La religion n'inspirait qu'un médiocre respect. La faute en était en partie à ses représentants, en partie à l'esprit général. Un pur formalisme, une étiquette mondaine, telle elle était: rien de plus. Le système était commode; il est resté tel, d'ailleurs, et non pas seulement en Angleterre.

Le mépris des choses religieuses était naturel, et l'exemple partait de haut. Un des frères du roi, le duc de Cambridge, s'était fait une spécialité dans l'irrévérence, en se créant pour lui seul une liturgie, et en répondant personnellement à l'officiant.

"Prions," disait ce dernier à la congrégation.

"Certainement," faisait observer le duc; "c'est cela; prions."

Le clergyman commença. Sans doute, la saison était fort sèche, car il demanda d'abord au ciel d'envoyer de la pluie. Mais le duc l'interrompit:

"Inutile; rien à faire pour le moment, le vent est à l'Est...."

Le service continua par une lecture de la Bible. "Et Zacchée se leva et dit: Vois, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres ..."

"C'est trop, c'est beaucoup trop," interrompit le duc; "des privilèges, si vous voulez, mais pas le reste."

On lit les commandements. Le duc les commente. Il en est deux qui le gênent:

"C'est très bien dit; mais il est des cas où c'est diablement difficile d'obéir.... Ah! pour celui-là, non; c'est mon frère Ernest qui l'a violé; cela ne me regarde pas."