“Messieurs les généraux ne voulurent pas répondre par apostille à ces propositions, mais ils me renvoyèrent leur réponse séparée par le dit Sieur de Bonnaventure; cette réponse m’accordoit partie des articles que j’avois demandés, mais ceux qui m’étoient le plus sensible et glorieux, qui étoient ceux de sortir de la Place, avec les honneurs de la guerre, avec arme et bagage, tambour battant et drapeaux déployés, ne s’y trouvoient pas insérés, aussy je leur écrivis sur le champ deux lettres, l’une au chef d’escadre et l’autre au général de terre, que je ne pouvois consentir
à laisser sortir les troupes de la place sans ces articles qui étoient des honneurs dûs à des troupes qui avoient fait leur devoir, que cela accordé je consentois aux articles.
“Messieurs les généraux m’écrivirent en réponse qu’ils accordoient cet article et monsieur Warren augmenta des conditions pour la reddition de l’Isle et de la Place.
“Les ratifications ont été signées de part et d’autre, mais messieurs les généraux Anglois bien loin d’avoir exécuté de leur part la dite capitulation, ainsy que j’ai fait du mien en tout son contenu, ils ont manqué en plusieurs articles.
“Au premier article il est dit que tous les effets mobiliers de tous les sujets du Roy de France qui étoient dans Louisbourg leur seroient laissés et qu’ils auroient la liberté de les emporter avec eux dans tels ports d’Europe de la domination de leur Roy qu’ils jugeront à propos.
“Tous les battiments qui étoient dans le port appartenant aux particuliers, faisaient partie de leurs effets mobiliers, cependant les Anglois s’en sont emparés et les ont garde pour eux.
“Tous les particuliers généralement quelconques qui ont passé en France n’ont pu emporter aucune armoire, chaise, fauteuil, table, bureau, chenets et autres meubles de cette nature, ny même aucune grosse marchandise, messieurs les généraux n’ayant point fourni des battiments pour cela nécessaires, ils n’ont pas été pillés, mais à bien examiner la chose, ne pouvant pas emporter le peu de meubles qu’ils avoient faute de battiments, ils ont éte obligés de les laisser, ce qu’ils ont laissé à Louisbourg est tout comme si on leur avait pillé, à moins que Sa Grandeur ne fasse faire raison par la cour d’Angleterre.
“Ils ont encore manqué à cet article, pendant le temps que j’étois à la colonie; ils ont fait partir à mon insu 436 matelots et particuliers pour Baston; ils étoient embarqués ainsi que les troupes sur des vaisseaux de guerre jusqu’à
leur embarquement pour la France, mais un matin le vaisseau dans lequel ils étoient eut ordre de partir pour Baston, et fit voile.
“J’en fus informé, j’en portai ma plainte, mais cela n’aboutit à autre chose sinon qu’ils n’avoient pu faire autrement faute de vivres et de battiment et qu’on les feroit repasser de Baston en France.