= Le e-book est-il une ardoise magique ou un soft?
Quand on fréquente tous ces softs, on s'aperçoit d'une confusion qui me semble soigneusement entretenue. Qu'entend-on exactement par e-book? Personne n'est capable de répondre à cette question toute simple. Personnellement, et j'ai ouvert ma réflexion par ça, je voyais le petit objet portable sur lequel on lit des livres numérisés. Sur le site Microsoft et celui d'Adobe c'est plutôt le soft qui permet de lire ces livres, tandis que sur ceux d'Amazon.com, de Barnes & Noble, et des autres vendeurs de "contenu" en ligne, l'e-book, c'est tout simplement les livres qu'on vend. Et encore, Amazon.com ne vend son "contenu" qu'en Microsoft Reader, et si chez d'autres le choix est plus grand, ces "contenus" paraissent un peu "prétextes commerciaux". Chez 00h00, on ne vend que du Rocket eBook, hormis bien sûr, le PDF dont ils sont les pionniers. Par contre, chez PeanutPress.com, vendeurs d'ouvrages du commerce on a même droit au… Peanut Reader! Et d'autres initiatives voient le jour, genre édition à compte d'auteur chez Publibook.com, qui permet pour un forfait modique d'être vendu sur le site en format papier et en format Palm Pilot et Rocket eBook. Certes, ils allouent à l'auteur entre 18 et 36% des ventes, mais au milieu d'un catalogue qui pourrait aller jusqu'à 6 millions d'auteurs, sans critères, sans références, n'est-ce pas un peu une manière "d'arnaque classique" du compte d'auteur adaptée au net? A voir. Initiative peut-être plus riche, celle d'Olympio.com, initiée par Françoise Bourdin, qui suit un peu mieux les auteurs qu'ils publient, mais dont le Reader Olympio (était-ce bien utile?) ne marche pas si bien, dit-on. Quelle importance, me direz-vous? Tout d'abord, on constate que des plus gros vendeurs aux initiatives marginales, tous ne s'intéressent qu'assez peu à l'objet e-book. Ils ont l'air de se contenter de "vendre" du soft et les livres qui vont avec… Certes les softs sont gratuits, mais est-ce encore la tendance actuelle du Nasdaq? Dans la réalité actuelle du marché, cela revient majoritairement à charger le livre choisi sur son ordinateur fixe. Or qui va lire un livre pendu à son ordinateur fixe, à moins de l'imprimer, pendant un temps plus ou moins long, selon le type d'installation et d'imprimante? Moi quand je lis, j'aime lire n'importe où, dans n'importe quelle position, dans l'escalier, dans le métro, aux… Partout quoi. Donc, pour vraiment démarrer, les e-books devraient impérativement être portables. Et bien, figurez-vous que ces portables ont chacun leurs softs (tous dérivés de l'Open eBook semble-t-il). On ne choisit pas son application. Pour peu qu'elles soient trop rigides, et on regrette son achat. Le seul fait de penser qu'on risque de regretter son achat n'est pas très bon pour les chiffres de ventes… D'où l'importance de la fluidité du soft. Et de sa compatibilité! On a l'air parti vers le terminal dédié non seulement à la lecture exclusivement, mais à la lecture via un soft dédié à l'appareil exclusivement. Donc, celui qui maîtrise le contenu sur le soft qui se vendra le mieux (hi Bill)… On tourne en rond, voilà pourquoi je pense la confusion soigneusement entretenue. Celui qui possède le plus grand nombre de livres en "droits numériques" vendra le plus de soft, de books, et d'appareils… La concurrence va bientôt faire rage dans le domaine des achats de droits, si elle ne le fait pas déjà. Et le Rocket eBook de Gemstar, il n'était pas sensé avoir rejoint l'Open eBook? Parce que la première pub, ici, c'est "no scrolling!"