"Nous quittâmes Soissons à six heures et demie du soir, accompagnés des pompiers, qui s'étaient réunis à nous, de plusieurs jeunes gens à cheval et armés, et d'une trentaine d'hommes qui nous servirent d'escorte jusqu'à Villers-Cotterets. Notre sortie se fit au milieu des acclamations de tout le peuple, qui se découvrait devant le drapeau tricolore flottant sur notre première voiture.
"À dix heures, nous étions à Villers-Cotterets; l'escorte de Soissons ne nous quitta que pour nous remettre entre les mains de la garde nationale de cette ville, qui, à son tour, nous accompagna jusqu'à Nanteuil.
"Voilà le récit exact de ce que j'ai cru devoir faire, général, pensant que, si j'allais trop loin, vous le pardonneriez à mon inexpérience diplomatique, et surtout à mon enthousiasme pour une cause dont, pour la troisième fois, vous êtes un des plus nobles soutiens.
"Respect et admiration.
"(Signé)
AL. DUMAS
BARD, rue Saint-Germain-l'Auxerrois, 66, à Paris
HUTIN, rue Richebourg, I, à Soissons
LENOIR-MORAND, capitaine de sapeurs-pompiers, à Veilly
J'atteste la vérité de ce rapport
(Signé) GILLES"
(Extrait du Moniteur du 9 août 1830.)