Avant que d’assayer de les réhabiliter dans cette espèce, il me faut décider une autre question, à savoir si ces dessins appartiennent à la première aile ou à la seconde. Notre confrère les tient pour être propres à cette dernière. Je ne suis pas de son avis, et voici pourquoi:

Je pense que la seconde aile est en grande partie dénudée de ces écailles à sa face inférieure, celle que nous voyons.

Ce qui me le fait croire, c’est que déjà dans sa marge abdominale, ainsi que je l’ai déjà dit, on suit à travers la membrane le contour intérieur de la première aile, et d’une manière trop distincte pour admettre que l’adhésion des deux ailes le pût permettre, si les deux faces de la seconde étaient revêtues de leurs écailles.

Ce qui me le fait croire encore, c’est qu’à cette seconde aile, la petite lunule blanche de l’angle externe (fig. B [[Pl. I], fig. 16]), qui est située sur le bord lui-même, et qui y est extérieurement coupée par lui, ne saurait devoir y exister à cette place, si on en juge par la loi suivie dans leur position normale parmi la majeure partie des Diurnes. En effet, à aucun, ou à bien peu du moins, je ne connais pas à cet angle de lunule extrême, ainsi placée sur le bord lui-même des secondes ailes, et dans cette position, rejetée en arrière de celle qui la précède.

Règle assez générale, la série marginale de taches lunulaires ou autres, pupillées ou non, qui affectent ces ailes, est d’habitude concentrique à leur base, et la lunule en [76] question serait sur cette seconde aile placée contre cette règle.

A examiner cette aile dans la fig. B [[Pl. I], fig. 16], on comprend de suite que cette lunule n’y est pas à sa place normale; elle choque même là où elle est située, tandis que si je la reporte (sans la bouger, bien entendu) sous la première aile (ainsi que je le fais à la fig. C [[Pl. I], fig. 15]), elle s’y adapte tout naturellement dans l’ordre que lui est le plus rationnel avec les autres.

Par ce fait, à la place qu’occupe cette lunule, la seconde aile serait donc encore transparente? Observons en passant que dans les espèces où une semblable lunule ou tache oculaire, se remarque en dessous, vers l’angle externe des deux ailes (comme à Melanitis Undularis, Dr.; Protogenia, Cr., par ex.), cette tache qui est toujours placée un peu avant la marge, qui ne l’interrompt jamais comme ici, est toujours (comme ici, du reste) entre les deux dernières supérieures, et non entre la dernière supérieure et la costale.

S’il est des exceptions à cette règle, elles ne sauraient être qu’en bien petit nombre, et lorsque les lunules marginales y sont présentes en nombre considérable; mais s’il n’y en a plus qu’une ou deux, celle de l’angle externe sera placée ainsi que je viens de la dire, et non ailleurs.

Toujours à l’appui de cette transparence, que j’attribue à la seconde aile de la Sepulta, si j’interroge le peu de la charpente alaire qu’on y distingue, et qui est suffisant pour la restituer telle qu’elle devait être, ou à bien peu de chose près (comme à la fig. C [[Pl. I], fig. 15]), on voit que la tache semi-orbiculaire et obscure de l’angle interne y semble partagée par une nervule de la seconde aile très bien écrite, par la deuxième inférieure. Or, l’étude de cette partie de la [77] ptérologie, qui a pour objet les lois relatives à la position, à la forme, comme à la présence et à l’absence des dessins et des taches, nous apprend que jamais une lunule ou une tache orbiculaire marginale n’est divisée par une nervule, mais plutôt par le pli internervulaire, les nervules séparant d’habitude ces sortes de taches, et ne les scindant pas.