… Or, sur 00h00, ceux qui ont essayé le Rocket eBook expliquent comme il est agréable de faire défiler les pages du livre qu'ils lisent. Ce mode "tourner la page", ressemble à une fonction hypertexte déguisée en "la" fonction "livre" la plus classique. En fait, comme les autres, cet e-book a son propre système de lecture (le RCA REB 1100) inclus dans la machine. Moi, on l'a vu, je suis plutôt "scrolling"… Chez Microsoft (j'écris en Word, et oui, personne n'est parfait…), je choisis plutôt la "view" normale plutôt que celle à la "page", et je "scrolle", je "scrolle". Très souvent, en HTML, plutôt que de cliquer l'hyperlien pour le chapitre suivant, je scrolle… Peut-être est-ce que je trouve plus important de réserver les hyperliens à des fonctions plus évoluées? Ou cela me permet-il de survoler le texte et d'accrocher des mots au passage, comme une première familiarisation avec les propositions de l'auteur? Je ne sais pas très bien. Evidemment si le texte nous fait des centaines de pages… Tandis que dans tous ces logiciels, les hyperliens nous sont présentés comme outils de navigation. Chapitres suivants, mots-clés, notes de bas de page, même les signets en sont. Bien, très bien même, pratique, ça roule, rien à dire. Mais un peu autiste, non? Dans les démos téléchargeables, on finit très vite par tourner en rond. Chez Open eBook, outre la navigation, chapitre, etc…, les liens sont présentés en plus comme des références à des publications en ligne. Simplement, quand on lit sur un e-book portable, on est censé être hors ligne, donc ces liens donnent sur… le vide! Impressionnant! Un peu schizophrène aussi. Quelques systèmes plus intelligents, comme le Franklin Reader, proposent des versions pour… Palm Pilot. Version qui dans ce cas précis risque de concurrencer son propre eBookMan, dont le nom est assez bien choisi, remember walkman, discman… Il est censé sortir en février, mais les informations diffèrent selon les sources. Il est en tout cas en précommande (voir Amazon.com). Quoiqu'il en soit, le gros avantage de charger une version e-book sur son organisateur, c'est que dans un avenir très proche, avec l'UMTS, il sera relié à un réseau fiable en permanence. Déjà, au Japon, la génération actuelle de téléphone portable relié au réseau permet la lecture (par i-mode l'intermédiaire entre le Wap et l'UMTS), et c'est un des "top succès 2000": 15 millions de Japonais l'utilisent. Par contre, nulle part ces hyperliens ne sont présentés comme vecteurs de sens. Sans doute est-il trop tôt… Et oui, c'est du contenu…
= Parlons maintenant du contenu.
Bon, ça va, on va en parler du contenu, je sens que vous insistez. Dans l'état actuel des choses surtout telles qu'amorcées plus haut, le contenu, c'est "la" killer application à trouver! C'est l'eldorado du 3è millénaire, dont on est sûr qu'il durera mille ans, lui: c'est "le" millénaire du siècle! Tous ceux qui s'occupent de contenu se regardent en chien de fusil, dans l'attente de la fin de ce misérable "effet Bush" qui freine le Nasdaq. Et chacun d'être sûr qu'il la détient, cette killer application. La concurrence! Les yeux braqués sur l'immédiat, y en a-t-il un qui se penchera sur les véritables trésors entassés depuis des millénaires dans les bibliothèques du savoir? Et qui cherchera à le diffuser dans les réseaux? A voir les millions de pages non référencées par les moteurs de recherche les plus courants, dont je parlais dans mon précédent entretien, ça m'étonnerait. Quoique… Tous ce qui se dit dans les sites, forums et actes de colloques autour du livre numérique depuis 1998, à l'initiative de différents