INTERMÈDE
PROMENADE PITTORESQUE À TRAVERS LE NOUVEAU PARIS
Muse, changeons de style et quittons la satire:
C'est un méchant métier que celui de médire;
À l'auteur qui l'embrasse il est toujours fatal.
Ainsi parle quelque part le prudent Boileau, qui n'avait eu garde pourtant de s'attaquer à Colbert et aux distributeurs de pensions. Je veux suivre un moment son conseil et, sans sortir du sujet, délasser le lecteur, et me délasser moi-même, par un petit intermède sur le pipeau rustique. Arrivé à mi-terme de l'âpre montée que j'ai entrepris de gravir, je me sens quelque peu las, et ne suis pas fâché de me détendre un moment: Les lecteurs graves,—professeurs d'humanités, poëtes épiques, diplomates et procureurs généraux,—sont loyalement prévenus d'avoir à passer ce chapitre. Si M. Nisard le lit, je l'avertis qu'il n'y rencontrera aucune vérité générale exprimée en un langage définitif.
Ceci posé et bien entendu, je commence sans autre exorde.
Le titre de ce chapitre étonnera beaucoup de lecteurs. Que peut-il y avoir de pittoresque dans le nouveau Paris? Peu de chose, je l'avoue, mais quelque chose néanmoins: on le va voir tout à l'heure, ou ce sera ma faute. La ville de marbre et de carton-pierre qu'on nous bâtit est grandiose, monumentale, épique, c'est convenu; mais j'ose croire que M. Haussmann lui-même n'a jamais élevé ses prétentions jusqu'à y mettre le moindre brin de pittoresque. J'ai fini pourtant par en trouver un brin en y cherchant toute autre chose, et je n'en suis pas plus fier qu'il ne faut.
L'immense mouvement de reconstruction de Paris a créé une foule de maisons neuves, dont les rez-de-chaussée, à peine terminés, sont accaparés aussitôt par de petites industries vagabondes, en attendant les vrais locataires, qui commencent à se faire attendre longtemps. Ces rez-de-chaussée, souvent sans portes et sans fenêtres, ouverts à tous les vents et à tous les regards, semblent faits exprès pour certains industriels de la rue, qui y cumulent le double bénéfice du toit hospitalier et de l'exposition en plein air. Ils leur permettent de s'établir au centre de Paris, dans des quartiers populeux et riches, pour une redevance modique, facile à prélever sur les recettes quotidiennes. On les loue au mois, à la semaine ou au jour.
Les industriels nomades des nouveaux rez-de-chaussée parisiens se partagent en trois catégories principales: les photographes populaires, les marchands de bric-à-brac, tenant bazars et boutiques à treize sous, les montreurs de curiosités et particulièrement de femmes colosses. Jusqu'à présent, ces intéressants personnages comptent parmi ceux qui ont le plus profité de la transformation de Paris. Ceci est une circonstance atténuante, que je porte au bénéfice de M. le préfet de la Seine.
Les bazars ne demandent pas une longue description. Ils n'ont rien d'oriental. Généralement, dans les rez-de-chaussée des maisons neuves, ils sont réduits à leur plus simple expression, et s'étalent sur une table portative ou même à terre. Ces bazars sont le lieu d'asile et la grande fosse commune de toutes les porcelaines en faïence, porte-monnaie en papier, bronzes en zinc, parapluies montés en jonc, cannes revernies et recollées, chaînes d'or en chrysocale, diamants en bouchons de carafe, épingles de corail à un sou, cristaux en verre, éventails en papier d'emballage. On y trouve des cadres historiés à trente centimes et des tableaux à l'huile à deux francs, exécutés à la mécanique par les jeunes aveugles ou les prisonniers. Les objets d'art y pullulent, en particulier les dessus de pendules, représentant Corinne sur le cap Misène, Malek-Adel aux genoux de Mathilde, ou le jeune et beau Dunois prenant congé de sa belle, avec son casque et sa guitare. Parmi les gravures en taille-douce et les lithographies coloriées, vouées au sentimentalisme à outrance, les planches intitulées: le Départ, le Retour, Heureuse mère, etc., obtiennent généralement un beau succès. Bélisaire et le Soldat laboureur sont aussi très-loin d'être usés, en dépit des plaisanteries impuissantes des petits journaux. Le peuple se moque bien des petits journaux, qui ont la prétention de régenter l'esprit français, et qui ne régentent que les loustics des brasseries! La fibre sentimentale domine chez les masses; elles ne se préoccupent que du sujet: quand il les attendrit, il est toujours traité avec beaucoup d'art. C'est ce qui assure le triomphe des mélodrames, de certains tableaux du Salon et de certaines romances poitrinaires.
