2. Que sa population, composée d'environ 15/m. âmes, parmi lesquelles on compte à peine un millier de Chrétiens appartenant à diverses communions, n'offre guère d'éléments propres à la formation d'une administration municipale indigène, digne de quelque confiance, sous le rapport politique ou religieux.
3. Que l'éloignement des côtes de la mer, distantes de la ville de près de deux journées de marche à travers une route escarpée et déserte, ne permettrait pas aux bâtiments de guerre Européens de prendre sous la protection de leurs canons la défense de la cité et de ses habitants.
4. Que la population Musulmane et Arabe établie depuis des siècles dans le pays et qui possède dans la seule ville de Jérusalem plus de trente mosquées, ainsi que le fameux temple de Salomon que les premiers califes conquérants ont rebâti, s'assujettiraient difficilement à un Gouvernement Chrétien quelconque, qui ne disposerait pas de beaucoup de ressources et d'une forte garnison, pour en imposer aux hordes des Bédouins et pour réduire par les armes tout ce qui s'opposerait au nouvel ordre de choses.
Les mêmes rapports signalent, sous les plus tristes couleurs, la désunion profonde et la rivalité incessante qui existe entre les Chrétiens des diverses communions, admis à l'adoration du St. Sépulcre et dont les scandaleuses dissensions, loin d'être amorties ou contenues par la sainteté du lieu, y ont éclaté souvent avec une vivacité haîneuse et une obstination fanatique que la présence des autorités Musulmanes pouvait seule contenir dans de certaines bornes.
Nous savons enfin de manière à ne pas pouvoir en douter que les religieux Latins, pour la plupart Espagnols et Portugais d'origine, et qui, durant leur mission en terre sainte, se trouvent sous la protection spéciale de la France, sont les principaux fauteurs de cette rivalité si peu évangélique, en s'élevant sans cesse des prétentions sur la possession exclusive et la garde du St. Sépulcre et en invoquant en leur faveur les traités de François I avec la Porte et même les souvenirs des Baudouin et de Godefroi.
Enclosure in Russian Mem. of October 1840.
1. Publication d'un nouveau Hatti Schérif avec pleine confirmation de tous ceux qui ont été émanés sous les règnes antérieurs en faveur de l'Église et du Clergé de Jérusalem.
2. Nomination d'un Pacha ou moschir de la Palestine, homme de sens et de justice, qui fixerait sa résidence, soit à Jérusalem, soit à Jaffa, avec une autorité civile et militaire, suffisante pour y maintenir le bon ordre et pour faire respecter les lieux de sa jurisdiction par les Bédouins du désert qui, n'étant plus contenus par la crainte des troupes Égyptiennes, recommenceront probablement bientôt leurs brigandages habituels sur les couvents Chrétiens des environs de Jérusalem et sur les caravanes des pèlerins que la dévotion appelle des pays les plus éloignés.
3. Défense positive au Clergé Grec comme à celui des Catholiques et des Arméniens, de renouveler leurs dissensions anciennes et souvent puériles en cherchant à se calomnier mutuellement et à s'exclure des églises et des oratoires, dont les Hatti Chériffs précités ont fixé la possession à chacune de ces communautés.
4. Défense sévère au Mollah et au Cadi de Jérusalem de rançonner les religieux et les supérieurs des couvens, toutes les fois que ces ecclésiastiques ont recours à la justice locale, ou qu'ils cherchent à se disculper de quelque avanie.