La Société des sciences historiques et naturelles de la Corse qui, sous l'intelligente direction de M. l'abbé Letteron, a réuni tant de documents intéressants pour l'histoire de l'île, n'a pas, malheureusement, publié ce document si important. Je suis donc contraint d'emprunter à la version de M. Théodore J. Bent les citations que je fais de ce récit, dont l'authenticité et la véracité n'ont jamais été mises en doute, que je sache.

Les Mémoires de Rostini, traduits et publiés par M. l'abbé Letteron (Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse), confirment bien des faits contenus dans les extraits du journal de Costa donnés par l'historien anglais. J'y ai puisé en outre des renseignements utiles et quelques détails curieux.

M. l'abbé Letteron a publié, également dans le même Bulletin, deux recueils qui m'ont grandement servi. Le premier: Correspondance des agents de France à Gênes avec le ministère depuis le commencement de l'année 1730 jusqu'à la fin de 1741. Le second: Pièces et documents divers pour servir à l'histoire de la Corse pendant les années 1737-1739, est tiré de la Correspondance de Corse aux archives du Ministère des affaires étrangères et des archives du ministère de la guerre.

Je citerai encore parmi les publications de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse que j'ai consultées: les Mémoires du Père Bonfiglio Guelfucci, dont le texte a été revu par MM. P.-L. Lucciana, et Théodore Ier, roi de Corse, de Varnhagen, traduit de l'allemand par M. Pierre Farinole. Ce dernier ouvrage, un peu trop partial, contient des faits qu'il ne faut accepter qu'avec réserve.

J'ai complètement laissé de côté les Mémoires pour servir à l'histoire de Corse, publiés à Londres en 1768 par le colonel Frédéric, qui disait être le fils de Théodore de Neuhoff. Les historiens qui, de nos jours, se sont occupés de l'aventurier ont trop facilement accepté les dires de cet individu; Frédéric ne fut sans doute jamais colonel, mais ce qu'il y a de bien certain c'est qu'il n'était pas le fils du roi de Corse. Je donne dans l'appendice une note sur ce personnage, en révélant sa véritable identité, d'après des documents tirés des archives d'État de Gênes.

Un livre publié à La Haye en 1738, c'est-à-dire deux ans après le débarquement du baron de Neuhoff en Corse, sous le titre: Histoire des révolutions de l'île de Corse et de l'élévation de Théodore Ier sur le trône de cet État, tirée des mémoires tant secrets que publics, contient des détails dont j'ai pu contrôler la véracité au moyen des rapports français et génois. L'ouvrage de Jaussin, apothicaire de l'armée française d'expédition, intitulé: Mémoires historiques militaires et politiques sur les principaux événements arrivés dans l'île et royaume de Corse depuis le commencement de l'année 1738 jusques à la fin de l'année 1741 (Lausanne, 1758), peut être consulté avec fruit, non seulement en ce qui concerne l'expédition française en 1738, mais aussi sur quelques-unes des intrigues de Théodore.

Je citerai encore parmi les ouvrages du XVIIIe siècle qui traitent de l'histoire de la Corse: un livre publié à Londres en 1743 intitulé: The history of Theodore I, king of Corsica.... et qui contient des particularités intéressantes et très vraisemblables sur les antécédents de Théodore de Neuhoff; l'Histoire des révolutions de Corse, par l'abbé de Germanes (Paris, 1776); l'Histoire de l'isle de Corse, par Pommereul (Berne, 1779); Istoria del regno di Corsica, par Cambiagi (1771); l'Histoire de l'île de Corse, éditée à Nancy en 1749 et attribuée à François-Antoine Chevrier. Le livre de Bosswel, An account of Corsica, paru à Londres en 1768 et traduit en italien sous le titre Relazione della Corsica, renferme peu de détails sur l'aventurier.

D'autres ouvrages de la même époque, sur la Corse, rapportent des faits identiques, mais qui demandent à être sérieusement contrôlés. Le nombre de ces livres, dont quelques-uns sont rédigés en forme de pamphlet, permet d'affirmer que l'aventure du baron de Neuhoff intéressa ou amusa ses contemporains. Tout en ne négligeant pas les manifestations de l'opinion publique sous leurs diverses formes, je me suis principalement attaché à rechercher la vérité parfois un peu embrouillée, en m'appuyant sur les documents d'archives. Il y a, en effet, à côté des intrigues du personnage, divers épisodes d'histoire diplomatique qu'il était intéressant de mettre au jour.

M. Antonio Battistella, dans son livre Ritagli e scampoli (Voghera, 1890), a consacré une étude bien documentée sur Théodore de Neuhoff: Re Teodoro di Corsica. Ce travail, un peu restreint, a été fait principalement d'après des papiers des archives de Gênes. Mais cet historien n'a pas consulté tous les dossiers, d'ailleurs très nombreux, qui se trouvent à Gênes.

L'ouvrage de M. Percy Fitzgerald: Theodore of Corsica, m'a fourni des renseignements précieux sur les dernières années du baron de Neuhoff à Londres.