Quoique un peu désenflé, Papavoine, en proie à une sorte de fièvre provoquée par les cuisantes morsures des fourmis, trouve qu'il fait trop chaud dans l'intérieur de la pyramide et préfère aller prendre l'air.—M. Baboulifiche, ému de compassion, ne veut pas le laisser sortir seul et l'accompagne dehors; mais mal lui en prend, car Papavoine, de fort mauvaise humeur, l'accable des plus sanglants reproches, le rend responsable de toutes leurs mésaventures et l'accuse de manquer de parole, puisqu'il s'est engagé à le nourrir et qu'au lieu de cela, bien loin de lui fournir une nourriture raisonnable, il le mène au contraire dans un pays où il est à moitié dévoré par les fourmis.—M. Baboulifiche, impassible, laisse passer l'orage sans mot dire.
Voyant que son maître ne lui répond rien, Papavoine se laisse tomber au pied d'un monticule et se dispose à y rester jusqu'au lendemain, espérant que la fraîcheur de la nuit calmera un peu ses souffrances. M. Baboulifiche l'imite et tous deux s'endorment profondément, tandis qu'une multitude de gros lézards ailés se précipite sur eux pour les dévorer.
Déjà, il ne reste plus du malheureux Papavoine que la casquette, le bas du visage et une jambe que les lézards se disputent dans les airs.—M. Baboulifiche, lui-même, ne possède plus que la tête, un bras, la poitrine et le bout d'un pied, lorsque, croyant enfin éprouver dans son individu une sensation quelque peu désagréable, il se réveille en sursaut et jette un regard savant autour de lui.—Grâce à sa vive intelligence, il juge la situation en un clin d'œil, en saisit toute la gravité et, empoignant par la queue un de ses féroces assaillants, s'en sert comme d'une massue pour combattre les autres.