"Ce côté de la dite chaîne consiste sur cinquante à cent verstes de largeur, de roche calcaire solide, d'un grain uni, qui tantôt ne contient aucune trace de productions marines, tantôt n'en conserve que des empreintes aussi légères qu'éparses. Cette roche s'élève en montagnes d'une hauteur très-considérable, irrégulières, rapides, et coupées de vallons escarpés. Ses couches, généralement épaisses, ne sont point de niveau, mais très-inclinées à l'horizon, paralleles, pour la plupart, à la direction de la chaîne, qui est aussi ordinairement celle de la bande schisteuse;—au lieu que du côté de l'orient les couches calcaires sont au sens de la chaîne en direction plus ou moins approchante de l'angle droite. L'on trouve dans ces hautes montagnes calcaires de fréquentes grottes et cavernes très-remarquables, tant par leur grandeur que par les belles congélations et crystallizations stalactiques dont elles s'ornent. Quelques-unes de ces grottes ne peuvent être attribuées qu'à quelque bouleversement des couches; d'autres semblent devoir leur origine à l'écoulement des sources souterraines qui ont amolli, rongé et charrié une partie de la roche qui en étoit susceptible.
"En s'éloignant de la chaîne, on voit les couches calcaires s'aplanir assez rapidement, prendre une position horizontale, et devenir abondantes en toute forte de coquillages, de madrépores, et d'autres dépouilles marines. Telles on les voit par-tout dans les vallées les plus basses qui se trouvent aux pieds des montagnes (comme aux environs de la rivière d'Oufal; telles aussi, elles occupent tout l'étendue de la grande Russie, tant en collines qu'en plat pays; solides tantôt et comme semées de productions marines; tantôt toutes composées de coquilles et madrépores brisées, et de ce gravier calcaire qui se trouve toujours sur les parages ou la mer abonde en pareilles productions; tantôt, enfin, dissoutes en craie et en marines, et souvent entremêlées de couches de gravier et de cailloux roulés."
How valuable for science to have naturalists who can distinguish properly what they see, and describe intelligibly that which they distinguish. In this description of the strata, from the chain of mountains here considered as primitive, to the plains of Russia, which are supposed to be of a tertiary formation, our naturalist presents us with another species of strata, which he has distinguished, on the one hand, in relation to the mountains at present in question, and on the other, with regard to the strata in the plains, concerning which there is at present no question at all. Now, let us see how these three things are so connected in their nature, as to form properly the contiguous links of the same chain.
The primary and tertiary masses are bodies perfectly disconnected; and, without a medium by which they might be approached, they would be considered as things differing in all respects, consequently as having their origins of as opposite a nature as are their appearances. But the nature and formation of those bodies are not left in this obscurity; for, the secondary masses, which are interposed, participate so precisely of what is truly opposite and characteristic in the primary and tertiary masses, that it requires nothing more than to see this distinction of things in its true light, to be persuaded, that in those three different things we may perceive a certain gradation, which here takes place among the works of nature, and forms three steps distinguishable by a naturalist, although in reality nothing but the variable measure of similar operations.
We are now to assimilate the primary and tertiary masses, which are so extremely different, by means of the secondary masses, which is the mean. The primary and tertiary differ in the following respects: The one of these contains the relicts of organised bodies which are not observed in the other. But in the species containing these distinguishable bodies, the natural structure and position of the mass is little affected, or not so much as to be called into doubt. This, however, is not the case with the other; the species in which organised bodies do not appear, is in general so indurated or consolidated in its structure, and changed in its position, that this common origin of those masses is by good naturalists, who have also carefully examined them, actually denied. Now, the secondary masses may be considered, not only as intermediate with respect to its actual place, as M. Pallas has represented it, but as uniting together the primary and tertiary, or as participating of the distinguishing characters of the other two. It is homologated with the primitive mountains, in the solidity of its substance and in the position of its strata; with the tertiary species, again, in its containing marks of organised bodies. How far this view of things is consistent with the theory of the earth now given, is submitted to the consideration of the unprejudiced.