Pour faire contre-poids au genre mélancolique, il y a aussi les lithographies gouailleuses et gauloises, à l'usage de la partie avancée de la population. Les ingénieuses estampes qui obtiennent le plus de succès dans ce genre, si éminemment français, sont celles qui représentent trois gros moines, ventrus et bourgeonnés comme des Silènes, attablés à un jeu de cartes devant une demi-douzaine de brocs monstrueux, et un curé qui, surpris à dîner un vendredi, fourre précipitamment un poulet sous la nappe, et ne laisse plus voir qu'un hareng dans son assiette, aux yeux de son visiteur édifié.
Assurément ces deux sujets sont beaux: ils ont je ne sais quelle fleur de raillerie attique, qui doit les rendre recommandables aux intelligences cultivées, et l'on y retrouve toute la force de dialectique et toute la puissance d'ironie qui caractérisent aujourd'hui nos immortels héritiers de Voltaire. Il faut, sans nul doute, applaudir à ces piquantes épigrammes qui entretiennent le feu sacré de la haine des jésuites chez la nation la plus spirituelle du monde. Oserai-je ajouter toutefois que je les trouve un peu faibles? Oui, et M. Cayla me comprendra, j'en suis sûr. Dans une autre lithographie, on voit un capucin qui confesse une jeune fille, en clignant de l'œil d'un air malin à l'aveu de certains péchés mignons, et en faisant une moue luxurieuse avec sa bouche lippue. Ceci est déjà mieux, sans être encore le dernier effort du genre. Toujours la gaudriole fut l'amie de la libre pensée, et il faut qu'elles marchent de concert et se complètent l'une l'autre pour achever l'émancipation de l'esprit humain, comme l'ont bien compris Rabelais, Voltaire, Diderot, et l'illustre ami de M. Perrotin, feu Béranger.
Les bazars vendent quelquefois, en outre, des almanachs de l'an passé et de petits livres au rabais, choisis parmi les plus instructifs, tels que les Aventures de Cartouche et les Mémoires de Vidocq. Leur population se compose généralement du marchand, de l'aboyeur, et d'un compère qui choisit avec acharnement, s'extasie avec ravissement, achète avec discernement, paye longuement et revient fréquemment.
Çà et là sont aussi installées de petites boutiques de comestibles où l'on débite des fragments de fromages, des fritures mystérieuses au grésillement provocateur, au fumet séduisant; des limonades polonaises, confectionnées avec des détritus de réglisse et des résidus de peau de citron; des crèmes à la vanille à un sou la tasse, et des glaces panachées à deux liards le verre. Généralement ces cuisines en plein vent sont desservies par des Arlésiennes ou des Cauchoises, dont les formes robustes et les bonnets insensés font l'admiration du gamin de Paris.
