Et quand je ne sens rien en moi-même, et que je me crois un peu en sûreté, je me trouve quelquefois presque abattu par un léger souffle.
2. Voyez donc, Seigneur, mon impuissance et ma fragilité, que tout manifeste à vos yeux.
Ayez pitié de moi, et retirez-moi de la boue, de crainte que je n'y demeure à jamais enfoncé[274].
[ [274] Ps. LXVIII, 15.
Ce qui souvent fait ma peine et ma confusion devant vous, c'est de tomber si aisément, et d'être si faible contre mes passions.
Bien qu'elles ne parviennent pas à m'arracher un plein consentement, leurs sollicitations me fatiguent et me pèsent, et ce m'est un grand ennui de vivre ainsi toujours en guerre.
Je connais surtout en ceci mon infirmité, que les plus horribles imaginations s'emparent de mon esprit, bien plus facilement qu'elles n'en sortent.
3. Puissant Dieu d'Israël, défenseur des âmes fidèles, daignez jeter un regard sur votre serviteur affligé et dans le travail, et soyez près de lui pour l'aider en tout ce qu'il entreprendra.
Remplissez-moi d'une force toute céleste, de peur que le vieil homme, et cette chair de péché qui n'est pas encore entièrement soumise à l'esprit, ne prévale et ne domine; elle, contre qui nous devons combattre jusqu'au dernier soupir, dans cette vie chargée de tant de misères.
Hélas! qu'est-ce que cette vie, assiégée de toutes parts de tribulations et de peines, environnée de piéges et d'ennemis?