CHAPITRE V
Ce qui se passe quand la femme prend le rôle actif.
Certaines conditions physiques dans lesquelles se trouve l'un des amants, notamment la fatigue de l'homme à la suite d'efforts prolongés sans crise finale (il est des hommes qui restent ainsi indéfiniment en érection), peuvent déterminer la femme à prendre alors le rôle actif. Souvent l'amour du changement et la curiosité suffisent pour l'y décider.
Il y a deux cas: celui ou la femme, durant la connexion, pivote sur l'homme de manière à continuer l'union sans interrompre le plaisir; et celui où elle prend la position de l'homme dès le début de l'action.
Dans ce dernier cas, avec des fleurs dans ses cheveux flottants, et des sourires mêlés de gros soupirs, elle presse le sein de son amant avec ses seins, et, baissant la tête un grand nombre de fois, elle le caresse de toutes les manières dont il avait l'habitude de la caresser et de l'exciter, en lui disant: «Vous avez été mon vainqueur, je veux, à mon tour, vous faire demander grâce.»
Par intervalles, elle jouera la honte, la fatigue et le désir de terminer la connexion.
Cependant, outre les neuf actes propres à l'homme elle fera encore les trois suivants.
Les PINCES.—Elle tient le linga dans l'yoni, le fait pénétrer par une sorte d'aspiration répétée, le serre et le garde ainsi longtemps..
Le PIVOT.—Pendant la connexion, la femme tourne autour de l'homme comme une roue horizontale autour d'un axe vertical.
Le BALANCEMENT.—C'est l'inverse du baratement; l'homme soulève le milieu de son corps et la femme imprime au milieu du sien et aux organes engagés ensemble un mouvement oscillatoire et tournant (App. n° 1).
Quand la femme est fatiguée, elle pose sa tête sur celle de son amant et reste ainsi, les organes continuant à être unis; quand elle est reposée, l'homme tourne autour d'elle et recommence l'action (App. _n°2).
APPENDICE AU CHAPITRE V
N° 1.—Dans Pétrone, Satyricon, CXI.
«Une mère amène sa fille à Eumolpe. Le vieillard se couche sur le dos dans son lit, fait étendre la jeune fille sur son corps, membres contre membres; puis il enjoint à son valet Coréas de se glisser sous le lit et s'appuyer sur le parquet pour soulever son maître avec ses reins. L'ordre est d'aller doucement. Il obéit et répond par des mouvements égaux à ceux de l'habile écolière.
«Cependant l'exercice touche à sa fin, Eumolpe crie à l'esclave de presser la mesure, et ainsi balancé entre la nymphe et Coréas, il semble jouer à l'escarpolette.
N° 2.—Ovide, _Art d'aimer, _livre III.
«Femmes, laissez-vous aller à la volupté; qu'elle remue jusqu'à la moelle de vos os et que le plaisir soit égal et pour vous et pour votre amant; qu'il s'exhale en petits cris de joie, en tendres paroles, en doux murmures, que les propos licencieux redoublent votre ardeur.
«Que je plains la femme qui ne ressent point le plaisir, qu'elle feigne au moins d'en éprouver et qu'elle ne se trahisse point dans cette feinte!
«Que ses cris, ses yeux tournés, ses torsions concourent à nous tromper et que sa voix mourante, sa respiration oppressée achèvent l'illusion.
«O honte! la volupté a ses tricheries et ses mystères!
«Aussi n'ayez point dans votre chambre à coucher une lumière trop vive; beaucoup de choses, chez une belle, ont besoin du demi-jour.»