“23 Juin, 1865.
“L’Empereur nous a conté son voyage dont il paraît enchanté. Ne trouvez vous pas extraordinaire qu’après avoir eu quatre ou cinq cents mille hommes tués par les chrétiens, après avoir eu beaucoup de leurs femmes violées, après avoir perdu leur autonomie et je ne sais combiens d’items, les arabes aient reçu si admirablement le chef des gens qui ont fait tout cela. Sa Majesté est allée dans le grand désert avec une vingtaine de Français, tout au plus et est restée quarante-huit heures au milieu de quinze à vingt mille Sahariens qui lui ont tiré des coups de fusil aux oreilles (c’est la manière de saluer du pays) et ont nettoyé ses bottes avec leurs barbes. Pas un seul n’a montré la moindre revanche. On lui a donné des bœufs entiers rôtis, on lui a fait manger des autruches et je ne sais quelles autres bêtes impossibles, mais partout il a été reçu comme un souverain aimé. Il en est très fier et très content. Il m’a demandé de vos nouvelles. Je n’ai pas dit un mot de vos projets.”
To enter now on more serious matters. The Nemesis of France governed for so many years on the panem and circenses system, and corrupted to the core, must have been hard to face, when the day of trial came for Napoleon III.
“Paris, 11 Août, 1870.
“J’ai vu avant-hier l’Impératrice. Elle est ferme comme un roc, bien qu’elle ne se dissimule pas toute l’horreur de sa situation. Je ne doute pas que l’Empereur ne se fasse tuer, car il ne peut rentrer ici que vainqueur et une victoire est impossible. Rien de prêt chez nous. Tout manque à la fois. Partout, du désordre. Si nous avions des généraux et des ministres rien ne serait perdu, car il y a certainement beaucoup d’enthousiasme et de patriotisme dans le pays. Mais avec l’anarchie, les meilleurs éléments ne servent de rien. Paris est tranquille, mais si on distribue des armes aux faubourgs comme le demande Jules Favre, c’est une nouvelle armée prussienne que nous avons sur les bras.”
Concerning the unfortunate Prince Imperial, Mérimée’s letters contain a good deal of matter which in these days assumes a very melancholy complexion, more especially in adverting to that fair promise of success, both in arts and arms, which his early life indicated:—
“Paris, 23 Juin, 1865.
“Votre favori le Prince, que vous ne reconnaîtriez plus, taut il est grandi et formé, a les dispositions les plus extraordinaires pour la sculpture. Un artiste nommé Carpeaux,[[K]] qui a beaucoup de talent, a fait son portrait; lorsqu’il l’a vu pétrir de la terre glaise, il a naturellement eu envie de mettre la main à la pâte et a fait un portrait de son père, qui est atrocement ressemblant; mais bien que ce soit gâché comme un bon homme de mie de pain, l’observation des proportions est extraordinaire. Il a fait encore un combat d’un cavalier contre un fantassin plein de mouvement. On voit qu’il sait manier un cheval et qu’il a appris l’escrime à la bayonnette. Mais le plus extraordinaire c’est le portrait de son précepteur, M. Mounier, que vous aimez tant. Je vous jure que vous le reconnaîtriez d’un bout de la court du British Museum à l’autre. Ce ne sont pas seulement ses traits, mais son expression. Tout le génie de l’homme se révèle dans ses yeux, son nez, et ses moustaches. Je suis sûr qu’il y a peu de sculpteurs de profession qui pourraient en faire autant.”
[K]. Jean Baptiste Carpeaux, born at Valenciennes (1827-1875). Studied under Rude, Duret, and Abel de Pujol. In 1854 he took the prix de Rome. In 1865 he was commissioned to decorate the Pavilion of Flora in the Louvre; he there executed one of his larger works, called “Imperial France bringing Light to the World, and protecting Agriculture and Science.” In 1869 his group of “Dancers” was placed on the façade of the New Opera at Paris. It will be remembered that in the night of August 27, 1869, the work was disfigured by having a corrosive ink thrown over it. The spots were removed.