10. Ô Dieu créateur invisible du monde, que vous êtes admirable dans ce que vous faites pour nous! avec quelle bonté, quelle tendresse vous veillez sur vos élus, vous donnant vous-même à eux pour nourriture dans votre Sacrement!

C'est là ce qui surpasse toute intelligence; ce qui, plus qu'aucune autre chose, attire à vous les cœurs pieux et enflamme leur amour.

Car vos vrais fidèles, occupés toute leur vie de se corriger, puisent dans la fréquente réception de cet auguste Sacrement une merveilleuse ferveur et un zèle ardent pour la vertu.

11. Ô grâce admirable et cachée du Sacrement, connue des seuls fidèles serviteurs de Jésus-Christ! car les serviteurs infidèles, asservis au péché, ne peuvent en ressentir l'influence.

La grâce de l'Esprit saint est donnée dans ce Sacrement; il répare les forces de l'âme, et lui rend sa beauté première, que le péché avait effacée.

Telle est quelquefois la puissance de cette grâce et la ferveur qu'elle inspire, que non-seulement l'esprit, mais le corps languissant, en reçoit une vigueur nouvelle.

12. Et c'est pourquoi nous devons déplorer avec amertume la tiédeur et la négligence qui affaiblissent en nous le désir de recevoir Jésus-Christ, unique espérance des élus et leur seul mérite.

Car c'est lui qui nous sanctifie et qui nous a rachetés; il est la consolation de ceux qui voyagent sur la terre, et l'éternelle félicité des Saints.

Combien donc ne doit-on pas gémir de ce que plusieurs montrent tant d'indifférence pour ce sacré mystère, qui est la joie du ciel et le salut du monde!

Ô aveuglement! ô dureté du cœur humain, d'être si peu touché de ce don ineffable, qui semble perdre de son prix à mesure qu'on en use davantage!