5. La crainte de ces mêmes avanies et les frais considérables d'installation, auxquels étaient exposés les patriarches de Jérusalem toutes les fois qu'ils se rendaient dans leur diocèse, ayant obligé depuis quelques années ces prélats à séjourner à Constantinople, en laissant à leurs vicaires le gouvernement de leur église, la Porte ferait aujourd'hui un acte de politique et d'équité à la fois, en accordant au patriarche actuel d'autorisation et les facilités dont il peut avoir besoin, pour se rendre sur les lieux de sa jurisdiction spirituelle, et veiller de près à la discipline de ses subordonnés et au redressement des désordres ou des abus, que les troubles récens et les changemens politiques survenus dans ces contrés, peuvent y avoir introduits.
6. Toute innovation dans l'antique hiérarchie de l'église d'Orient serait rejeté comme dangereuse et inutile et toute réclamation de priorité ou de privilège de la part des religieux des autres communions, ne serait admise qu'après un examen impartial et approfondi de la question. Dans les cas de cette nature, il semblerait que le tribunal le plus compétent, à en juger, serait une commission ou conseil du Gouverneur de la province, du patriarche de Jérusalem, ou en son absence, de son vicaire, du supérieur des ecclésiastiques Arméniens et d'un commissaire ad hoc, choisi et nommé par la Porte parmi les prélats les mieux réputés de la nation Grecque établis à Constantinople.
Ce conseil pourrait aussi fixer aux deservans des cultes respectifs, les heures des prières et des cérémonies, en régularisant d'une manière équitable et définitive ce point qui a été souvent un sujet de litige et qui a même occasionné des rixes scandaleuses dans l'enceinte d'un Temple, où l'union et l'humilité devraient règner constamment.
7. La réparation des églises et des couvens ruinés ou endommagés par le temps et les incendies, sera permise par les autorités locales, toutes les fois que les supérieurs de ces communautés en demanderont l'autorisation, et le Gouvernement n'exigera pas dans ces occasions des cadeaux ou des bénéfices arbitraires.
8. Défense sévère serait faite aux soldats Turcs préposés à la garde des portes de l'église qui renferme le Saint Sépulcre, de s'introduire dans l'antérieur du temple, sous prétexte d'y faire la police. Ces gardiens recevraient également l'ordre de témoigner tous les égards et tout le respect qui sont dûs au patriarche et à ses délégués.
9. Pour ce qui concerne plus spécialement les pèlerins Russes qui visitent chaque année les lieux saintes, la sublime Porte serait invitée à prescrire à ces officiers civils et militaires de leur accorder toute protection et assistance. Et afin que ces voyageurs, étrangers pour la plupart aux usages et à la langue du pays, ne soient exposés à des avanies ou à des retards dans l'accomplissement de leurs vœux, le consul de S.M. Impériale résidant à Jaffa aura l'autorisation d'accompagner, toutes les fois qu'il le jugera nécessaire, la caravane des pèlerins de sa nation et de veiller sur eux pendant le tems de leur séjour à Jérusalem.
10. Les religieux de la plupart des nations chrétiennes possèdent à Jérusalem des établissements pieux où ils se réunissent, soit pour y demeurer, soit pour y célébrer les cérémonies de leur rit dans leur propre langue.
Les ecclésiastiques Russes sont seuls privés de cet avantage, et doivent par conséquent recourir, toutes les fois qu'ils visitent la terre sainte, à l'hospitalité et à l'assistance spirituelle de leurs co-religionaires les ecclésiastiques Grecs. Il serait de toute justice que la Porte autorisât le Patriarche d'assigner une des églises ou monastères de la ville à l'usage exclusif du clergé et des pèlerins Russes, et que les autorités civiles et militaires du pays eussent l'ordre précis de reconnaître et de respecter cet établissement, comme étant placé sous la protection spéciale de la Russie et sur le surveillance de son Consul.
Memorandum delivered by the Austrian Government to the Prussian Government in October 1840.
Les succès obtenus en Syrie qui ont amené la soumission de Méhémet Ali et la détermination de Sa Hautesse de la faire suivre par l'investiture du Pacha d'Egypte du Gouvernement héréditaire de cette Province viennent de mettre au grand jour le résultat vers lequel tendaient les transactions de Londres, dictées par les vœux uniformes des Puissances Chrétiennes, d'assurer la paix politique de l'Europe par le maintien de l'indépendance et de l'intégrité de l'Empire Ottoman qui devait ressortir du règlement définitif des rapports entre la Sublime Porte et le Gouvernement de l'Egypte. La Syrie qui avait été placée pendant quelque tems sous la domination de ce dernier et avait offert aux étrangers une sécurité analogue à celle qu'ils trouvaient en Egypte, pendant que la population indigène Syrienne se voyant assimilée à celle de cette province et menacée de perdre toutes les conditions d'un état social tout différent et basé sur des lois positives, des transactions historiques et des habitudes gouvernementales garantissant la propriété, la liberté du commerce, &c., &c.; la Syrie rentrée maintenant par les succès des armées du Sultan et de ses alliés sous la domination du Grand Seigneur, réclame les soins les plus assidus du Gouvernement Ottoman, afin d'ôter tout prétexte raisonnable à ceux qui voudraient déverser un blâme sur les résultats obtenus en 1840, en alléguant que la condition de cette Province intéressante, aurait empiré à leur suite.