[64] Page 121.—“‘Je sais tout cela mieux que vous,’ répondit M. de Talleyrand, ‘mais il ne faut pas qu’il en reste de trace dans l’esprit du roi, et c’est pour que l’oubli soit patent que j’ai choisi le duc de Liancourt; c’est l’homme du pays; il y fait du bien à tout le monde, il est placé pour en faire au roi, et je vous proteste qu’il sera bien reçu. Ce qui est passé est passé: la nature n’a pas donné aux hommes d’yeux par derrière, c’est de ce qui est devant qu’il faut s’occuper, et il nous restera encore assez à faire. Mais cependant, si M. de Liancourt trouvait de la difficulté à approcher du Roi? Car on s’accorde à dire qu’il est sous le joug d’un M. de Blacas qui ne laisse aborder que ceux qui lui conviennent. Qu’est-ce que ce Blacas? Je ne sais pas d’où il vient et me soucie assez peu de la savoir. Nous allons entrer dans un régime constitutionnel où le crédit se mesurera sur la capacité. C’est par la tribune et par les affaires que les hommes prendront désormais leur place, et se chargera qui voudra d’épier le moment du lever et de vider les poches du roi à son coucher.’

“M. de Liancourt était en effet parti, et partageant l’illusion de M. de Talleyrand il croyait aller reprendre sans difficulté auprès du roi l’exercice de son ancienne charge de maître de la garderobe. Tous deux avaient notablement compté sans leur hôte. M. de Liancourt ne vit point le roi, mais seulement M. de Blacas, qui le congédia avec la politesse froide qui ne lui manque jamais. Le hasard me fit rencontrer M. de Liancourt au retour, et avant qu’il eût pu voir M. de Talleyrand, je lui demandai comment il avait été reçu. Il me répondit: ‘Mal, très-mal, ou, pour mieux dire, pas du tout. Il y a là un certain M. de Blacas qui garde les avenues et vous croyez bien que je ne me suis pas abaissé à lutter contre; au reste, je crains fort que M. de Talleyrand n’ait donné dans un piège: les princes vont nous revenir les mêmes que lorsqu’ils nous ont quittés.’

“Le roi nous fut bientôt annoncé; les affaires se pressaient les unes sur les autres de telle sorte qu’à peine l’insuccès de M. de Liancourt put effleurer l’attention. Il fallait, toutefois, qu’il eût donné beaucoup à penser à M. de Talleyrand, car il n’en parlait à personne.”

[65] “Mon Dieu, sire, je n’ai rien fait pour cela. C’est quelque chose d’inexplicable que j’ai en moi et qui porte malheur aux gouvernements qui me négligent.”

[66] “But then, my dear M. de Talleyrand, I should be standing, and you seated.”

[67] M. Thiers is of this opinion.

[68] “Madame de Simiane reprit: ‘Il ne s’agit pas de cela; c’était bon du temps de Bonaparte; aujourd’hui il faut mettre dans les ministères des gens de qualité et qui ont à leurs ordres des bons travailleurs qui font les affaires, ce qu’on appele des bouleux.’”—Mémoires de Beugnot, p. 142.

[69] So many and such different accounts are given of the time and manner in which this news arrived, that I merely give the popular, without answering for its being the accurate one.

[70] “Le Conseil s’assemble: il se composait de MM. de Talleyrand, Dambray, de Feltre, de Fancourt, Beurnonville, et moi.

“Après deux mots de M. de Talleyrand sur ce dont le Roi a permis que le Conseil s’occupât, je commence la lecture du projet de la proclamation tel que les corrections l’avaient ajusté. Le Roi me laisse aller jusqu’au bout; puis, et non sans quelque émotion que trahit sa figure, m’ordonne de relire. Quand j’ai fini cette seconde lecture, Monsieur prend la parole; il se plaint avec vivacité des termes dans lesquels cette proclamation est rédigée. On y fait demander pardon au Roi des fautes qu’il a commises; on lui fait dire qu’il s’est laissé entraîner à ses affections, et promettre qu’il aura dans l’avenir une conduite toute différente. De pareilles expressions n’ont qu’un tort, celui d’avilir la royauté; car du reste elles disent trop ou ne disent rien du tout. M. de Talleyrand répond: