Comment donc se fait-il que ces ailes ainsi ployées, ces vestiges de la première aile viennent s’adapter d’une manière si complète avec toute la portion blanche qui se continue sous la seconde aile? cela se peut rencontrer, je l’avoue, mais c’est peu fréquent.

Bien mieux, le large sommet de la tache blanche anguleuse et obscure qui lui succède, se voit aussi sur le bord un peu diffus de la côte, dans la partie externe, et se relie également bien avec celle que la seconde aile nous laisse, selon moi, apercevoir. Plus loin encore, le commencement de la grande tache basale, hachée à son dehors, ne se continue-t-il pas sur la côte de la première aile?

Enfin, si cette dernière tache appartenait à la seconde viendrait-elle, ainsi qu’elle le fait, s’arrêter précisément sur le bord intérieur de la première, que par transparence nous pouvons suivre parfaitement à partir du moment où il est recouvert par la seconde aile? En l’attribuant à cette dernière, ce serait agir contre toute apparence plausible, contre toute disposition naturelle de ces sortes de taches, et venir l’interrompre bénévolement et sans motifs spécieux, bien avant l’angle anal de la seconde aile, sur lequel elle devrait venir s’appuyer pour demeurer dans la forme la plus normale! [82]

Cette interruption nous fixe donc aussi bien que le commencement de toutes les taches du haut, sur l’attribution que nous devons en faire à la première aile, et non à la seconde, et le peu qui reste de ces divers dessins sous cette dernière, si toutefois il en reste, doit se confondre avec elles, sans contribuer beaucoup à nous égarer.

D’ailleurs, nombre de Lépidoptères diurnes des groupes, près desquels doit venir se ranger la Sepulta, présentent sous leurs premières ailes de semblables taches costales et basales, ainsi placées, ainsi dentelées, ainsi conformées; d’habitude même, elles y sont les vestiges plus ou moins complets de ces larges bandes transversales qui couvrent ces mêmes ailes d’une manière plus ou moins accusée; assez souvent elles vont se répétant sous les secondes ailes, et s’y continuent d’une manière parfois assez suivie, et selon l’expansion donnée aux ailes. Elles y sont même, à mon avis, un indice de celle que la nature a entendu leur accorder dans le vol, quand les bandes du dessous des deux ailes s’y rajustent bien exactement.

Voici donc les taches et les dessins qui, après nous avoir aidés à reconnaître la forme et la nature plus ou moins opaque de ces ailes, sont actuellement eux-mêmes contrôlés par la constitution physique de ces organes, restitués à leur places voulues, et sous l’aile qui les doit comporter.

Voyons actuellement si l’étude du système nervulaire viendra confirmer ou détruire ces suppositions. Cet examen anatomique a bien son prix actuellement qu’on en comprend mieux l’importance.

Avant tout, je dois reconnaître que ces précieux vestiges sont parfaitement indiqués là où ils doivent être, sur [83] cette copie de la pièce originale, et que le dessinateur nous les laisse suivre assez facilement, tant à une aile qu’à l’autre.

Que reste-t-il de la charpente alaire de la première aile? D’abord, des traces de la costale; puis, au-dessus de la lunule blanche de l’apex, les premier et deuxième rameaux des trois apicales qui doivent jaillir de la troisième supérieure. Diverses stries s’échappant du premier, accusent sans doute ici les restes d’un dessin perdu ou quelques plis anormaux; c’est sans importance. Puis, au-dessus de la lunule noire, on distingue fort bien la deuxième supérieure, et plus bas, enfin, la première.