A CONSTANTINOPLE
La mosquée de Hamidié, où le sultan Abdul-Hamid a été l'objet d'un attentat, le 21 juillet, jour du Selamlik.
Phot. Strumper.
La mosquée de Hamidié est un frêle et gracieux monument, dont les blanches terrasses sont surmontées par la coupole légère d'un minaret qui est un véritable bijou d'art. C'est là, à quelques pas à peine de son palais d'Yildiz-Kiosk, que le sultan Abdul-Hamid assiste pieusement, chaque vendredi, aux cérémonies du Selamlik.
Dès qu'à midi la voix plaintive du muezzin a convié la foule à la prière, les portes du palais d'Yildiz s'ouvrent à deux battants. Au milieu d'une brillante escorte de princes, de ministres, de grands officiers chamarrés d'or, de pachas et de serviteurs, aux sons des musiques et parmi les acclamations de la foule, une luxueuse Victoria, attelée de deux chevaux blancs, emporte le sultan, à fond de train, jusque dans la grande cour de la mosquée. Le souverain descend alors de sa voiture, salue ses sujets et pénètre dans le religieux édifice entouré du cheik-ul-islam, des ulémas et des imans.
Aussitôt après la fin de la cérémonie, Abdul-Hamid regagne sa Victoria, qui le ramène dans son palais avec une rapidité d'allure qui jette toujours une certaine confusion dans sa suite. Ce n'est cependant pas grâce à la vitesse extrême de son attelage que le sultan a dû, vendredi dernier, de n'être pas atteint par l'explosion de la bombe qui, dans la cour de la mosquée de Hamidié, a tué plus de 20 personnes et en a blessé près de 60 autres.