Aimez-vous la photographie?—Moi non plus,—comme disait Grassot, dont on me permettra d'emprunter en cette rencontre le spirituel langage. Je lui en veux d'avoir multiplié outre mesure les formes du laid. Mais si je n'aime pas la photographie, j'aime les photographes. Je les aime pour leurs longues barbes, leurs prospectus et leur bonne opinion d'eux-mêmes. Ce sont des artistes mitoyens, ni chair, ni poisson, adorés des bourgeois, et très-propres à réconcilier l'art avec les admirations de la masse. Les fruits secs de la peinture, les invalides d'atelier, les incompris des Salons, ont une consolation toute prête en se faisant photographes. L'invention de Daguerre est le champ d'asile des incapacités de l'art. Le métier est fort commode et fort couru, parce qu'il peut, à la rigueur, se passer d'études et d'intelligence, ce qui est toujours une condition facile à remplir.
Le plus grand des photographes connus, comme chacun sait, est Nadar, qui a six pieds de long,—quelques pouces de moins que la girafe. J'en ai découvert un autre dans un rez-de-chaussée du nouveau boulevard Malesherbes, à qui il ne manque, pour être aussi grand que lui, que ce qui manque à Nadar lui-même pour égaler la girafe. Ce n'est pourtant pas son élève: comme mademoiselle Lenormand et le célèbre Moreau, Nadar n'a jamais formé d'élèves. Mais s'il n'a pas d'élèves, il a des rivaux, je l'en préviens, surtout dans cette partie du boulevard de Sébastopol qui s'étend entre la rue Soufflot et la rue des Écoles. Là sont entassés, presque en plein air, une dizaine de photographes, tous plus étonnants les uns que les autres. Je défie M. Courbet de regarder sans enthousiasme leurs montres d'exposition. Ils travaillent dans tous les genres et dans tous les prix. Ce sont eux qui ont créé le portrait à un franc. Le dernier venu, plus audacieux encore, vient de lancer le portrait à vingt-cinq centimes, «le même que celui à un franc,» dit l'affiche. C'est un coup d'éclat et un coup d'État, supérieur à celui qui a illustré M. de Girardin, lorsqu'il créa la presse à quarante francs.
Ces industriels joignent quelquefois à leur art la vente des faux-cols et des cravates. Ils font, au besoin, votre silhouette avec du papier noir découpé, qu'ils collent sur un fond blanc et qu'ils recouvrent d'un verre. Ils vous offrent, au rabais, des portraits de Garibaldi et de mademoiselle Léonie Leblanc, et tout bas, à l'oreille, des vues stéréoscopiques, où les amateurs de ces sortes de choses jouissent du coup d'œil enchanteur de deux jambes de filles déchaussées trois lignes (ou pouces) plus haut que la police ne le permet.
Les comédiennes des divers théâtres de Paris fournissent le principal aliment de ces vues au stéréoscope et des galeries photographiques. On nous les montre dans toutes les postures et sous tous les costumes, faute de pouvoir nous les montrer sans costumes,—idéal suprême dont les régisseurs de spectacles et les photographes se rapprochent sournoisement chaque jour. Puisqu'on les représente ainsi, c'est qu'elles le veulent bien. Non-seulement elles le veulent bien, mais elles en sont enchantées: cela les popularise, c'est leur gloire, c'est un triomphe et une consécration. Elles envoient ces images à leurs amis de cœur et les répandent dans leur famille. La petite sœur y puise un noble sujet d'émulation, la mère en pleure de joie, et les camarades en crèvent de jalousie. Pauvres clowns de la publicité, misérables créatures, mettant toute leur gloire et toute leur âme à être les jouets banals du public, et rivalisant entre elles avec rage à qui lui sera servie le plus souvent, en chair et en os, nues par en haut, nues par en bas, riant, pleurant, grimaçant à volonté, montrant les dents, tirant la langue, faisant l'œil en coulisse, découvrant la gorge, cambrant les hanches, arrondissant la poitrine, en matelotes, en salmis, au beurre noir, à la crapaudine!
Revenons aux photographes des rez-de-chaussée.