pouvoirs publics (ministère de la culture, mission interministérielle), et de référents en la matière (00h00, Cytale…), tous jurent la main sur le coeur avoir cette perspective comme but ultime. Et en effet, il semble que la numérisation du domaine public soit en bonne voie. Mais pour ceux qui cherchent à télécharger gratuitement ce type d'oeuvre, où sont les références? Qui aura le courage d'inventer "le Napster, le Gnutella" de la pensée? Et ce, en toutes les langues? Qu'on ne se laisse pas paralyser par les actions d'une justice qui a montré ses limites en se choisissant souverainement son dirigeant suprême, le procès Napster est bien celui de puissantes multinationales et non celui de pauvres auteurs spoliés. Elles détiennent la musique, le cinéma, mais pas la pensée… Les bibliothèques publiques peuvent encore avoir leur mot à dire. Seulement, ils font peur ces quelques commerçants défendant leur beefsteak - littéralement, leur morceau de boeuf - ici, leur part de marché. Elle n'est pas si négligeable, si elle permet aux artistes actuels de vivre de leur talent. Mais ça s'arrête là. Leurs actions deviennent écoeurantes lorsqu'elles se mêlent de breveter le vivant. Les grands penseurs du passé doivent pouvoir rester vivants. Il est donc hors de question de les nourrir de leur propre chair, sous forme de farine littéraire, si vous voyez ce que je veux dire… Surfez donc sur les sites de vendeurs de contenu: tous proposent de télécharger gratuitement des "oeuvres", et quelles oeuvres! Si on aime les petites nouvelles genre Reader's Digest, ou les vieux Sherlock Holmes à deux sous… Bref, on devrait pouvoir se connecter pour capter ce que l'on veut des grandes oeuvres de toujours. Dans ce cas, je ne vois pas ce qu'il y aurait de rébarbatif à acheter les derniers trucs à la mode, ceux qui sont présentés dans toutes ces libraires amazoniaques en ligne. Ces quelques envolées lyriques pour signaler à qui de droit que l'ardoise magique peut toujours permettre d'éduquer les masses, comme à l'époque glorieuse de la 3è (république, pas internationale, ni millénaire d'ailleurs, ce serait "le"…). Qui aura le courage (financier) de mettre en place une structure simple de contact entre ces applications e-book, et ce contenu encore totalement libre de droit que constituent les millions de pages littéraires, scientifiques, philosophiques disponible sur le net à qui voudrait aller les chercher. Franchement, il faudrait les déboguer, ces pages, c'est peut-être là qu'il se cache, le "bug" de l'an 2000, dont on a tous oublié jusqu'à l'existence… Terra incognita, on parlait d'Eldorado, tout à l'heure… C'est de ce genre de truc que je parle, quand je parle de killer application. En ce sens, l'objet e-book aurait plutôt intérêt à bénéficier d'un disque dur solide, sur le modèle du Juke Box Nomad MP3 de Creative, qui bénéficie d'un disque dur de 6 giga, permettant de charger en MP3 environ 100 heures de musique (70 CD!), une aubaine pour les adeptes du "peer to peer"; musical. Je ne sais pas si les jeunes vont adorer, mais le genre "laisse tomber l'ordinateur de papa, et grâce à ton ardoise magique, prépare ton cours par téléchargement direct", ça devrait le faire… Question de communication intelligente. De toute façon, si personne ne le fait, ça se fera tout seul, via le "peer to peer", ce procédé mis au point justement par les "Napster" et autres "Gnutella". Et ce sera pire pour les détenteurs de droits, tant pis pour eux… Que fait la mission interministérielle? Si ce n'est pas de l'exception culturelle, ça…
= Comment sécuriser le contenu?
