[ [257] Joann., III, 16.

[ [258] Ibid., XX.

CHAPITRE XVIII.
Qu'il faut souffrir avec constance les misères de cette vie, à l'exemple de Jésus-Christ.

1. J.-C. Mon fils, je suis descendu du ciel pour votre salut; je me suis chargé de vos misères, afin de vous former, par mon exemple, à la patience, et de vous apprendre à supporter les maux de cette vie sans murmurer.

Car, depuis l'heure de ma naissance jusqu'à ma mort sur la croix, je n'ai jamais été sans douleur.

J'ai vécu dans une extrême indigence des choses de ce monde; j'ai entendu souvent bien des plaintes de moi; j'ai souffert avec douceur les affronts et les outrages: je n'ai recueilli sur la terre, pour mes bienfaits, que de l'ingratitude; pour mes miracles, que des blasphèmes; pour ma doctrine, que des censures.

2. Le F. Puisque vous avez montré, Seigneur, tant de patience durant votre vie, accomplissant par là, d'une manière parfaite, ce que votre Père demandait de vous, il est bien juste que moi, pauvre pécheur, je souffre patiemment ma misère pour votre volonté, et que je porte selon mon salut, aussi longtemps que vous le voudrez, le poids de cette vie corruptible.

Car, bien que la vie présente soit pleine de douleurs, elle devient cependant, par votre grâce, une source abondante de mérites, et votre exemple, suivi par vos Saints, la rend supportable et précieuse, même aux faibles.

Elle est aussi beaucoup plus remplie de consolation que dans l'ancienne loi, quand les portes du ciel étaient encore fermées, que la voie du ciel semblait plus obscure, et que si peu s'occupaient de chercher le royaume de Dieu.

Les justes même à qui le salut était réservé, ne pouvaient entrer dans le royaume céleste qu'après la consommation de vos souffrances et le tribut sacré de votre mort.