| Fr. par mois. | ||||
| Les généraux gouverneurs dans les quatre gouvernemens comprises dans l’arrondissement de l’armée du nord | 4000 | |||
| Le général chef de l’état major-général de l’armée | 3000 | |||
| Généraux de division | 1800 | |||
| Généraux de brigade, inspecteurs aux revues et commissaires ordonnateurs | 1200 | |||
| Adjudans commandans, colonels, et sous-inspecteurs aux revues | 750 | |||
| Officiers de santé principaux | 500 | |||
| Chefs de bataillons, d’escadrons, commissaires de guerre, et chefs d’administration des différens services | 400 | |||
| Commandans de place occupant dans l’armée un grade inférieur à ceux ci-dessus désignées, savoir | } | capitaines | 400 | |
| } | lieutenans et | } | ||
| } | sous-lieuts. | } | 300 | |
Au moyen de ces indemnités il ne sera rien alloué au-dessus des sommes fixées ni pour dépenses de bureaux ou de table, ni pour frais extraordinaires de quelque nature qu’ils soient et sous quelque prétexte que ce puisse être, et cette décision n’a aucun effet rétroactif. J’écris à MM. les maréchaux et généraux commandant en Espagne, pour leur faire connoître que, d’après les intentions de l’empereur, tout militaire Français qui à l’avenir aurait exigé ou reçu des traitemens extraordinaires plus forts que ceux fixés par la décision du 21 Janvier, et qui s’en serait fait payer sans une ordonnance régulière des intendans généraux ou commissaires ordonnateurs, sera suspendu de ses fonctions et qu’il en sera rendu compte dans les vingt-quatre heures pour prendre les ordres de l’empereur. Votre majesté jugera sans doute convenable de donner ses ordres au général Belliard pour que cette disposition soit suivie dans l’arrondissement de l’armée du centre. Je prie votre majesté d’agréer l’hommage de mon respect.
Paris, 14 Février, 1811.
Sire,—L’empereur ne m’a encore donné aucun ordre relatif à l’objet de la lettre apportée par votre aide-de-camp le colonel Clermont Tonnere. On pense que Valence ne se soumettra que par l’approche d’une armée, et après la prise de Tarragone le corps du général Suchet sera disponible.—Les affaires paroissent s’améliorer en Portugal, le duc d’Istrie va établir l’ordre dans le nord de l’Espagne. J’envoye mon aide-de-camp le colonel Le Jeune voir l’état des choses à Grénade, Malaga, Cadiz et Badajos. Je prie votre majesté d’avoir des bontés pour lui. L’empereur est en bonne santé, l’imperatrice est bientôt à terme, et nous esperons un roi des Romains. L’empereur affermit de plus en plus le grand empire. Votre majesté le seconde mais nous apprécions ses peines et ses privations. Une nouvelle armée de deux-cent-milles hommes se forme dans le nord de la France, et l’empereur est en position d’en imposer à qui tenteroit de contrarier ses grandes conceptions, tout est bien et va bien en France.
Paris, le 11 Avril, 1811.
Sire,—J’ai eu l’honneur de mander votre majesté, que l’empereur avoit donné des ordres pour qu’il lui fut envoyé chaque mois cent mille francs, et je lui ai fait connoître combien il étoit important que les troupes destinées pour l’Andalusie y arrivassent sans retard.
L’empereur pense qu’il seroit utile de chercher à tirer parti de bons Espagnole pour réunir de vrais cortez qui pourroient avoir de l’influence sur les esprits: l’intégrité de l’Espagne peut encore être maintenue si les cortez operoient une réaction dans l’opinion: le Perou et le Méxique se sont déjà déclarés independant, et toutes les autres colonies sont échapper à l’Espagne: les vrais Espagnols doivent savoir combien les Anglais les maltraitent. On voit par les gazettes Anglaises que les cortez rassemblés dans l’île de Leon ne furent qu’une miserable canaille et des gens obscures qui n’ont autre projet que d’aller végéter dans les tavernes de Londres il ne peut y avoir rien à faire avec de pareils hommes. Sa majesté trouve qu’il y auroit un grand avantage à former des cortez tirer de toutes les provinces de l’Espagne occupées par les armées françaises. Une discussion éclairée qui s’établiroit auroit beaucoup d’influence sur les esprits. L’empereur est oblige d’abandonner le projet qu’il avoit de s’entendre avec les cortez de l’île de Leon, puisque ce n’est qu’un composé de gens sans aveu: ce ne seroit donc qu’avec des cortez formé d’hommes tirés de toutes les parties de l’Espagne qu’on pourroit éclairer l’opinion des Espagnols qui aiment leur pays.
L’ambassadeur de l’empereur a transmis des plaintes sur votre major-général. Votre majesté commande l’armée du centre. Par conséquent la hiérarchie militaire ne peut pas permettre qu’il s’écarte de ses devoirs. Si je correspond souvent avec le général Belliard, c’est que votre majesté est un général roi, et que je dois lui éviter des détails qu’un major-général lui soumet.
Aucun village d’Espagne n’a été réuni à la France, et l’empereur tient à ce que votre majesté ait en Espagne toute la considération qui lui est due. Tout depend encore du parti qu’on peut tirer de la nation. Ce qu’il y a de certain, c’est que les Anglais n’ont qu’un but; celui de ruiner la péninsule, de la détruire, parcequ’ils sentent bien qu’elle doit finir par appartenir à la France ou à un prince de la maison de l’empereur, et qu’ils trouvent un grand avantage à diviser un pays qu’il savent ne pouvoir gardes.
Je présente à votre majesté l’hommage avec mon respect.