A. Thiers.

Lille (Département Du Nord.)”

To this Panizzi replied in a letter which, for its detailed and lucid statement of facts, may really be looked upon as a useful work of reference. Nor will the reader, we imagine, be inclined to think the comments of the writer on the doings of Guizot and of his accomplice (for so we will venture to call him), Count Bresson, French Minister at Madrid, one whit too severe:—

Nov., 1846.

Mon cher Monsieur et Ami,

Les pièces que vous trouverez ci-jointes ont été imprimées pour être portées à la connaissance des légations britanniques à l’étranger: j’ai eu le bonheur de m’en procurer un exemplaire que j’ai le plaisir de vous envoyer, avec la certitude que vous en ferez un usage réservé, et qu’elles vous mettront à même de juger la conduite des deux Gouvernements Français et Anglais; par la date de la dernière dépêche, vous verrez que je ne pouvais pas vous les envoyer plus tôt.

J’ajouterai aux faits principaux, que vous trouverez consignés d’une manière authentique dans ces pièces, le récit de quelques autres circonstances, sinon tout à fait aussi importantes à connaître, au moins très-intéressantes, et sur l’authenticité desquelles vous pouvez également compter.

Ce fut en 1842 que le roi envoya vers le Gouvernement Anglais le Maréchal Sébastiani, pour obtenir son consentement au mariage de la Reine d’Espagne avec un descendant de Philippe V. Le Roi tenait beaucoup à persuader à ce Gouvernement que la France ne lui pardonnerait jamais de permettre un mariage quelconque dont l’effet serait de faire monter sur le trône d’Espagne tout autre que le descendant d’un Bourbon de la branche Espagnole. Le Gouvernement Anglais, dès lors, adopta la ligne de politique de laquelle il ne s’est jamais écarté après: Il exprima son indifférence à ce que la Reine choisît son époux parmi non-seulement les princes issus de Philippe V., mais de toute autre maison qui aurait été plus agréable à S. M. Catholique et à son peuple, excepté seulement un Prince Français. En se limitant à un descendant de Philippe V., le Roi excluait, par cela même, ses propres enfants aussi bien que ceux des autres maisons princières; le Gouvernement Anglais, au contraire, limitait ses objections aux premiers seulement.

Pendant toutes les négociations qui eurent lieu, soit à l’égard du Comte de Trapani que de Montemolin, la conduite de l’Angleterre ne s’est jamais démentie.

Lors de la visite de la Reine d’Angleterre au Château d’Eu, en 1845, S. M. Britannique aussi bien que Lord Aberdeen acceptèrent la proposition formelle et absolue, qui leur fut faite par le roi et son ministre de leur propre gré, à savoir: que la Reine d’Espagne n’épouserait pas un enfant de France (est-ce que cette phrase féodale vous fait frissonner), et que dans tout cas le Duc de Montpensier n’épouserait pas l’Infante avant que la Reine sa sœur n’eût mis au monde DES ENFANTS (au pluriel). Ni la Reine Victoria ni Lord Aberdeen se lièrent plus qu’ils ne l’étaient auparavant, soit à limiter le choix de la Reine d’Espagne à un descendant de Philippe V., à qui le Roi des Français tenait toujours, soit à admettre que l’Infante épouserait—même après que la condition proposée par Louis Philippe et son Ministre aurait été remplie—le Duc de Montpensier, sans objection de la part de l’Angleterre. Lord Aberdeen admettait implicitement que ce mariage serait l’objet de négociations ultérieures, après que la Reine Isabelle eût eu des enfants; il ajouta même en propres termes que cette condition préalable diminuait les objections du Gouvernement Anglais; ce qui veut dire que l’on en avait encore. Lord Aberdeen fit part de ce qui s’était passé à Sir R. Peel, qui approuva particulièrement la réserve que son collègue Ministre des Affaires étrangères avait mise dans sa conduite. Je vous dis cela pour vous mettre à même de juger de l’uniformité des vues des hommes d’Etat de l’Angleterre sur cette question.