N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde.
Non, tu n'entendras pas, de ta lèvre trop fière.
Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
Nous, dont la lampe, le matin.
Nous prospérons! Qu'importé aux anciens malheureux.
Nous revenions d'un long voyage.
Nouvelles ont couru en France.
Novembre approche,—et c'est le mois charmant.

O combien de marins, combien de capitaines.
O Corse à cheveux plats! que la France était belle.
O France, quoique tu sommeilles.
Oh! tant qu'on le verra trôner, ce gueux, ce prince.
On parlera de sa gloire.
O nuit, ô douce nuit d'été, qui viens à nous.
O père qu'adoré mon père.
O souvenirs! printemps! aurore!
Oui, l'oeuvre sort plus belle.
O vallons paternels; doux champs; humble chaumière.

Par la chaîne d'or des étoiles vives.
Plaintive tourterelle.
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.
Pour boire dessus l'herbe tendre.
Pourquoi cet amour insensé.
Pour soulever un poids si lourd.
Proscrit, regarde les rosés.
Puisqu'ici-has toute âme.
Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore.

Quand au mouton bêlant la sombre boucherie.
Quand je suis vingt ou trente mois.
Quand les chênes, à chaque branche.
Quand le soleil se couche horizontal.
Quand nous habitions tous ensemble.
Quand un grand fleuve a fait trois ou quatre cents lieues.
Quand vous me montrez une rose.
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle.
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire.
Que j'aime à voir dans la vallée.
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève.
Qu'es-tu, passant? le bois est sombre.
Qui donc t'a pu créer, Sphinx étrange, ô Nature!
Qui peut dire: Mes yeux ont oublié l'aurore?

Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive.
Rougissante et tête baissée.

Salut, bois couronnés d'un reste de verdure.
Sans doute il est trop tard pour parler encor d'elle.
Si je pouvais voir, ô patrie.
Si l'Aurore, toujours, de ses perles arrose.
S'il avait su quelle âme il a blessée.
S'il est un buisson quelque part.
S'il est un charmant gazon.
Si nostre vie est moins qu'une journée.
Si vous croyez que je vais dire.
Si vous n'avez rien à me dire.
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime.
Son âge échappait à l'enfance.
Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie.
Sous un nuage frais de claire mousseline.
Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne.
Soyez béni, Seigneur, qui m'avez fait chrétien.
Sur la pente des monts les brises apaisées.
Sur la plage sonore où la mer de Sorrente.
Sur le coteau, là-bas où sont les tombes.
Sur ses larges bras étendus.

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle.
Tandis qu'à leurs oeuvres perverses.
Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière.
Tels que la haute mer contre les durs rivages.
Temps futurs! visions sublimes!
Te voilà fort et grand garçon.
Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante.
Toi qui peux monter solitaire.
Tombez, ô perles dénouées.
Tous deux, ils regardaient, de la haute terrasse.
Toutes, portant l'amphore, une main sur la hanche.
Tout près du lac filtre une source.
Triste exilé, qu'il te souvienne.
Tu veux toi-même ouvrir ta tombe.

Un aveugle au coin d'une borne.
Un grand sommeil noir.
Un hymne harmonieux sort des feuilles du tremble.
Un oiseau siffle dans les branches.
Un tourbillon d'écume, au centre de la baie.

Vieux soldats de plomb que nous sommes.
Voici qu'avril est de retour.
Vous souvient-il de cette jeune amie.
Vous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées.