Il s'y faisait annuellement un mouvement de 200,000 esclaves environ, ainsi répartis:
Par l'ouest 150,000
Par l'est 50,000
Par le nord 22,000
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Total 202,000
Ces deux derniers chiffres, que nous donnons d'après MM. Moreau de
Jonnès[49] et Fowel Buxton[50], ont été portés à 80,000 par la Revue
Africaine de décembre 1853[51], et réduits par M. le comte d'Escayrac
de Lauture à 10,000 seulement[52].
[Note 49: Recherches statistiques sur l'esclavage colonial.]
[Note 50: De la traite des esclaves en Afrique.]
[Note 51: De l'importance de l'occupation de Constantine, par de
Montvéran.]
[Note 52: Le Désert et le Soudan.]
Si pourtant le Maroc ne se recrutait annuellement que de 1,000 esclaves, comme l'avance M. d'Escayrac, il nous semble difficile que par cet apport insignifiant le nombre total de ceux qu'on y compte se soit élevé à 120,000 comme il est constaté[53].
[Note 53: Graberg de Hamzo (Specchio de l'Imperio di Maroco), et Antislavery Reporter (cité par M. d'Escayrac).]
Quoi qu'il en soit de ces erreurs de statistique, le problème à résoudre était celui-ci: fermer à la traite tous ses débouchés, sous peine, n'en laissât-on qu'un seul ouvert, de n'avoir attaqué l'esclavage ni dans sa cause ni dans ses effets.