LES THÉÂTRES

Pour inaugurer sa direction de la Renaissance, Mme Cora Laparcerie a représenté, de M. Jacques Richepin, le Minaret, une agréable et fort galante fantaisie en vers, à propos de laquelle deux artistes, M. Paul Poiret et M. Ronsin, ont donné libre cours à leur imagination et ont réalisé, le premier des toilettes, et le second des décors inspirés de l'Orient, mais d'une originalité de formes et de couleurs aussi hardie que séduisante. Rien de plus audacieux comme lignes et comme tonalités que les trois tableaux de cette comédie, rien de plus risqué en même temps que de plus seyant dans le décolleté que ces costumes féminins, sinon le texte même de M. Jacques Richepin aux lestes images et aux rimes légères. Une musique adroite de M. Tiarko Richepin en souligne les effets, déjà fort bien mis en valeur par une interprétation en tête de laquelle on applaudit Mme Cora Laparcerie, MM. Galipaux, Jean Worms, Harry Baur, Claudius, Mlles Marcelle Yrven, Mireille Corbé, etc.

L'Opéra-Comique a monté, avec le soin et le goût qu'il assure à tous ses spectacles, une pièce lyrique: le Carillonneur, tirée par M. Jean Richepin du roman de Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte, et mise en musique par M. Xavier Leroux. C'est, dans le cadre poétique fourni par la vieille ville flamande, un drame psychologique violemment extériorisé par M. Jean Richepin et dont le haut talent musical de M. Xavier Leroux a mis en valeur tout ce qu'il pouvait contenir de profonde émotion. L'interprétation en est excellente avec Mmes Marguerite Carré et Brohly, MM. Beyle, Boulogen, Vieuille, Vigneau.