En matière de multilinguisme sur le net, ce sont surtout les traductions d'un code d'identification à l'autre qui règnent. C'est à dire des trucs du genre ISAN (international standard audiovisual number), UMID (unique material identification) et surtout DOI (digital object identifier), qui a certainement son utilité d'identification lorsqu'on charge le dernier truc à la mode. Ce type de vente en ligne est censé faire fonctionner le bazar, on est bien obligé de le constater, mais le côté policier de son identification devrait s'arrêter en même temps que la notoriété du "tube littéraire". Question de choix de société. Texte qui devrait être ensuite échangeable sous d'autres modalités financières, avant d'entrer dans un domaine public plus ouvert. Les modalités proposées aujourd'hui impliquent un vecteur de transmission de la culture qui identifie un peu trop son consommateur. Ce qui représente un danger, quand on pense à l'utilisation qui pourrait en être faite. C'est contraire à la Convention de Genève en matière de droit de l'homme, et même à celle de Berne, en matière de droit d'auteur. Si le droit d'auteur est un droit de l'homme comme le proclame la fondation Beaumarchais de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques, ndlr), ou plus simplement le salaire de l'auteur comme le disent les sociétés de droits d'auteurs musicaux, il ne faudrait pas qu'il devienne un intégrisme trop capitaliste. Comme le disait Patrick Altman dans Libération (du 6 avril 2000, ndlr), ce système de mise au net totalement exclusive représenterait "la première fois depuis la tradition orale, [qu']un vecteur de transmission de la culture permet[trait] de donner sans être dessaisi de son don". Triste constatation, non? La validation du modèle économique vaut-elle tous les renoncements? Peut-on viser l'équilibre budgétaire sans vendre son âme? Que ne ferait-on dire à Faust… Qu'il préfère Big Brother à Don Quichotte? Toujours est-il que le principal reproche qu'on peut faire au système de téléchargement d'e-book (qu'importe le logiciel), c'est qu'il faut s'identifier pour avoir accès à la culture. Et qui pourra nous dire qui en sont les propriétaires, de ce système, et qui en sera propriétaire demain? Celui qui utilisera de telles bases de données à des fins commerciales ou politiques sera le "king" du siècle, et plus s'il est assez puissant. C'est le 3è millénaire qui doit durer mille ans, pas un autre 3è plus hypothétique, mais plus effrayant (dans ce domaine, ce n'est pas vraiment ce que le 20è a inventé de mieux)… C'est, si on veut, un retour à des pratiques obscurantistes plutôt sectaires que d'aucuns refuseraient de cautionner. Quoique si on observe ce qu'il se passe dans les chats, jeux de rôles, ou plus simplement identifications dans diverses applications, le pseudo est roi! L'anonymat finit par supplanter l'identité, avec le cortège de conséquence que cette formule charrie à tous niveaux… S'il est le plus souvent possible de retrouver le demandeur, ce n'est pas sûr à 100%. Certains pourraient craindre que cette faculté d'anonymat et de pseudonymes se développe et se répande, annihilant ainsi les possibilités de traçabilité des oeuvres. Raison de plus pour limiter ces facultés de traçabilité aux "oeuvres" qui en ont un réel besoin économique, et d'empêcher que les autres ne soient captées par cette logique. On peut s'en passer. D'ailleurs, le "peer to peer" (P2P), encore lui, sera très bientôt trop compliqué à contrôler et il s'échangera très bientôt toute oeuvre à la portée du premier utilisateur venu. Un des fondateurs de Gnutella, Gen Kan, 24 ans, l'a déclaré récemment en mettant en route sa nouvelle start-up de mécanique logicielle en vue du "peer to peer", Gonesilent.com, qui sortirait du domaine musical. Pour lui, il faut s'attendre à voir circuler les oeuvres, les citoyens le demandent. C'est aux détenteurs de droits de s'adapter aux techniques de plus en plus pointues. Quant à savoir si ce contact direct entre explorateurs d'hypertexte représente une plaie, un "forward" ou un "save"…
= Qu'allez-vous lire sur votre e-book?
