sur la côte nord de l'Afrique. Elle pourrait, d'après le Bulletin de l'Office de l'Algérie, prendre une place importante dans l'alimentation du bétail, tout comme la pomme de terre. Elle est plus riche que cette dernière et conviendrait particulièrement pour l'engraissement. Elle est appétissante aussi. Les porcs, qui aiment les bonnes choses et savent les trouver--chacun connaît leur goût pour la truffe et leurs aptitudes pour la découvrir--déterrent eux-mêmes les patates dans les cultures, pour s'en régaler. Il n'y aurait même pas à tirer celles-ci de terre: les porcs pratiqueraient l'extraction et aussi le labourage par la même occasion. La patate est un aliment très hygiénique, qui ne procure jamais d'indigestion: il entretient au contraire ce qu'un médecin appelait «la première des libertés». On devine celle dont il s'agit. De culture facile en terre légère et sableuse, la patate donne six tonnes sur l'espace où le maïs n'en donne pas une. Il est vrai que 4 1/2 de patates valent 1 de maïs; mais, même dans ces conditions, il est plus avantageux de pratiquer l'engrais par la patate.