Il était tombé et était resté étendu sur le dos.
Son cadavre fut mutilé la face avait été complètement aplatie et écraseé, très probablement par des coups donnés avec la crosse d’un fusil ou même avec le talon de la chaussure.
Cet acte fut certainement commis par des soldats allemands du 48 regiment d’Infanterie, car six cadavres d’Allemands de ce même régiment furent trouvés à 100 mètres au plus de cet endroit.
Une femme se trouvait sur la route tout près de là. Des qu’elle me vit elle s’approcha de moi et encore sous le coup d’une vive indignation elle me fit le récit suivant:
“Hier, 9 septembre, dans l’après-midi, pendant le combat un soldat fut blessé. Il avait été atteint à une jambe. Malgré sa blessure, il parvint à se traîner jusque chez moi, à la maison que vous voyez sur la colline, au lieu dit Pisseloup.
“Il me parla, je ne le compris pas.
“Je lui fis un premier pansement dès qu’il en eût montré sa blessure et le fis étendre sur mon lit.
“Quelques instants après plusieurs soldats allemands traversèrent la route et vinrent également jusqu’à ma demeure.
“Dès qu’ils virent le soldat anglais qui était blessé, ils le frappèrent, le jetèrent dehors de la maison, où ils le battirent encore avec leurs fusils.
“Je ne sais ce qu’est devenu ce malheureux anglais, mais je pense qu’il a dû être recueilli ou enterré, s’il est mort, par ses compatriotes qui sont passés ici ce matin, out soigne des blessés et enterré quelques-uns des leurs tirés dans le combat de hier.”