Bien, admettons donc que l'idéal se soit réalisé: via un forfait basique, j'ai accès aux oeuvres de référence que je veux, j'ai parcouru ce dont j'avais besoin, j'ai commandé les trois ou quatre bouquins dont au sujet duquel tout le monde cause, ça balance pas mal à Paris, merci. Je les ai payés, puis les ai lus dans toutes les positions du kamasutra, certains, missionnaires (!), d'autres, dans le métro, dans l'ascenseur, sur le bureau. Dans un lit, même! Et quid? Je m'ennuie à nouveau. L'application classique de l'e-book m'a permis d'acheter le dernier Brett Easton Ellis, le dernier Beigbedder, le dernier Houellebecq (quoiqu'il soit meilleur à réciter ses poèmes sur fond trip hop en MP3 en ce moment, chez Tricatel.com), de trouver enfin le bouquin de William Gibson (Neuromancien, 1986, ndlr) avec la fameuse formule impérissable sur le cyberspace, j'y ai ajouté le 3001 de Clarke et quelques bons vieux Norman Spinrad et Philip K. Dick pour faire bonne mesure… Et ce, sans les éternels atermoiements: le "libraire de grande surface", débordé, qui doit le commander à l'éditeur, qui en réfère plus haut avant d'envoyer le communiqué laconique: produit épuisé… Ou le libraire.com qui envoie une réduction pour la prochaine commande parce qu'il n'est pas sûr d'honorer celle-ci dans les dix jours, aveu implicite qu'il ne comprend même pas de quoi on lui parle… Malheureusement ces quelques caricatures représentent la majorité des cas, rien ne remplacera le conseil d'un libraire érudit, mais il en reste si peu… En reste-t-il? (Don't they, pour les non-polyglottes). S'il en restait, ils m'orienteraient vers la recherche des grands classiques, il paraît qu'ils sont libres de droit, si on en croit ma killer application (plutôt publique). Mais tout ça va-t-il faire acheter Billancourt? L'e-book se situe dans une économie technique qui ne survit que par l'écoulement de ses produits. A l'inverse de son contenu, qui lui n'existe que dans une économie de prototype créatif qui ne répond qu'à la loi des rendements décroissants. Fameux paradoxe, explosif… Et dire que c'est sur cette pierre que certains fondent l'économie du prochain millénaire. Tant mieux. La société de l'information a du bon finalement. Elle doit être informée, et les informateurs, les créateurs, en sont la pierre angulaire. C'est sur les outils de navigation que ça accroche. Non seulement, ils sont aux mains d'on ne sait trop qui, voir plus haut, mais en plus, intrinsèquement, ils ont le pouvoir culturel de fausser la pensée. Pas moins. C'est la faute à l'hypertexte, qui ne fait pas que des bêtises, à vouloir être breveté, il en fait lire aussi, comme dirait l'autre. Surtout lorsqu'il ne sert qu'à la recherche factuelle. Imaginez un e-book d'enfer, "tout ce que tu aurais voulu savoir sur…" (de chez Marabook), on n'entre dans les différents chapitres que par les liens du sommaire, et "l'oeuvre" est tellement volumineuse que personne ne lit l'ensemble. Ce qui ne dérange pas grand monde, au fond. Mais la voilà, la killer application, l'édition "tout ce que tu aurais voulu savoir sur…"! Sauf que notre chef de collection à la tête de l'équipe de rédacteurs (où est l'auteur?), n'a voulu choquer personne. Et il a un peu mixé les concepts. Avec une qualité de titre qui en étonnera plus d'un, il aura mis en place une idée sous un titre, et son contraire sous un autre. Sans aucun point de vue. Toute la culture du monde sur le même pied. Ca se vend, c'est donc excellent. Un peu comme si un site aussi prestigieux que Yahoo se permettait de vendre, au milieu d'antiquités communistes de l'ère de l'URSS, des objets de nostalgie nazie. Impensable au 21è siècle? A voir ce que l'on voit en matière d'information sur les médias internationaux… Quelle que soit la qualité des intervenants, un charnier à 10.000 morts dont on connaît les responsables (quand ils sont avérés), est sur le même pied que le dernier battement de cil de la starlette du mois (du jour, de la semaine, pas du siècle et encore moins du millénaire). C'est l'effet zapping. S'il faut en passer par là, on peut le faire avec un peu plus de panache. Voyez les mix que propose le MP3. Certes, c'est de la musique, et les DJ sont à la mode… Mais au fond, que font-ils d'autre que ce qui est décrit plus haut. Ils compilent des oeuvres, en font une bibliothèque (musicale), qu'ils distillent à leur gré selon leur humeur, selon la demande de ceux qui ravent avec eux, selon l'inspiration. C'est plus engageant que la culture "Marabook", non? Demandez à votre libraire…
= Que pensez-vous du Cybook de Cytale?