Voici une affiche que j'ai copiée à la devanture de l'un d'entre eux:
PHOTOGRAPHIE DES FAMILLES
X***, Piémontais
MENTIONNÉ PAR LE SIÈCLE DU 19 SEPTEMBRE
Élève de M. Disdéri
PHOTOGRAPHE DE S. M. L'EMPEREUR
Rabais de moitié pour MM. les militaires
salon spécial pour les nouveaux mariés
Portraits instantanés
Ressemblants toute la journée.
C'est simple, mais c'est beau.
Le département des charlatans et saltimbanques est le plus curieux de tous. On y trouve des femmes à barbe, des veaux à deux têtes, des sauvages dévorant des carottes crues avec une voracité indomptable, des phénomènes de tout genre, des nains, des géants, et surtout des femmes colosses. Tant qu'il y aura des saltimbanques et des badauds, la femme colosse sera par excellence la grande attraction.
Pour ma part je connais actuellement trois femmes colosses sur le parcours des nouveaux boulevards; je les ai vues, je leur ai parlé. La plus remarquable des trois a dix-huit ans, à ce qu'assure l'affiche, et cette jeune personne pèse 250 kilog. Une annonce mirifique, qui trahit des intentions très-littéraires, occupe les deux côtés de la porte d'entrée:
«Venez voir la magnifique géante, née dans la Nouvelle-Castille, éclose comme une fleur des tropiques sur les bords du Guadalquivir, dont les eaux, semées d'or et d'argent, arrosent les rives enchantées de la belle Andalousie, et baignent Séville, cette superbe capitale, considérée comme la huitième merveille du monde.
«Elle a l'honneur de donner ici ses séances publiques, destinées à toutes les classes de la société, à tous les âges et à tous les sexes.
«La devise de la reine des géantes est politesse, décence et SOURIRE!»
Au-dessus s'étend une toile superbe, une œuvre d'art, signée du nom de Mauclair, le peintre ordinaire de MM. les saltimbanques. Elle représente la reine des géantes en costume de Célimène, un éventail à la main, la robe coquettement retroussée jusqu'au genou, ainsi qu'il se pratique dans le grand monde, et entourée d'un groupe d'hommes comme il faut, de belles dames et d'officiers supérieurs, dont les gestes et les attitudes sont empreints d'une profonde admiration.
Séduit par les sollicitations du pitre, qui a une bonne figure, pleine de candeur et de conviction, j'entrai. Le pitre me présenta à la reine des géantes, qui m'accueillit avec une politesse exquise; il m'assura d'ailleurs qu'elle avait reçu une éducation distinguée.
C'est peut-être elle qui a rédigé l'annonce.
Nous étions seuls. Elle me demanda un cigare. Le pitre m'expliqua que le médecin lui conseillait de fumer pour maigrir.
Un peu plus loin, le grand spectacle oriental vous offre la représentation de la Prise de Pékin. À la porte, un monsieur bien mis, mais râpé, parlant en termes élégants, mais émaillés de cuirs, annonce le spectacle:
«On verra, dit-il avec une fougue entraînante, les colonnes se former en masses serrées pour marcher à l'assaut du palais d'été. On verra les murailles s'écrouler avec fracas. On entendra le bruit de la trompette et du tambour, se mariant à la grande voix du canon.»
Une chandelle d'un sou et des fusées de deux liards représentent à merveille les bombes et les boulets. L'écroulement des murailles se résume en deux morceaux de carton disjoints et renversés à l'aide d'une ficelle; les colonnes serrées se composent de quatre soldats et d'un général découpés tout d'un bloc dans une image d'Épinal et collés sur bois; un bonhomme, poussant devant lui une brouette de papier, montre en action les travaux de sape et de mine de l'armée française; un autre, s'avançant par soubresauts saccadés, figure la fuite du Fils du ciel et de son peuple. Mais quoi! le propre de l'art le plus élevé est justement de faire beaucoup avec peu de chose. Je ne puis me lasser d'admirer le génie du saltimbanque. Vous eussiez donné ces bonshommes, hauts de deux pouces, à M. Victorien Sardou lui-même, qu'il eût été bien embarrassé d'en tirer parti, tandis que le directeur de ce modeste établissement, sans subvention, a trouvé moyen d'en faire sortir successivement la victoire de l'Alma, le siége de Sébastopol, la bataille de Magenta, et saura, au besoin, quand les comédies guerrières ne donneront plus, en tirer le drame du Courrier de Lyon.
