„Je me souviens un peu.“
„Donc ce jour-là Behrens a fait ton portrait transparent!“
„Mon dieu. Et l’as-tu sur toi?“
„Non, je l’ai dans ma chambre.“
„Ah, dans ta chambre. Quant au mien, je l’ai toujours dans mon portefeuille. Veux-tu que je te le fasse voir?“
„Mille remerciements. Ma curiosité n’est pas invincible. Ce sera un aspect très innocent.“
„Moi, j’ai vu ton portrait extérieur. J’aimerais beaucoup mieux voir ton portrait intérieur qui est enfermé dans ta chambre ... Laisse-moi demander autre chose! Parfois un monsieur russe qui loge en ville vient te voir. Qui est-ce? Dans quel but vient-il, cet homme?“
„Tu es joliment fort en espionnage, je l’avoue. Eh bien, je réponds. Oui, c’est un compatriote souffrant, un ami. J’ai fait sa connaissance à une autre station balnéaire, il y a quelques années déjà. Nos relations? Les voilà: nous prenons notre thé ensemble, nous fumons deux ou trois papiros, et nous bavardons, nous philosophons, nous parlons de l’homme, de Dieu, de la vie, de la morale, de mille choses. Voilà mon compte rendu. Es-tu satisfait?“
„De la morale aussi! Et qu’est-ce que vous avez trouvé en fait de morale, par exemple?“