“Comme ils étaient à même d’embarquer dans les chaloupes, il leur tomba un détachement de 2 à 300 Anglois. Les Sauvages se joignèrent à ce détachement et ces deux corps faisaient environ 120 hommes qui tinrent pied ferme à l’ennemy.

“Le feu commença de part et d’autre vers les deux heures et dura pendant plus de quatre, les Anglois avoient même

été repoussés deux fois et ils auroient été défaits si dès le commencement de l’action, ceux-ci n’avoient pas envoyé avertir de leurs gens qui étoient à la batterie royale et à la tour et s’il ne leur étoit pas venu à l’entrée de la nuit un party considérable qui commença à vouloir l’entourer.

“Notre détachement voyant qu’il n’y avoit pas moyen de résister et manquant de munitions, plusieurs ayant tiré jusqu’à leur dernier coup, il se retira dans les bois, l’ennemy, supérieur comme il étoit, les poursuivit une partie de la nuit, notre détachement fut contraint de se retirer à Miré et de passer la rivière.

“Nous avons eu en cette occasion deux hommes de tués et environ 20 de blessés ou prisonniers. Monsieur de Beaubassin fut du nombre des blessés, il reçut une balle au gras de la jambre et après une heure et demie de combat, ne pouvant résister à sa blessure, il se retira. Le sieur Koller continua le combat jusqu’à la fin.

“Le dit sieur de Beaubassin, s’étant rendu en ville quelques jours après sixième dans une pirogue, m’informa de ce qui s’étoit passé à l’occasion de son détachement, que le surplus étoit réfugié à Miré où il l’avait laissé sous la conduite de Koller, qu’il lui manquoit des vivres et des munitions de guerre ainsy qu’aux Sauvages.

“Sur ce rapport je fis partir une chaloupe avec 20 quarts de farine et autres vivres et des munitions, tant pour ce détachement, celui de monsieur Marin que j’attendois tous les jours, que pour les Sauvages.

“On trouva Koller avec ses gens, monsieur Marin n’y étoit pas et les Sauvages s’étoient retirés à leur village.

“Koller rentra en ville le 14 juin en chaloupe avec ceux de son détachement et les quelques autres qu’il trouva à Miré, il eût bien de la peine â passer la nuit parmy bâtiments de l’ennemy qui croisoient depuis Gabarrus jusqu’à Escatary.

“Nous avons appris depuis la reddition de la place, par des personnes de probité, que l’ennemy avoit eu au moins 150 homme de tués, et 90 de blessés au choc du petit Lorembec.