R. Je ne me rappelle pas. C’est depuis longtemps.

D. Pourquoi alors aviez-vous accusé Kalengo?

R. Parce que Momaketa, un des Chefs de Bossunguma, me l’a dit, et après tous les habitants de mon village me l’ont répété.

* * * * * * * *

D. Les Anglais vous ont-ils photographié?

R. Oui, à Bonginda et à Lulanga. Ils m’ont dit de mettre bien en évidence le moignon. Il y avait Nenele, Mongongolo, Torongo, et autres blancs, dont je ne connais pas les noms. Ils étaient les blancs de Lulanga. Mongongolo a porté avec lui six photographies.”[33]

Epondo a réitéré ses déclarations et rétractations spontanément à un missionnaire Protestant, M. Faris, résidant à Bolengi. Ce Révérend a remis au Commissaire-Général de Coquilhatville la déclaration écrite suivante:—

“Je soussigné E.-E. Faris, missionnaire, résidant à Bolengi, Haut-Congo, déclare que j’ai interrogé l’enfant Epondo, du village de Bosongoma, qui a été chez moi le 10 Septembre, 1903, avec Mr. Casement, le Consul d’Angleterre, et que j’ai mené à la Mission de Bolengi, le 16 Octobre, 1903, selon la requête de M. le Commandant Stevens, de Coquilhatville, et que le dit enfant m’a dit aujourd’hui, le 17 Octobre, 1903, qu’il a perdu sa main par la morsure d’an sanglier.

“Il m’a dit également qu’il a informé Mr. Casement que sa main a été coupé par un soldat, ou bien d’un des travailleurs de blancs, qui ont fait la guerre dans son village pour faire apporter le caoutchouc, mais il affirme que cette dernière histoire qu’il m’a dite aujourd’hui est la vérité.

“E.-E. Faris.