On the 3rd of December we began to change our footgear, and to use raquettes;[39] when I first put these great flat skates on my feet, I thought that I should fall with my nose in the snow, at every step I took. But experience has taught me that God provides for the convenience of all nations according to their needs. I walk very freely now on these raquettes. As to the Savages, they do not hinder them [49] from jumping like bucks or running like deer.
Ils font des souliers de peaux d'El'an pour s'ẽ seruir sur ces raquettes. Ils n'ont pas l'inuention de durcir ou tanner le cuir, aussi n'en ont ils que faire. L'esté ils vont pieds nuds, l'hyuer il faut que leurs souliers soyent d'vne peau maniable, autrement ils gasteroyent leurs raquettes: ils les font larges, & fort amples, pour les garnir de nippes ou de vieux haillons contre le froid; si nous auions quelques peaux de France un peu plus douces que les grosses ampaignes de vache, cela nous feroit vn bien incomparable, notamment sur le renouueau, quand les neges viennent à se fondre sur le midy; car les souliers des Sauuages boiuent l'eau comme vne esponge, & ces peaux venues de France tiendroyẽt le pied sec.
They make shoes of Elk skins, which they use with their raquettes. They have not ingenuity enough to harden or tan leather; therefore they use none. In the summer, they go barefooted; in the winter, their shoes must be of a pliable skin, otherwise they would spoil their raquettes. They make them broad and very ample, in order to line them inside with a layer of old rags against the cold. If we had some French leather here a little softer than the hard, untanned cowhide, it would be of incomparable service to us, especially in the spring, when the snow begins to melt toward the south. For the shoes of the Savages take water like a sponge, and those leathers from France would keep the feet dry.
[128] [50] Le 5e de Decembre il fit de grands vents, ce qui est arriué par plusieurs fois. Le Nordest est icy violẽt, il emporta certain iour vne partie de la couuerture d'vn bastiment du fort. Le Pere de Nouë reuenant ce iour là d'y celebrer la saincte Messe, nous dit qu'ils estoient contraints luy & vn ieune garcõ qui l'accompagnoit, de se tenir l'vn l'autre de peur que le vent ne les enleuast.
[50] On the 5th of December there was a very strong wind, which has happened several times. The Northeastern is violent here; one day it tore away a part of the roof of a house at the fort. Father de Nouë, returning that day from celebrating holy Mass, said that he and the young man accompanying him were compelled to hold on to each other, for fear that the wind would carry them away.
Passant vers ce mesme temps dans le bois où estoient cabanez quantité de Sauuages, ie trouuay vn corps mort, enseueli par les Sauuages: il estoit esleué fort haut sur des fourches de bois, accompagné de ses robes & autres richesses, couuert d'vne escorce (c'est leur drap mortuaire.) Ie demanday quand on l'enterreroit, ils me respondirent, quand il ne neigeroit plus; la neige tomboit pour lors en abondance.
About this time, in going into the woods where there were a number of Savages encamped, I found a dead body which the Savages had enshrouded; it was raised high upon wooden scaffolds, and near it were its clothes and other belongings, covered with bark (that is their mourning cloth). I asked when they would bury it. They answered me: "When it stops snowing." The snow was then falling very fast.
[51] A l'occasion de ce rencontre quelqu'vn me dit qu'vn Sauuage estant mort, les autres frappent sur la cabane crians oué, oué, oué, &c. & comme i'en demãdois la raison à vn Sauuage, il me dict que c'estoit pour faire sortir l'esprit de la cabane.
[51] At the time of this occurrence some one told me that, when a Savage dies, the others strike on his cabin, crying: "oué, oué, oué," etc. And when I asked a Savage the reason for this, he told me that it was to make the spirit come out of the cabin.
Le corps du mort ne sort point par la porte ordinaire de la cabane, ils leuent l'escorce voisine du lieu où il est mort, & le tirent par là. Ie demanday pourquoy: ce Sauuage me repartit que la porte ordinaire estoit la porte des viuãs, & non des morts: & par consequent que les morts n'y deuoient point passer. Or comme il croioit m'auoir bien satisfait, & qu'il se mocquoit, ie luy demanday, si quãd il auoit tué vn Castor, il le faisoit entrer & sortir par la porte cõmune? ouy, dit-il: elle est donc, luy dis-ie, la porte des morts aussi bien que des viuans: il repart qu'vn Castor estoit [52] vne beste: alors ie repliquay en riant, vostre [130] porte est donc la porte des bestes, aussi bien que vous l'appellez la porte des viuans; il s'écria, asseurément cela est vray, & se mit a rire.