On rencontre même parfois des spectacles instructifs et utilitaires, par exemple, ceux des messieurs qui ont inventé quelque chose, qui exposent un nouveau système d'aérostats ou de cabinets inodores.
Il y a quelque temps, un ancien professeur de mathématiques, de plus Allemand, exhibait, dans un rez-de-chaussée du boulevard de Magenta, le flûteur de Vaucanson, revu, perfectionné et augmenté: une femme, assise, avec un larynx en caoutchouc, doué d'une voix qui a une étendue de deux octaves, comme celle des fortes chanteuses, et exécutant toute sorte d'airs avec le timbre et l'accent, je n'ose dire avec l'intelligence d'une prima donna. Cette machine a dû coûter cher, moins cher toutefois qu'il n'en coûte au Conservatoire pour former et à l'Opéra pour payer un premier sujet. Qu'on juge des services qu'elle peut être appelée à rendre, le jour où les directeurs aux abois auront à lutter contre une grève des ténors. Ce tube en caoutchouc serait merveilleux pour les points d'orgue de madame Cabel; et, comme il ne craint pas les courants d'air, qui empêcherait de le faire chanter dans la coulisse, pendant que M. Mario, si souvent enrhumé, se bornerait sur la scène à ouvrir la bouche et à se livrer à une mimique expressive?
Vous trouverez aussi, parmi les saltimbanques utilitaires, des marchands de pommades pour les cheveux et d'onguent pour les cors, s'il est permis de ranger ces artistes parmi les saltimbanques. Vous avez vu sans doute, boulevard de Sébastopol, un pédicure accompagné d'une femme en châle jaune et d'un hibou. Une fenêtre sans vitres leur sert d'encadrement. Tous trois sont graves, mais le hibou est le plus grave des trois. La femme se tient droite et regarde les passants, qui regardent le hibou. Le hibou et le pédicure regardent aussi les passants.
Le pédicure est assis, mais le hibou, comme la femme, se tient perché tout le jour sur ses pattes. Le pédicure a une physionomie engageante. De temps en temps, il se lime les ongles et se cure les dents; alors la foule, toujours amassée devant son étalage, le regarde lui-même avec une curiosité avide. Une grande pancarte, plantée comme une bannière sur le devant de la scène, représente un monsieur très-distingué, un artiste, coupant un cor à une dame avec tant de dextérité et de belles façons que la dame lui sourit d'un air tout à fait heureux. Au-dessous, la légende explique que le pédicure a été admis à l'honneur de soulager un ancien ministre et plusieurs facteurs de la poste aux lettres. Toutes les dix minutes, le pédicure se lève et frappe la pancarte avec une baguette; alors la foule regarde la pancarte,—et c'est tout.
Je voudrais bien savoir à quoi pense la femme du pédicure, à quoi rêve le hibou!
On voit que le pittoresque ne perd jamais entièrement ses droits. Chassé du plein soleil, il trouve un asile dans les coins. Traqué de rue en rue, il s'installe au jour le jour dans des abris provisoires, qu'on lui ferme le lendemain. Il s'accroche partout, et tire parti même de son plus cruel ennemi. Comme le lièvre qui se réfugie entre les jambes du chasseur, le pittoresque aura prolongé sa vie en se précipitant au cœur même de la place, et il aura fait sa dernière apparition et obtenu son dernier triomphe dans les lieux destinés à lui servir de tombeau.