Ceux-là savent goûter Dieu; et tout ce qu'ils trouvent de bon dans les créatures, ils le rapportent à la louange du Créateur.

Rien pourtant ne se ressemble moins que le goût du Créateur et celui de la créature, du temps et de l'éternité, de la lumière incréée et de celle qui n'en est qu'un faible reflet.

3. Ô lumière éternelle, infiniment élevée au-dessus de toute lumière créée, qu'un de vos rayons, tel que la foudre, parte d'en haut et pénètre jusqu'au fond le plus intime de mon cœur!

Purifiez, dilatez, éclairez, vivifiez mon âme et toutes ses puissances, pour qu'elle s'unisse à vous dans des transports de joie.

Oh! quand viendra cette heure heureuse, cette heure désirable où vous me rassasierez de votre présence, où vous me serez tout en toutes choses!

Jusque là je n'aurai point de joie parfaite.

Hélas! le vieil homme vit encore en moi; il n'est pas tout crucifié, il n'est pas mort entièrement.

Ses convoitises combattent encore fortement contre l'esprit; il excite en moi des guerres intestines, et ne souffre point que l'âme règne en paix.

Mais vous qui commandez à la mer et qui calmez le mouvement des flots, levez-vous, secourez-moi[361].

[ [361] Ps. LXXXVIII, 10; XLIII, 26.