«§ 1064. Les rochers correspondans de l'autre côté du Rhône, ou sur la rive droite de ce fleuve sont aussi calcaires. La montagne qui domine cette rive, un peu au-dessus de St. Maurice, est composée de couches contournées, froissées et repliées de la maniere la plus étrange. Ce qu'il y a encore de remarquable, c'est que ces couches ainsi repliées en ont d'autres à côté d'elles qui sont planes, presque verticales, et d'autres sous elles, qui sont horizontales. Il faudroit avoir observé de près ce singulier rocher, et avoir déterminé comment et jusqu'à quel point ces couches sont unies entr'elles pour former les conjectures sur leur origine. Car la vallée est trop large pour que l'on puisse en juger avec précision d'une rive à l'autre.

«On voit avec peine que cette large vallée soit aussi peu cultivée; elle est presque partout couverte, ou de marais, ou de débris des montagnes voisines.

«§ 1065. Avant de quitter cette vallée, je jetterai un coup-d'oeil général sur la singulière suite de rochers qui composent la chaîne que nous venons d'observer.

«Les deux extrémités sont calcaires, avec cette différence, que celle qui est la plus près de Martigny est mêlée de mica, tandis que celle de St Maurice n'en contient point. Entre ces calcaires sont refermées des rochers que l'on regarde comme primitives; et au milieu de ces roches on trouve des ardoises et des poudingues. On fait que ce dernier genre est ordinairement classé parmi les montagnes tertiaires, ou de la formation la plus récente. Mais ces poudingues-ci, qui ne contiennent aucun fragment de pierre calcaire, qui ne sont même point unis par un gluten calcaire, ne sont vraisemblablement pas postérieures à la formation des montagnes calcaires, ou du moins ils ne doivent point être confondus avec ces grès et ces poudingues de formation nouvelle, qui entrent dans la composition des montagnes du troisième ordre.

«Quant aux ardoises que se trouvent interposées au milieu de ces grès et de ces poudingues, § 1054, elles sont de nature argilleuse, et dans l'ordre des pierres que l'on nomme secondaires.

«Ces ardoises, de même que toutes les pierres de ces montagnes, ont leurs couches dans une situation verticale: mais nous avons vu qu'il y a lieu de croire qu'elles ont été anciennement horizontales.»

It is singularly fortunate that such remarkable appearances, as are found in the rocks of this place, had called the attention of M. de Saussure to investigate a subject so interesting to the present theory; and it is upon this, as well as on many other occasions, that the value of those observations of natural history will appear. They are made by a person eminent for knowledge; and they are recorded with an accuracy and precision which leaves nothing more to be desired.

From Martigny to St. Maurice, about three leagues, there is a most interesting valley of the Rhône, through which this river makes its way from the Vallais, or great valley above, among those mountains which seem to have shut up the Vallais, and through which the river must pass in running to the lake. M. de Saussure found some singular masses, which attracted his attention, in examining the structure of the rocks on the left side of this little valley. Like a true philosopher, and accurate naturalist, he desired to compare what was to be observed in the other side of this valley of the Rhône, which he had found so singular and so interesting on that which he had examined. Accordingly, in Spring 1785, he made a journey for that purpose. In this survey he found the most perfect correspondence between the two sides of this valley, so far as rocks of the same individual species, and precisely in the same order, are found upon the one side and upon the other.

This author, after describing those particular appearances, sums up the evidence which arises from this comparison of the two sides of the valley; and he here gives an example of just reasoning, of accuracy, and impartiality, which, independent of the subject, cannot be read without pleasure and approbation. But when it is considered, that here is a matter of the highest importance to the present theory, or to any other system of geology, no less than a demonstration that the rocks, of which the mountains on both sides of the valley of the Rhône are formed, are the same, and must have been originally continued in one mass, the following observations of our author will be most acceptable to every person who inclines to read upon this subject.

«§ 1079. On voit par cet exposé, que bien que la vallée du Rlione ait dans ce trajet près d'une lieue de largeur moyenne, les montagnes qui la bordent sont en general du même genre, et dans la même situation sur l'une et l'autre rive.