Un homme ayarit écrit à sa maitresse, avoit glissé le billet sous la porte, et puis s’avisant que la fille ne pourroit pas s’en appercevoir il en écrivit un autre en ces termes, “J’ai mis un billet sous votre porte; prenez-y garde quand vous sortirez.”

Un homme étant sur le point de marier sa fille unique, se brouille avec le prétendant, et dans sa colere il dit, “Non, monsieur, vous ne serez jamais mon gendre, et quand j’aurois cent filles uniques, je ne vous en donnerois pas une.

On avoit reçu à la grande poste une lettre avec cette adresse, à Monsieur mon fils, Rue, &c. On alloit la mettre au rebut; un commis s’y oppose, et dit qu’on trouvera à qui la lettre s’adresse. Dix ou douze jours se passent. On voit arriver un grand benêt, qui dit, “Messieurs, je viens savoir si on n’auroit pas garde ici une lettre de mon cher père?” “Oui, monsieur,” lui dit le commis, “la voilà.” On prête ce trait à Bouret, fermier général.

Milord Albemarle étant aux eaux d’Aix-la-Chapelle, et ne voulant pas être connu, ordonna a un negre qui le servoit, si on lui demandoit qui étoit son maitre, de dire qu’il étoit Frangois. On ne manqua pas de faire la question an noir, qui répondit, “Mon maître est Franpois, et mot aussi.”

Un marchand, en finissant d’écrire une lettre à un de ses correspondans, mourut subitement. Son commis ajouta en P.S. “Depuis ma lettre écrite je suis mort ce matin. Mardi an soir 7ème,” &c.

Un petit marchand prétendoit avoir acheté trois sols ce qu’il vendoit pour deux. On lui représente que ce commerce le ruinera—“Ah,” dit-il, “je me sauve sur la quantité.”

Le chevalier de Lorenzi, étant à Florence, étoit allé se promener avec trois de ses amis à quelques lieues de la ville, à pied. Ils revenoient fort las; la nuit approchoit; il veut se reposer: on lui dit qu’il restoit quatres milles à faire—“Oh,” dit-il, “nous sommes quatres; ce n’est qu’un mille chacun.”

On pretend qu’un fermier général voulant s’éviter l’ennui ou s’épargner les frais des lettres dont on l’accabloit au nouvel an, écrivoit au mois de Décembre à tous les employés de son département qu’il les dispensoit du cérémonial, et que ceux-ci lui réponderoient pour l’assurer qu’ils se conformeroient à ses ordres.

Maupertuis faisoit instruire un perroquet par son laquais, et vouloit qu’on lui apprit des mots extraordinaires. Depuis deux ans le laquais, enseignoit à l’animal à dire monomotapa, et le perroquet n’en disoit que des syllabes séparées. Maupertuis faisoit des reproches au laquais; “Oh, monsieur,” dit celui-ci, “cela ne va pas si vîte; je lui ai d’abord appris mo et puis no.” “Vous êtes un bête,” dit Maupertuis, “il faut lui dire le mot entier.” “Monsieur,” reprend le laquais, “il faut lui donner le temps de comprendre.”

Il y a en Italien une lettre pleine de spropositi assez plaisans. Un homme écrit à son ami, “Abbiamo avuto un famosissimo tremoto, che se per la misericordia de Dio avesse durato una mezza hora di piu, saremmo tutti andati al paradiso, che Dio ce ne liberi. Vi mando quatordici pere, e sono tutti boni cristiani. A questa fiéra i porci sono saliti al cielo. O ricevete, o non ricevete questa, datemene aviso.”