= En bref, on peut passer d'un clic de Shakespeare à l'hypertexte.

En tout cas, à travers ce type de comportement, il est à parier que Shakespeare soit définitivement aussi accessible que Britney Spears, entre deux "chat" rappelant à ses connaissances où on est, dans le métro donc… Qu'on se méfie quand même. L'expérience du "peer to peer" montre que le rôle du médiateur tend à disparaître, ne devenant qu'une branche des métiers du marketing. Le "consommateur" chargeant en majorité ce qui est le plus souvent référencé, qui l'est donc de plus en plus. Adieu notre libraire, et revoici la ronde infernale de l'oeuf du serpent qui se mord la queue…

Shakespeare, c'est le type qui a mis en scène Gwyneth dans Shakespeare in love. A moins que ce soit celui qui ait inspiré Léonardo (Di Caprio) dans son Romeo & Juliet, avant qu'il ne sombre dans une mer d'indifférence, noyé par une fiction plus forte que lui. Titanic, on connaissait la fin, et il y avait même un orchestre… Parce que dans son métro, là, notre Gwyneth du troisième millénaire (celle des Red Hot), et son voisin, genre Billancourt post 2000 qui lit Paris-Turf sur son e-book, ils utilisent l'e-book de la manière la plus basique, et c'est ce qui devrait faire son succès, s'il doit être au rendez-vous. Zapping, Deejaying, c'est la fast culture, si possible interactive et reliée au réseau, en téléchargement permanent. J'en connais qui grimpent au plafond, au simple énoncé de ces "mots" inexistants dans un vocabulaire normalement constitué (même Microsoft ne les a pas dans son dico de correction). On oublie trop souvent que notre ami Shakespeare justement a enrichi la langue anglaise de nombreux mots nommant les techniques et innovations de son temps. Le plus souvent, à part le latin et le grec, il s'est inspiré du français, une des langues les plus vivantes du moment. C'était vers la fin des années 1500, il est temps de renouveler, non? Alors n'y a-t-il pas autre chose à proposer? Vous ai-je parlé de l'hypertexte? Normalement, là, on l'a bien préparé, notre cobaye de Billancourt, il clique, il surfe, il lit. Si on ne veut pas qu'il ne charge que ce qu'il connaît déjà, c'est le moment de lui présenter de nouvelles dimensions. Si notre abonné suit le feuilleton, il finira bien par chercher autre chose. Même ses mails l'ennuient, il en reçoit trop… Et s'il lisait ceux des autres… Petite référence au bluemailer du websoap auquel j'ai participé, qui n'échappera pas au lecteur attentif de notre précédent entretien. C'est à mon sens ce type d'application, qui permettra bientôt d'anticiper en matière de développement e-book et apparentés. Ce type d'outil de publication permettra d'organiser les liens de ce qui sortira jour après jour sur un tel réseau: des infos référencées, archivées, avec liens de l'une à l'autre, des choix de textes choisis, liés à d'éventuels titres MP3 lancés dans l'application, liens à des connexions permettant le téléchargement d'oeuvres dans le domaine public, liens à d'éventuels extraits vidéos… Bref un e-book qui serait devenu plutôt "UMTS" et enfin devenu un média à part entière. Notre animateur de réseau pourra à ce moment-là penser à charger une fiction interactive qui contiendrait des liens hypertextes, du type de ceux qui ont été mis en place dans le websoap. Ainsi, le lecteur ou la lectrice, un(e) be(au)(lle) captif(ve), tournera dans le labyrinthe d'une fiction organisée par un auteur ou une équipe d'auteur avec un sentiment de liberté inconnu jusqu'ici. Pas mal de possibilités de ce type de fiction ont été explorées dans le websoap, j'en parle plus longuement dans mon précédent entretien. Je ne citerai ici que les abonnements aux mails des personnages, permettant de suivre ceux qu'on préfère dans la fiction présentée. Liaisons qui prendraient tout naturellement place dans le dispositif e-book plus "UMTS" tel que je le décris plus haut. Si le domaine de la fiction suit le mouvement de la convergence, on peut même imaginer des relais entre les médias… Un websoap écrit en ligne repris sur cet e-book "UMTS", raconté en télé d'une manière… télé, repris en MP3 pour sa partie musicale… Chaque média complétant selon sa spécificité le puzzle de la fiction présentée sur un même support. Il y a un travail passionnant d'exploration à faire, et personne ne semble le faire. Je parlais dans mon dernier entretien d'un projet intitulé Neiges d'Anges, qui est maintenant en ligne dans Les yeux du labyrinthe. Il est lié par hypertexte à d'autres projets. Dans l'un d'eux, Elégance, une griffe de félin, le héros est confronté à un bug de son papier électronique à encre numérique qu'un pirate s'amuse à configurer de manière absurde… S'il s'agit bien là de science-fiction, le papier et l'encre électronique sont déjà sur le marché, de manière un peu rudimentaire. C'est la prochaine étape qui voit déjà le jour, l'après e-book. Décidément l'inventivité s'accélère de plus en plus, doit-on vraiment le regretter?

GUY ANTOINE [EN, FR, ES]

[EN] Guy Antoine (New Jersey)

#Founder of Windows on Haiti, a source of positive information about Haitian culture

[Interview 22/11/1999 // Interview 29/06/2001]

*Interview of November 22, 1999

= Can you tell us about Windows on Haiti?

At the end of April 1998, I launched an Internet site, simple in concept, but ambitious in its reach and overall scope. The site aims to be a major source of information about Haitian culture, and a tool to counter the persistently negative images of Haiti from the traditional media. The scope of this effort extends beyond mere commentary to the diversity of arts and history, cuisine and music, literature and reminiscences of traditional Haitian life. It is punctuated by a different sort of guestbook where the visitor's personal testimony of his ties to Haiti is highly encouraged. In short, the site opens some new windows to the culture of Haiti.