10 Février, 1811.
Je suis peiné que l’empereur ait cru nécessaire d’employer des formes diplomatiques avec moi et même avec la reine. Qu’il me fasse clairement connoître sa volonté et je n’aurai rien de plus agréable que de m’y conformer puisqu’elle ne peut être ni compatible avec mon honneur qui me paroit inséparable du sien, comme mon intérêt. Le fait est que je désire complaire, à la fois, à l’empereur et à mon frère; il m’a fait reconnoître roi de Naples, roi d’Espagne, et a garanti mon existence politique sans que je l’aie demandé. Je n’ai pas sollicité le trône j’y suis monté parce-qu’il l’a voulu, aujourd’hui l’empereur désire-t-il que je rentrois dans la retraite. Je suis d’autant plus prêt à le faire que les événemens de trois années out levé bien des scrupules et empêcher venir bien des regrets.
J’ai dû croire que l’empereur vouloit que je quittâsse l’Espagne dès que j’ai vu graduellement mon existence y devenir humiliant, impossible, et qu’il doit savoir que je ne puis pas supporter long-temps de me voir degradé: dans ce cas je désire partir pour France. L’ordre publique sera assuré ici, je m’entendrai avec mon frère, ou pour mieux dire je lui porterai moi-même mon blanc-seing.
Je m’abandonne entièrement à sa justice et à ses sentimens paternels pour ma famille, aussi point de négociations particulières; je rétourne dès ce moment à l’empereur tous les droits qu’il m’a transmis sur l’Espagne si son ambassadeur juge que je puisse partir demain pour Morfontaine, et s’il eu autorisé à croire que l’empereur verra ce parti sans déplaisir.
L’empereur veut-il réellement que je reste au trône d’Espagne? Je reste quelques qui soient les désagrémens indépendant de la volonté qui m’y attendent. Mais il faut que je n’éprouve que ceux qu’il ne peut m’éviter; je le répéte jamais les intérêts politiques ne me diviseront avec lui, qu’il me fasse connoître sa volonté. Si l’empereur venir ici, tout s’arrangera entre nous; s’il ne vient pas en Espagne, qu’il me laisse aller le voir à Paris. S’il juge ce voyage inopportun, qu’il rende mon existence tolerable pendant la guerre: il sait mieux que personne ce qu’il doit faire pour cela.
Il faut un changement marqué dans tout, avancer ou reculer, vous connoissez l’état actuel; j’ignore comment je pourrai gagner le mois nécessaire pour connoître la determination de l’empereur.
(The following abdication, by Joseph, was drawn up but never made public.)
L’expérience de trois années nous ayant convaincu que l’ordre social ne peut être recomposé en Espagne qu’en cumulant dans les mêmes mains les droits de souverainté dont nous sommes investés, et les moyens de force et de puissance militaire dont dispose notre august frère l’empereur des Français, de qui nous tenons les droits que nous exerçons aujourd’hui sur la monarchie Espagnole, nous avons résolu de notre pleine et libre volonté de rétrocéder à notre frère l’empereur des Français les droits qu’il nous a remis et en vertu des quels nous sommes entré dans ce royaume en 1808 à la suite de la constitution que nous avons signée à Bayonne dans la même année.
C’est pourquoi par les presents signées de notre main nous declarons céder, transporter, et remettre à notre dit frère l’empereur des Français, tous les droits qu’il nous transmis en 1808 sur la monarchie d’Espagne et des Indes dans toute leur integrité et tels qu’il les reçut lui même du roi Charles Quatre.