"J'ai eu un peu de fièvre dans la nuit, et ce matin je suis calme, mais fatigué. Il ne faut pas t'en alarmer cependant; le voyage et l'exposition réclamaient une réaction, et elle arrive naturellement au premier moment où j'ai la possibilité du repos. Quant au repos, je m'en donne aujourd'hui pleinement; je ne fais rien; mais je me reposerais mieux si tu étais ici pour me dire que tu m'aimes et pour mettre tes douces mains sur mon front. Je deviens par trop dépendant de toi, je voudrais être plus fort—et pourtant je crois qu'on est plus heureux étant triste à cause d'une séparation d'avec la femme aimée que si l'on était insensible à cette séparation. Allons! je ne voudrais pas vendre ma tristesse pour beaucoup! elle s'en ira le jour où je te verrai; en attendant je la garde volontiers."
Then follows a minute description of his lodgings, of Kew itself—the gardens, the river, the different boats upon it—and he concludes:—
"Tiens, voilà que je redeviens un peu gai, ce qui est bon signe; peut- être, quand j'aurai reçu une lettre de toi cela ira mieux. Ainsi, ta-ta, good-bye; embrasse bien les chers enfants pour moi et dis à ma petite Marie que je lui rapporterai une pépem [for poupée, which she could not yet pronounce clearly] ou autre chose de beau."
A few days later:—
"Je suis allé aujourd'hui au musée Britannique continuer mes études. Le système que j'ai adopté parait bon, et ça va bien. Je limite rigoureusement mes travaux en choisissant seulement la crême de la crême des planches.
"Je me suis promené ce soir au jardin de Kew; ces promenades me rendent toujours triste, parce qu'à chaque bel arbre ou jolie fleur, je me figure combien tu en jouirais si tu étais avec moi. Quand on s'est si bien habitué à vivre à deux il est difficile de redevenir garçon. Dans ces moments de tristesse je pense toujours à la séparation éternelle, et au sort de celui de nous qui restera. Enfin j'apprends ici une chose qui me servira toujours, c'est que pour moi maintenant tout est vanité sans toi. J'ai un jardin Royal à ma disposition, des collections d'oeuvres d'art superbes, les plus jolis canots, une belle rivière, de bons livres à lire, du succès avec les éditeurs et une réputation en bonne voie, et pourtant cette existence ne vaut pas la peine de vivre. Il est bon de savoir ces choses là et de se connaître. À Paris où notre existence matérielle était pleine d'ennuis, j'étais pourtant heureux. Il ne faut pas de ton côté être triste parce que je le suis, du moins si tu peux l'éviter. C'est une affaire de deux ou trois semaines, voilà tout. De mon côté je suis si occupé que je n'ai pas le temps de penser à moi- même, et je travaille avec la régularité d'un homme de bureau. C'est lorsque je rentre chez moi que je souffre de ne point t'avoir.
"Quant à ma santé, elle va mieux. Je connais l'état de mon système nerveux et l'effet que le chemin-de-fer lui produit. Aujourd'hui je n'en ai rien ressenti du tout. Quand je suis malade, la vibration et le mouvement des objets me font souffrir un peu."
On the following Sunday:—
"DEAR LITTLE WIFE,—Last night I passed the evening with a set of artists, friends of George Leslie, at the house of one of them, Mr. Hodgson. They acted charades, and as their costumes (from their own ateliers) were numerous and rich, it was very good. Among them were Calderon and Frederick Walker. This morning we all set out for a walk on Hampstead Heath; I have no doubt the walk will do me good, but I am very well now, and feel better every day.
"I called on Rossetti the painter; he lives in a magnificent house, furnished with very great taste, but in the most extraordinary manner. His drawing-room is very large indeed and most curious; the general effect is very good. He was very kind in receiving me, and I saw his pictures, which are splendid in color, and very quaint and strange in sentiment. His own manners are singularly soft and pleasant. I called on Mr. Barlow the engraver, and spent some time with him about the etchings. He will lend me some; Marks will lend me some also. The worst of the way I go on in London now is that society absorbs too much time. I must restrict it in future very much."