“Je doute aller par la Beausse:
Le plus fort des Anglois y est,
Toute leur puissance et force,
Et tout le pays à eulx est.
Y nous pourroient donner arrest,
S’i savoyent nostre venue,
Et peut estre grant intérest
Seroit a nostre survenue.
Si me semble que vauldroit mieulx
Y aller devers la Sauloigne:
Le dangier n’est pas si perilleux
Et n’y a pas fort grant esloigne.
Mieulx vault faire nostre besoigne,
Et le dangier passer ainsi,
Entret par la porte Bourgoigne,
Et yrons passer à Checy.”

Ambroise de Loré responds:

“Vous avez très bien devisé,
A Checy, nous y fault aller;
Et est a vous bien advisé:
Vous ne pourriez mieulx conseiller.
Si n’en conviendra point parler
A la Pucelle nullement;
Si non que on la veult mener
Droit à Orleans, tant seullement.”

This resolution being taken, Jean de Metz asked if it was not time to notify the Maid; to whom Gilles expressed his readiness to depart instantly:

“Je suis prest aussi, par mon âme,
A aller quant elle vouldra.
Dame, se il vous plaist partir.
Voicy en point trestouz vos gens,
Pour vostre vouloir accomplir
A vous convoyer à Orléans.”

The Maid responded:

“En mon Dieu, croy que il est tant
Et avons beaucoup demeuré,
Que, ainsi comme je l’entend,
Orléans a beaucoup enduré.”

* * * * *

The Marshal to the Maid on their arrival at Checy:

“Dame Jehanne, la Dieu mercy,
Vous estes bien icy venue,
En ceste ville de Checy,
Sans nulle fortune avoir eue.
Vous n’estes pas que à une lieue
D’Orléans, comme je puis entendre;
Ferons icy une repeue,
Puis à Orléans yrons descendre.”