6. Quelle distance infinie d'ailleurs entre l'arche d'alliance avec ce qu'elle renfermait, et votre corps très-pur avec ses ineffables vertus; entre les sacrifices de la loi, figure du sacrifice à venir, et la véritable hostie de votre corps, accomplissement de tous les anciens sacrifices!
7. Pourquoi donc ne suis-je pas plus enflammé en votre adorable présence?
Pourquoi n'ai-je pas soin de me mieux préparer à la participation de vos saints mystères; lorsque ces antiques patriarches, ces saints prophètes, et ces rois, et ces princes avec tout leur peuple, ont montré tant de zèle pour le culte divin?
8. David, ce roi si pieux, fit éclater ses transports par des danses religieuses devant l'arche, se souvenant des bienfaits que Dieu avait répandus sur ses pères; il fit faire divers instruments de musique, il composa des psaumes que le peuple chantait avec allégresse, selon ce qu'il avait ordonné, et, animé de l'Esprit saint, souvent il les chanta lui-même sur sa harpe; il apprit aux enfants d'Israël à louer Dieu de tout leur cœur, et à unir chaque jour leurs voix pour le célébrer et le bénir.
Si la vue de l'arche d'alliance inspirait tant de ferveur, tant de zèle pour les louanges de Dieu, quel respect, quel amour ne doit pas m'inspirer, et à tout le peuple chrétien, la présence de votre sacrement, ô Jésus, et la réception de votre corps adorable?
9. Plusieurs courent en divers lieux pour visiter les reliques des Saints; ils écoutent avidement le récit de leurs actions; ils admirent les vastes temples bâtis en leur honneur, et baisent leurs os sacrés, enveloppés dans l'or et la soie.
Et voilà que vous-même, ô mon Dieu, vous êtes ici présent devant moi sur l'autel, vous, le Saint des saints, le Créateur des hommes, le Roi des anges!
Souvent c'est la curiosité, le désir de voir des choses nouvelles, qui fait entreprendre ces pèlerinages; et de là vient que, guidé par ce motif frivole, sans véritable contrition, on en tire peu de fruit pour la réforme des mœurs.
Mais ici, dans le sacrement de l'autel, vous êtes présent tout entier, ô Christ Jésus, vrai Dieu et vrai homme; et toutes les fois qu'on vous reçoit dignement et avec ferveur, on recueille en abondance les fruits du salut éternel.
Ce n'est pas la légèreté, ni la curiosité, ni l'attrait des sens, qui conduit à ce banquet sacré; mais une foi ferme, une vive espérance, une charité sincère.