Prescrivez au général Clausel, qui commande l’armée, d’envoyer la situation avant et après la bataille. Demandez également aux chefs de corps des situations exactes. Finalement, vous ferez connoître au duc de Raguse en temps opportun combien je suis indigné de la conduite inexplicable qu’il a tenue, en n’attendant pas deux jours que les secours de l’armée du centre et de l’armée du nord le rejoignissent. J’attends avec impatience l’arrivée du général aide-de-camp du roi pour avoir des renseignemens précis. Ce qu’il a écrit no signifie pas grande chose.
(Signé) Napoleon.
No. VIII. A.
Extract from general Souham’s despatch to the minister of war, Briviesca, 2d October, 1812.
Par votre lettre du 6 Octobre vous m’annoncez que le duc de Dalmatie venait de réunir son armée à Grenade et à Jaen, et que le roi alloit se mettre incessamment en communication avec ce maréchal pour marcher de concert sur Madrid. En consequence de ces mouvemens je resolus de marcher à la rencontre de l’ennemi, et de le forcer à lever le siège de Burgos. Le 18 toute mon armée se mit en mouvement sur trois colonnes, et le 19 elle occupait les positions ainsi qu’il suit. La droite à Termino, le centre sur les hauteurs de Monasterio, et la gauche à Villa Escuso la Solano et Villa Escuso la Sombria. La journée du 20 devait être celle du combat, lorsque je reçus à l’instant, à deux heures du matin, par un aide-de-camp, une lettre de S. M. C. qui m’ordonne de ne point engager d’affaire générale, et d’attendre que par ses manœuvres lord Wellington soit forcé d’évacuer sa position de Burgos; ainsi il me faut renoncer à tous mes projets, et non sans un violent chagrin, car je puis assurer V. E. que mon armée était parfaitement disposée, et que j’aurais pu combattre l’ennemi avec avantage. Cependant l’armée n’a des vivres que pour quatre jours, et à cette epoque, si lord Wellington n’est point en retraite, je serai forcé de l’attaquer. J’entrevois moins de peril de marcher en avant que de rétrograder. Dans un instant où le moral du soldat commence à se raffermir tout mouvement en arrière produit le plus mauvais effet.
(Signé) Comte Souham.
No. VIII. B.
Extracts from two letters written by the duke of Feltre to King Joseph, dated Paris, 8th Oct. and 19th Nov., 1812.