— Bien. Assieds-toi.

Chapovalenko remarquait depuis un certain temps un sourire ironique sur les lèvres du volontaire Fokine ; aussi lui crie-t-il avec une sévérité particulière :

— Volontaire ! qu’est-ce que c’est que cette façon de se lever ? Quand un chef vous interroge, on doit se lever vivement, comme mû par un ressort. Qu’est-ce que le drapeau ?

Le volontaire Fokine, qui porte sur la poitrine les insignes universitaires, se tient devant le sous-officier dans une attitude respectueuse. Mais ses yeux gris étincellent d’une gaieté sarcastique.

— Le drapeau est l’étendard sacré[28] sous lequel…

[28] Fokine, homme instruit, emploie le mot Khorougv, mais le sous-officier estropie ce vocable savant et le prononce : Kherougva, convaincu dans sa jactance de primaire demi-lettré, que c’est là la forme exacte. — H. M.

— C’est faux ! l’interrompit rageusement Chapovalenko en frappant son Memento de la paume de la main.

— Non, c’est exact, réplique Fokine obstinément, mais tranquillement.

— Quoi ? Quand le chef dit que c’est faux, c’est que c’est faux !

— Regardez vous-même dans le règlement.