MONITEUR DE L’ARMÉE.

M. Catlin, c’est le nom de cet artiste plein de résolution et de persévérance, a passé huit années au milieu des villages Indiens et sur la prairie; il a connu tous les chefs des tribus et les guerriers les plus renommés; il a assisté aux chasses dangereuses, aux jeux aminés et quelquefois sanglans des sauvages; il a observé leurs coutumes et leurs superstitions; il a recueilli leurs traditions orales, et tout ce qu’il a vu, sous les yeux des Indiens, ses hôtes, et souvent au péril de sa vie, il l’a représenté sur la toile, écrivant ainsi d’après nature toute l’histoire de populations que la guerre, et surtout les liqueurs fortes et la petite vérole, font décroitre d’année en année dans une progression si rapide, que l’on peut prévoir que d’ici à cinquante ans, la civilisation les pressant d’ailleurs et les refoulant vers les montagnes, il ne restera peut-être plus d’elles que de très petits groupes ou des individus isolés destinés à disparaître bientôt de la terre. Les peaux ronges ne pouvant laisser aucune trace durable de leur passage sur le globe,—car si quelques tribus out des cabanes de terre, aucune n’a élevé de monumens qui puissent témoigner de leur existence auprès des générations à venir—les résultats que M. Catlin a si heureusement obtenus dans une entreprise si hasardeuse ne sauraient être trop appréciés par les amis de la science, les ethnographes et les artistes.

QUOTIDIENNE, Paris.

M. Catlin est un peintre plein de conscience et de talent, et un voyageur aussi intrépide qu’intelligent, qui a passé huit ans de sa vie à explorer les tribus sauvages du nord de l’Amérique et les rives du Missouri. Les efforts et les travaux de cet Américain méritent qu’on les examine avec attention, et qu’on les recommande à l’appréciation des artistes et des savans.

GALIGNANI, 1845.

The Catlin Museum.—The utter strangeness of this remarkable exhibition—displaying, it may be said, a living tableau of the customs and habitudes of a race who, while the march of time has been effecting the most extraordinary changes in the great family of mankind, still remain in a primitive state of nature—at first misunderstood by the Parisian public, has now become an object of general and intense curiosity. Mr. Catlin’s collection of the arms and utensils of the various tribes, with their wigwams, the identical habitations which have ere now sheltered them from the tempest in the depths of some North American forest, they carry back the mind, as it were, to the infancy of the human species, “when wild in woods the noble savage ran.” The illusion, for it nearly amounts to that, is wonderfully aided by an examination of Catlin’s sketches, taken upon the spot, and often in the midst of the dangers he has depicted with spirited fidelity. These paintings, boldly and rapidly thrown off, are illustrative of every phase of savage existence. We have to thank Mr. Catlin for an insight into the lives and history of this most interesting race, which has all the charms of the wildest romance, but which books can never supply.

GAZETTE DE FRANCE.