Let us see what our learned author has said farther on this subject, (page 65).
"Je dois parler d'un ordre de montagnes très-certainement postérieur aux couches marines, puisque celles-ci, généralement lui servent de base. On n'a point jusqu'ici observé une suite de ces montagnes tertiaires, effet des catastrophes les plus modernes de notre globe, si marquée et si puissante, que celle qui accompagne la chaine Ouralique ou côté occidentale fur tout la longueur. Cette suite de montagnes, pour la plupart composées de grais, de marnes rougeâtres, entremêlées de couches diversement mixtes, forme une chaîne par-tout séparée par une vallée plus ou moins large de la bande de roche calcaire, dont nous avons parlé. Sillonnée et entrecoupée de fréquens vallons, elles s'élève souvent à plus de cent toises perpendiculaires, se répand vers les plaines de la Russie en traînées de collines, qui séparent les rivières, en accompagnant généralement la rive boréale ou occidentale, et dégénère enfin en déserts sableux qui occupent de grands espaces, et s'étendent surtout par longues bandes parallèles aux principales traces qui suivent les cours des rivieres. La principale force de ces montagnes tertiaires est plus près de la chaîne primitive par-tout le gouvernement d'Orenbourg et la Permie, ou elle consiste principalement en grais, et contient un fond inépuisable de mines de cuivre sableuses, argileuses, et autres qui se voient ordinairement dans les couches horizontales. Plus loin, vers la plaine, sont des suites de collines toutes marneuses, qui abondent autant en pierres gypseuses, que les autres en minerais cuivreux. Je n'entre pas dans le détail de celles-ci, qui indiquent sur-tout les sources salines; mais je dois dire des premières, qui abondent le plus et dont les plus hautes élévations des plaines, même celle de Moscou, sont formées, qu'elles contiennent très-peu de traces de productions marines, et jamais des amas entiers de ces corps, tels qu'une mer reposée pendant des siècles de suite a pu les accumuler dans les bancs calcaires. Rien, au contraire, de plus abondant dans ces montagnes de grais stratifié sur l'ancien plan calcaire, que des troncs d'arbres entières et des fragmens de bois pétrifié, souvent minéralisé par le cuivre ou le fer; des impressions de troncs de palmires, de tiges de plantes, de roseau, et de quelques fruits étrangers; enfin des ossemens d'animaux terrestres, si rares dans les couches calcaires. Les bois pétrifiés se trouvent jusques dans les collines de sable de la plaine; l'on en tire, entr'autres, des hauteurs sablonneuses aux environs de Sysran sur la Volga, changés en queux très-fin, qui a conservé jusqu'à la texture organique du bois, et remarquables sur-tout par les traces très-évidentes de ces vers rongeurs qui attaquent les vaisseaux, les pilotis et autres bois trempés dans la mer, et qui sont proprement originaires de la mer des Indes."
This philosopher has now given us a view of what, according to the present fashion of mineral philosophy, he has termed montagnes primitives, secondaires, et tertiaires. The first consists in masses and strata, much indurated and consolidated, and greatly displaced in their position; but the character of which is chiefly taken from this, that they contain not any visible mark of animal or vegetable bodies.
The second are formed in a great measure of marine productions, are often no less consolidated than those of the first class, and frequently no less changed in their natural shape and situation.
The third again have for character, according to this learned theorist, the containing of those organised bodies which are proper to the earth, instead of those which in the second class had belonged to the sea; in other respects, surely there is no essential difference. It is not pretended that these tertiary strata had any other origin, than that of having been deposited in water; it is not so much as suspected, that this water had been any other than that of the sea; the few marine bodies which M. Pallas here acknowledges, goes at least to prove this fact: and with regard to the mineral operations which had been employed in consolidating those water formed strata, it is impossible not to be convinced that every effect visible in the other two are here also to be perceived.