[Note 27: ][ (retour) ] Város veut dire «ville». Ce cas ablatif «de la ville» pourra être rendu de différentes manières: a' városba, a' városban, a' varosból, a' várostól, a' városkoz, etc.
Les exemples de Gyarmathi sont suivis de quelques remarques fort insignifiantes et qui peuvent s'appliquer à toutes les langues. Ainsi il dit que les Lapons et les Hongrois se servent volontiers de répétitions.
Exemples:
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Lapon. pekkest pekkai japest japai |
Hongrois. diribrol darabra esztendöröl esztendöre | de frusto in frustum de anno in annum |
Mais comment l'auteur ne voit-il pas que cette observation n'a pas de sens, puisqu'il traduit ses exemples en latin au moyen de répétitions semblables?
Nous passons aux comparatifs. Quatre lignes de texte pour faire observer qu'ils se forment de même dans les deux langues, et une page d'exemples.
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Lapon. lickogas lickogasab lickuogasamus nioska nioskab nioskamus |
Hongrois. boldog boldogabb leg boldogabb nedves nedvesebb leg nedvesebb | felix felicior felicissimus humidus humidior humidissimus |
Voici une seconde similitude. Dans les deux langues les comparatifs prennent pour terminaison le b que nous avons déjà signalé à l'accusatif des mots lapons. Mais remarquez que le superlatif est tout différent, et que non seulement il est différent, mais qu'il prend en lapon une terminaison latine. Et cependant, encore une fois, personne ne fait dériver le latin du finnois, ou réciproquement.
On s'attend à une longue discussion grammaticale sur les adjectifs, qui sont très remarquables en hongrois. En effet, de tout accusatif d'un nom les Hongrois peuvent faire un adjectif en changeant le t en s. Ex.: ház, «maison», accusatif házat; adjectif házas, «qui a une maison». De cet adjectif ils peuvent faire un adverbe, házason, «en homme qui a une maison, en homme marié». De cet adverbe ils peuvent faire un verbe, házasodni, «se marier». Gyarmathi devrait remarquer ces particularités, qui font du hongrois une langue tout à fait originale, et les montrer dans la langue finnoise: c'est ainsi qu'il prouverait l'affinité; mais cela lui est impossible.
Sans dire un seul mot des adjectifs hongrois et finnois, qu'il eût dû de bonne foi examiner, il passe aux noms de nombre. Là encore quatre lignes de texte pour dire que ces noms se ressemblent, et deux pages d'exemples. Après les exemples de mots semblables qui ont été déjà transcrits, je ne me crois plus forcé d'en citer un seul. Il faut seulement avertir ceux qui consulteraient l'ouvrage de Gyarmathi qu'il a commis, là comme partout, ce que j'ai appelé innocemment des «erreurs volontaires». Pour avoir des ressemblances, il invente des noms de nombre qui n'existent pas en hongrois. Ainsi, au lieu de compter comme les hongrois: «vingt-deux, vingt-trois etc.», il fait dire: «deux dix un, deux dix deux, etc.». Cela peut être conforme aux règles finnoises, mais les Hongrois n'ont jamais compté de cette façon. Ces erreurs volontaires nuisent beaucoup à l'auteur, d'abord parce qu'il n'y aurait pas recours s'il plaidait une bonne cause, puis parce qu'on est autorisé à croire qu'il en commet également quand il cite les exemples finnois et lapons.