Dans le genre, Cytale, au demeurant un projet très sympathique, a fait très fort. La petite BD qui présente la journée d'un e-book addict est tordante! Que va-t-il lire comme journal numérique du matin, le client qui a téléchargé le Cytale? Le communiqué AFP à peine relifté par un journaliste stagiaire? Non merci, il a déjà RTL. Par contre, peut-être si, à la manière d'Europe 1 grande époque, on lui offrait un décodage de l'info façon "Pas vu à la télé", soit quelques commentaires acides des communiqués de presse qu'il entend en direct live, peut-être prendrait-il le temps, le soir, de se brancher pour charger ça. Un peu comme Europe 2 qui diffusait les Guignols de l'info de Canal+ (version grande époque aussi) le lendemain matin, à l'heure de l'info… Un truc qu'on attend… Attention, objectivité journalistique: à la moindre citation, on met le lien, et on diffuse! Le fameux communiqué AFP est accessible par un simple click sur le titre. Qu'on voie ce que le type de la radio en a fait… Ca ferait peut-être rire, et acheter… Petite killer application gratuite, bien plus réjouissante que celles qui précèdent… A d'autres moments décrits dans la journée d'un "cytalien", le besoin de l'apport de notre libraire pourrait se faire sentir. Tiens, j'ai envie de l'appeler e-libraire, ou mieux, E-bJ (l'équivalent au sein d'une rédaction e-book d'un disc-jockey, un E-book Jockey, en somme [prononcez I-bjay au lieu de Di-Jay]). Cytale nous dit: "Midi : une petite nouvelle, le temps de la pause déjeuner, ou un poème au soleil." Ils sont trop cool chez Cytale, qui a le temps de télécharger quoi que ce soit comme poème, la veille (même le dimanche)? Quant à la petite nouvelle, si c'est celle qui est disponible gratuitement sur Amazon.com, j'hésite… Je corrigerais la phrase en, au moins: "Midi : mon e-libraire, ou Eb-J, que m'a-t-il envoyé comme petite nouvelle ou comme poème à lire au soleil, le temps de la pause déjeuner?" J'espère qu'il en tient de bonnes, ce libraire érudit du 3è millénaire… Et c'est reparti dans toutes les positions du kamasutra (certaines, missionnaires (!), d'autres, dans le métro, dans l'ascenseur, sur le bureau. Dans un lit, même!) On s'ennuie déjà beaucoup moins, non? Savez-vous que les nouveaux e-books proposent des lecteurs MP3? C'était pour la lecture aux aveugles de leurs oeuvres préférées, au départ, et c'est tant mieux, merci à eux. C'est peut-être par là qu'on diffusera cet eBookman de chez Franklin, malgré ses mémoires un peu faibles. Bref: "écouter le dernier Red Hot (Chilli Peppers pour les non-polyglottes) téléchargé en P2P en étudiant le cours téléchargé de la même manière, tout ça dans le métro; puis, dès la matière maîtrisée, passer plutôt à la lecture du texte des Guignols de ce matin, et pourquoi pas, à la vision de l'extrait en vidéo, et là, qu'est-ce qu'on rigole!" ressemble plus à l'avenir de l'e-book comme outil éducatif que tout discours marketing. Et nous voilà reparti vers un terminal multi-fonctions… C'est terrible, l'informatique, la vérité absolue d'un paragraphe est démentie dans le paragraphe suivant…