“Le maréchal Victor permet le passage à beaucoup de femmes qui veulent se réunir a leurs maris, les femmes en contant les choses telles qu’elles sont, détruisent bien des erreurs dans lesquelles on a généralement été entrainé par le gouvernement actuel. L’ennemi permit ces jours derniers l’entrée dans l’île à plusieurs femmes qui voulaient passer par Chiclanes pour se réunir à leurs parents, mais dernièrement elles furent contenus à coups de canon, et un boulet emporta la tête de celui qui les accompagnait. Le gouvernement Anglais preside à toutes les opérations, et crainte cette espèce des communications.”
“Valladolid, le 11 Août, 1810.
“Sire,—Je suis arrivé a Valladolid, où je n’ai pas trouvé le général Kellermann. Il parait que les Espagnols out cerné un détachement de Français qui se trouve à la Puebla de Sanabria, et que ce général y eu allé pour le débloquer. Les guerrilles ont été hier aux portes de Valladolid, et il y à cinq a six jours que soixante dix Français ont été détruits à Villalon; la terreur s’est emparée de tous les esprits, et l’on croit que trois cent hommes ne suffisent pas pour faire paner un courrier: malgré cela, je parterai demain, escorté par deux cent hommes avec un convoi de prisonniers de Ciudad Rodrigo, donc le nombre n’est pas considérable, parcequ’ici on leur accorde la liberté moyennant une somme qu’on règle avec le général Kellermann pour les frais de la guerre.
“Toutes les autorités du pays sont venues me visiter, et me consulter sur la conduite qu’elles doivent tenir depuis les derniers ordres du général Kellermann pour qu’elles n’obeinent ni ne correspondent avec d’autre autorité que la sienne. C’est la chancellerie qui se trouve plus embarrassée que toute autre, parce-qu’elle ne peut concilier l’administrat de la justice au nom de votre majesté avec l’impossibilité de correspondre avec son ministre.
“Je n’ai pas reçu le moindre égard du général Dufrene qui est à la place du général Kellermann. Il ne m’a pas visité, ni même accorde un factionnaire; tout le monde s’en est apperçu, et cette conduite a confirmé l’opinion que l’on a conçue que votre majesté ne règne point dans ce pays. J’ai tâché de detruire une idée qui décourage les véritables sujets de votre majesté, et soutient les espérances de ses ennemis. Les généraux ne s’apperçoivent pas du mal qu’ils produisent en ferant croire que le service de l’empereur, et ses intérêts peuvent être en contradiction avec ceux de votre majesté.
“Si le général Dufrene s’était borné à ne rien faire pour faciliter mon voyage, j’aurai moins de motifs de plainte contre lui, mais il a retenu l’escorte de cavalerie que le général Tilly m’avait donnée. De toutes les manières, Sire, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour accélérer mon voyage, et répondre à la confiance avec laquelle votre majesté a daigné me distinguer.
“Le marquis Almenara.”
Orquijo to Joseph, relating his conference with the French
ambassador.
(Extract.)
“Madrid, Août 22, 1810.
“Je lui dis de s’adresser sur ces deux points au ministre des relations extérieures, il me répondit qu’un désagrément qu’on éprouvait avec lui était l’obligation de lui donner à tout bout de champ des notes écrites, qu’à Vittoria il l’avait compromis en présentant à votre majesté ces notes comme officielles, que le bon vieux duc (ce sont ses propres expressions) étourdissait dans l’instant, qu’il n’entendait point, ou ne voulait point entendre ce qu’on lui disait, et qu’il demandait qu’on lui donnat par écrit ce qui n’était pas nécessaire d’écrire. Je lui répétais toujours qu’il devait s’adresser au duc puisque c’était le seul canal par lequel il devait diriger ses demandes, que je ne me mélais point de ces affaires, et que je n’en entretiendrais votre majesté à moins que votre majesté ne m’en parlat la première, mais comme simple particulier je l’assurai de l’inviolabilité des promesses de votre majesté et de ses idées liberales. L’ambassadeur ajouta que dans la matinée du jour de St. Napoleon, et les jours suivants, le général Belliard, Borelli, et leurs alentours avaient parlé fort mal des expressions de votre majesté sur ses premiers devoirs, et qu’il ne doutait pas qu’ils n’en eussent écrit à Paris; qu’il n’avait pas pu se dispenser de transmettre à sa cour ces paroles; mais qu’il les avait présentés comme une conséquence du premier discours tenu par votre majesté et une nuance nécessaire pour adoucir le mauvais effêt qu’avait produit ici l’article du Moniteur sur les mots de l’empereur au duc de Berg. Je le lui avais présenté de cette manière en sortant de l’appartement de votre majesté, et je lui montrai en même temps un rapport venu de la Navarre dans lequel on dépeignait le facheux étât de ce royaume en proie aux excès des bandes de brigands et aux dilapidations des gouvernemens militaires. Si l’ambassadeur a écrit dans ces termes comme il me l’a dit, autant par honneur que par attachement à votre majesté, à son pays et au notre, il a bien rempli ses devoirs. Quoiqu’il en soit, je me lui cru obligé de donner connaissance à votre majesté de ces faits ainsi que de la surprise que, selon l’ambassadeur, a causé à l’empereur et au ministère Français le silence du duc de Santa Fé qui ne s’explique sur rien. L’ambassadeur se plaint d’avoir été compromis par lui, car à sa demande et en consequence des conversations fréquentes qu’il eut avec lui pendant les trois jours qu’il passa à Madrid, il écrivit à sa cour que le duc de Santa Fé était chargé de négocier sur la situation de votre majesté et celle de notre pays, que l’ambassadeur lui-même disait ne pouvoir pas durer. C’est à la lettre ce que c’est dit entre l’ambassadeur et moi.” &c. &c.