L'ÉCHOUEMENT DU "CHODOC"
L'un des meilleurs paquebots de la Compagnie des Chargeurs-Réunis, le Chodoc, s'est, le 28 juin dernier, échoué dans les parages du cap Gardafui.
La presse s'est fait l'écho de ce sinistre qui, sans l'adroite énergie des officiers du navire et les secours intéressés des Somalis, eût pu coûter la vie à plus de cinq cents passagers. Ce fut dans la nuit du 28 au 29 juin que le navire s'immobilisa sur des rochers. La veille, on avait dansé sur le pont; tout le monde était gai, confiant, heureux du retour en France. Le 29 fut un triste lendemain de fête: le Chodoc était échoué à 150 mètres du rivage, d'un rivage d'aspect peu hospitalier, dans une mer démontée que couvraient, néanmoins, une multitude d'embarcations montées par des indigènes armés jusqu'aux dents.
Il fallut parlementer avec les Somalis et passer par leurs conditions. On consentit donc, comme ils l'exigeaient, à leur laisser piller le bâtiment comme prix du sauvetage des personnes. Ainsi fut fait. Les indigènes d'abord s'assurèrent du butin et dans chacun de leur canot, déjà chargé à en couler, embarquèrent quatre passagers en détresse. A terre, heureusement, le sultan du pays, Rouhone, qui visita les naufragés, s'efforça d'adoucir leur situation par tous les moyens en son pouvoir jusqu'à leur rapatriement, en Europe, par un vapeur russe, le Smolensk.
Le sauvetage des passagers du Chodoc, par les pirogues des Somalis, près du cap Gardafui, dans la nuit du 29 juin.--D'après le croquis d'un têmoin oculaire.
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