«Cette objection seroit vraie pour la plupart des torrens des Cordillères, mais on observera que la rivière de Bogota quoique froide, est presque stagnante dans bien des endroits, et coule toujours sur de la vase qui en rend les eaux bourbeuses; il est à présumer que, s'il étoit possible d'y tranporter des poissons de nos rivières, ils y réussiroient aussi bien que les autres productions de l'Europe qui se sont naturalisées dans ce pays. Quant à la température constante froide de ces eaux, qui pourroient paroître s'opposer au développement des oeufs du poisson qui habite les rivières des pays chauds, on y respondra par le fait suivant.
«A vingt lieues environ au nord de Santa Fée à la même élévation et à la même température, est un grand lac où l'on trouve des îles habitées, et qui en a paru assez grand pour être indiqué dans les cartes géographiques, si on en savoit les dimensions; c'est le lac de Chiquinquira assez poissonneux pour y faire des pêches abondantes, parce que la rivière qui en sort n'est pas interrompue par des sauts dans son cours jusqu'à la rivière de la Magdelaine; cependant les espèces de poissons qu'on trouve dans ce lac ne sont pas aussi variées que dans cette grande rivière, sans doute à cause de la rapidité du courant, que le poisson ne remonte pas également bien.
«Lorsqu'on gravit sur les montagnes escarpées qui dominent la ville de Santa-Fée, on ne rencontre, depuis leur base jusqu'à leurs sommets, terminés par des rochers de granité, que des bruyère, des fougères, quelques plantes sauvages, etc. et pas un arbre qu'on puisse seulement appeler un boisson excepté dans quelques gorges à l'abri de courans d'air, où l'on en voit quelques-uns dont les plus grands, n'égale pas nos prunières; cette végétation engourdie paraît être due au froid vif et continuel qu'il fait sur ces montagnes; car plus on monte, moins elle se développe, et enfin finit par cesser tout-à-fait: on remarque à la moitié de la hauteur d'une de ces montagnes (à une demi-lieue à peu-près de la ville) une mine de charbon de terre en filon que renferme une rocher entrouvert, dans une situation verticale[27], les torrens y roulent de l'or.»
Footnote 27:[ (return) ] Here is an evidence that those vertical strata, now elevated into the highest stations upon the earth; had been formed originally of the spoils of the land, and deposited at the bottom of the sea.
«Si l'on descend dans la plaine, si l'on remonte sur les collines, toutes à-peu-près de la même hauteur qui sont entièrement séparées des montagnes voisines, et situées dans la direction ou courant des rivières, on remarque aisément qu'elle sont les restes d'une plaine antérieure que les eaux ont dégradée. Au lieu de ces forêts, et de ces boissons qui surchargent bientôt nos campagnes lorsque la main de l'homme cesse de les cultiver, un gazon touffu couvre la plaine et les collines de Santa-Fée d'une verdure agréable sans nul arbrisseau qui puisse en altérer l'uniformité, où les graminée, le plantain, le scorçonnaire, le trèfle, le marrube, la pimprenelle, le pourpier, la patience, le chardon, le raifort, le cresson, la chicorée sauvage, la jonquille, la marguerite, le fraisier, la violette, le serpolet, le thym, et mille autres plantes d'Europe et particulières à ce pays, offrent les variétés les plus piquantes par la beauté des fleurs et I'odeur de leurs parfums; des rochers qu'entourent le rosier ou la ronce, et quelques cavernes que le hazard presente sur ces mêmes collines, en rendent l'aspect pittoresque et délicieux.»
Here is a picture of a country such as we might find in Europe; only it is placed under the line, and elevated above the highest of the frozen summits of the European Alps. We may observe that the same order of things obtains here as in every other place upon the surface of this earth; mountains going into decay; plains formed below from the ruins of the mountains; these plains ruined again, and hills formed in their place; rivers wearing rocks and breaking through the obstacles which had before detained their waters; and a gradual progress of soil from the summits of the continent to the border at the sea, over the fertile surface of the land, successively destroyed and successively renewed.
Here are to be observed two states of country along side of each other, the plain of the Bogota, and the Valley of the Madalena. The courses of the two rivers show the direction of those ridges of mountains which had been raised from the deep; they run south and north, as do those valleys which they drain. At this place we find the valley of the river Cauca, and the valley of the Magdalena parallel to each other, and also to this high plain of the Bogota. Now the waters of this high country, instead of running northward to the sea, as do those of the two valleys below, run both from the south and north until, uniting together, they proceed westward, break the rampard of granite rocks at Tekendama, and fall at once from the high plain down into the valley of the Madalena. Those water formed plains which we perceive subsisting at unequal levels immediately adjoining to each other, while they present us with a view of the degradation of the elevated earth, at the same time illustrate the indefinite duration of a continent; for, we judge not of the progress of things from the actual operations of the surface, which are too slow for the life of man, and too vague for the subject of his history, but from the state of things which we contemplate with a scientific eye, and from the nature of things which we know to be in rule.
In like manner the horizontal situation of the solid strata in the mountains of that low country, while those of the high country are more or less inclined, afford the most instructive view of the internal operations of the globe, by which the Andes had been raised from the bottom of the sea, and of the external operations of the earth by which mountains are formed by the wasting of the elevated surface.
With this description of those high plains upon the north side of the line, let us compare what D. Ulloa has said upon the same subject in describing the continuation of that high country to the south. I shall give it from the best French translation.
It is after describing a cut or narrow ravine in the solid rock with perpendicular sides, about forty yards deep, in which a rivulet runs and the road passes.